CHAPITRE XLÎ
applaudies à la Société de Médecine de Paris , à la Société médicale d'Émulation et ailleurs. Les docteurs Tartra, Demours, Nacar, et autres, en ont même rédigé des exposés détaillés ; mais il n'y a encore que le premier qui ait publié le sien dans le . Bulletin des Sciences médicales de décembre, janvier et février derniers. Les témoignages que nos véritables savants aiment à rendre à la vérité et au mérite, pour être contradictoires aux fatras de quelques gazettes, n'ont rien de surprenant, puisqu'ils ont été précédés du suffrage des savants les plus estimés de l'Allemagne. Je citerai seulement ce que le professeur Bischoff nous a fait connaître dans son Exposition de la doctrine âe Gall , publiée en 1805 , sur le sentiment des professeurs Reil, Loder et Hufeland, dont il partage lui-même l'opinion.
« Le digne Reil, dit M. Bischoff, qui, comme anatomiste profond et physiologiste judicieux, n'a pas besoin de mes éloges, a déclaré en s'élevant au-dessus de toutes les petitesses de l'égoïsme, « qu'il avait » plus trouvé dans les dissections du cerveau faites » par Gall, qu'il n'aurait cru qu'un homme pût ja- » mais y découvrir de toute sa vie. » Loder, continue M. Bischoff, qui ne le cède sans contredit à aucun des anatomistes vivants, a jugé les découvertes de Gall de la manière suivante, dans une lettre amicale écrite à mon respectable ami et professeur Hufeland : « Maintenant que Gall a été à Halle, et que j'ai » eu occasion, non-seulement d'assister à ses cours, » mais encore de disséquer avec lui , tantôt seul ,
» tantôt en présence de Reil et de plusieurs autres » de mes connaissances, neuf cerveaux humains et » quatorze cerveaux d'animaux, je crois être en état » et en droit de prononcer sur sa doctrine.
» Je vous dirai, puisqu'il s'agit de m' expliquer, » que je suis en très-grande partie d'accord avec » vous pour ce qui concerne l'organologie, sans ce- » pendant croire qu'elle ait rien de contradictoire » avec l'anatomie, étant au contraire persuadé qu'elle » est vraie quant au fond et au principal. Il y a en- » core des détails à rectifier 5 et l'ensemble de sa doc- » trine est encore trop dans l'enfance pour qu'on » puisse l'expliquer, comme le font plusieurs per- » sonnes par abus. 11 est évident néanmoins que les » facultés de l'âme et de l'esprit, qui sont très-pro- » noncées, peuvent se découvrir par des indices sur » le crâne. Ackermann, de Heidelberg , m'a prêté les j> crânes de Schinderhannes et de six de ses com- » plices, ils offrent une harmonie frappante avec les » indications crâniologiques de GalL Ce dernier fit » en présence de S., chez lequel demeurait la petite » H.... d'Iéna, laquelle se noya dans la Saale après » avoir volé plusieurs fois, une description si exacte » du caractère de cette fille , en voyant son crâne » (que je m'étais secrètement procuré, et que per- » sonne ne présumait chez moi), que S. en fut » réellement interdit, lorsque j'eus dévoilé le secret. » Ce ne sont point ici et dans plusieurs autres cas » des effets du hasard.
>i Les découvertes que Gall a faites sur le cerveau,