CHAPITRE Xtt
parmi les progrès les plus importants et les plus hardis que pussent faire nos connaissances dans l'étude du règne de la nature. »
» Il faut le voir et l'entendre pour apprendre, à connaître l'homme tout à fait exempt de préjugés, de charlatanisme, de fausseté et de rêverie métaphysique. Doué d'un esprit d'observation rare, de beaucoup de pénétration et d'un raisonnement juste, identifié pour ainsi dire avec la nature, devenu son confident par un commerce constant avec elle, il a rassemblé, dans le règne des êtres organisés, une multitude d'indices, de phénomènes qu'on n'avait point remarqués jusqu'à présent, ou que l'on n'avait observés que superficiellement. 11 les a rapprochés d'une manière ingénieuse, a trouvé les rapports qui établissaient entre eux de l'analogie, a appris ce qu'ils signifiaient, a tiré des conséquences et a établi des vérités d'autant plus précieuses qu'étant uniquement basées sur l'expérience, elles émanent de la nature elle-même. C'est à ce travail qu'est due sa manière d'envisager la nature, les rapports et les fonctions du système nerveux. Lui-même n'attribue ses découvertes qu'à ce qu'il s'est abandonné ingénument et sans réserve à la nature, la suivant toujours dans toutes ses gradations, depuis les résultats les plus simples de sa vertu formatrice jusqu'aux plus parfaits. C'est donc à tort qu'on donne à cette doctrine le nom de système, et qu'on la juge comme tel. Les vrais naturalistes ne sont guère propres à former des systèmes. Leur coup d'œil ne
serait pas aussi juste, s'ils partaient d'une théorie systématique, et la réalité ne cadrerait pas toujours dans un cercle aussi étroit. De là vient que la doctrine de Gall n'est et ne peut être, d'après l'opinion qu'il en a émise lui-môme, autre chose qu'un rapprochement de phénomènes naturels, instructifs, dont une partie ne consiste encore qu'en fragments, et dont il fait connaître les conséquences immédiates.
» Ce serait trop se hâter que de donner à présent une critique complète de cette doctrine. Elle ne peut avoir lieu qu'après un examen long et aussi empirique que le sien.
» Je n'ai d'autre intention que de faire quelques observations, et de proposer quelques doutes. Un esprit de doute et d'incrédulité doit être apporté au commencement de tout examen. C'est cet esprit qui m'a animé en commençant celui-ci. Personne ne fut autant que moi antagoniste de la doctrine de Gall. Ce n'est qu'après m' être convaincu par moimême de la solidité des procédés de l'auteur et de son amour pour la vérité, que j'ai commencé à devenir son partisan. Je me suis rendu à des vérités frappantes, mais il s'en faut beaucoup que je sois entièrement satisfait. »
Ayant répondu, dans l'occasion, aux principales objections de M. Hufeland, il devient superflu pour le lecteur d'y revenir. Aux témoignages honorables que je viens de rapporter en faveur d'une doctrine jugée d'abord trop légèrement, je pourrais ajouter,