‹ Physiologie intellectuelleChapitre 277 sur 298 · CHAPITRE XLI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLI

si ce que j'ai dit ne suffisait pas encore pour vaincre entièrement la prévention, que, dès Tannée 1806, une réunion de ce que la France possède de médecins les plus instruits et les plus distingués, la Société de l'école de médecine de Paris, avait favorablement accueilli et entendu avec la plus grande attention la lecture d'une analyse que je lui soumis des bases fondamentales du système de Gall; et ce qui prouve combien les savants qui composent cette illustre société sont éloignés de porter un jugement défavorable sur des découvertes que beaucoup d'entre eux pourraient revendiquer en partie, comme une propriété qui leur est commune avec celui qui en fait la base d'une science pour ainsi dire nouvelle, en y en ajoutant d'autres, ce sont les remercîments que j'en ai reçus, et l'insertion d'un extrait de mon analyse dans son Bulletin d'avril et des mois suivants de cette même année 4806.

L'on ne peut douter que la doctrine de Gall n'eût été bien accueillie de tous les vrais savants de l'Europe, si ce physiologiste avait pris lui-même la peine d'en rédiger le système; et il a prouvé dans un ouvrage intitulé -.Recherches sur la nature et sur l'art (Untersuchung ùber natur und kunst), qu'il ne manque pas du talent nécessaire pour bien s'en acquitter. Il est probable que c'est pour donner plus de maturilé aux fruits de ses recherches, qu'il tarde de satisfaire aux désirs des savants et à l'impatience du public : peut-être même n'est-il pas fâché d'être quelque temps spectateur paisible des débats qui sélèvent

entre ses partisans et ses antagonistes; car, loin de voir ces derniers d'un mauvais œil, il s'en félicite, en ce qu'ils montrent beaucoup mieux le point d'où il est parti que ne le feraient les premiers. C'est l'intérêt de la science , son zèle pour ses progrès ultérieurs et la conviction de son utilité réelle qui paraissent l'avoir toujours guidé et le guider encore aujourd'hui. Le gouvernement autrichien , trompé par les suggestions de l'ignorance ou de la mauvaise foi, interdit ce professeur dès l'an 1792, sous prétexte que sa doctrine de la tête n'était bonne qu'à tourner les têtes, et à propager le matérialisme. Le docteur Gall obéit à l'autorité et s'expliqua cependant sur les imputations gratuites faites à sa doctrine, sur laquelle il put ensuite rouvrir ses cours. La superstition réveilla de nouveau les alarmes d'un gouvernement trop facile à tromper, et il ne fut plus permis à Gall de tenir ses leçons que pour la légation française; peut être parce qu'il est moins facile de tourner la tête aux Français, ou que l'on n'est pas aussi intéressé à craindre que cela n'arrive. Quoi qu'il en soit, le professeur répondit, en obéissante l'interdiction, que sa doctrine était bonne ou mauvaise pour tout le monde, et qu'en conséquence il tiendrait des cours pour tous ceux qui voudraient en profiter, ou qu'il n'en tiendrait pour personne; et il tint parole, jusqu'à ce que l'impatience de son génie comprime l'eût arraché à ses plus douces habitudes. Gall dirigea d'abord ses pas vers la Prusse, où il fut favorablement accuelli et où le roi, la reine, leur médecin, M. Hufe-

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