CHAPITRE XLI
comme il a déjà été observé, ne présente qu'un petit développement latéral et peu de feuillets chez un grand nombre de vivipares, et ne paraît que comme un ver à anneaux chez les ovipares dont les serpents eux-mêmes font partie, quoique, par erreur, on les range quelquefois au nombre des vivipares. De chaque côté des éminences pyramidales, en dehors, se trouvent deux autres éminences appelées olivâtres. Ces dernières ne sont point blanches ou nerveuses, comme les premières; elles présentent dans leur coupure un amas de substance grise rougeâtre qui paraît être un ganglion où la troisième paire de nerfs, appelés moteurs communs ou oculomusculaires communs , prend son origine. C'est là qu'elle se détache des huit faisceaux dont se compose la moelle allongée. Gall pense que ces huit faisceaux, recouverts en partie par les éminences pyramidales dans l'homme, où ils sont d'ailleurs plus petits que dans les grands quadrupèdes, peuvent bien venir de la moelle épinière ou au moins en recevoir des filets prolongés. Outre les éminences pyramidales, olivaires et r esti formes , il y a encore à la partie postérieure de la moelle allongée quelques autres faisceaux jusqu'ici trop négligés.
On voit ensuite chacune des autres paires de nerfs cérébraux se détacher sucessivement de la moelle allongée, mais beaucoup plus clairement dans le bœuf que dans l'homme; dans ce dernier elles se trouvent souvent recouvertes par des parties qui dérobent à la vue leur point de départ-
La sixième paire (celle des nerfs oculo-musculaires externes ou moteurs externes) se détache aussi de la moelle allongée au-dessous du cervelet, de chaque côté des éminences pyramidales. Les nerfs trijumeaux , qui sont la cinquième paire, se détachent latéralement de la moelle allongée, dans le veau , aussi avant d'arriver au pont de Varole; mais dans l'homme il faut les débarrasser, comme le fait trèshabilement le docteur Spurzheim, des parties de ce pont qui masquent leur point de départ. Tous ces nerfs ont aussi des ganglions connus desanatomistes.
Les faisceaux de nerfs de la première et de la seconde paire (les nerfs olfactifs et optiques) paraissent s'enfoncer dans les tubercules quadrijumeaux , leurs premiers ganglions, pour se diriger vers leurs appareils respectifs en traversant encore d'autres ganglions qui leur sont propres. Par exemple, la paire des nerfs olfactifs paraît, après s'être détachée des autres faisceaux de la moelle allongée, se porter dans les tubercules quadrijumeaux postérieurs (testes) qui lui servent de ganglions ; puis élargie en forme de bandelette elle se dirige extérieurement sur les bras ou pédoncules du cerveau, embrasse la partie inférieure et extérieure des corps striés où se trouvent deux autres ganglions, pénètre de là dans les bulbes olfactifs qui sont une autre paire de ganglions, et traverse enfin l'os criblé pour s'épanouir sur la membrane pituitaire, qui lui sert de dernier ganglion ou de matrice (1). Ainsi les deux tubercules quadri-
(1) Le docteur Bischoff donne dans son ouvrage (p. 21) commu-