‹ Physiologie intellectuelleChapitre 291 sur 298 · CHAPITRE XLTÎ · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLTÎ

Cependant il annonça qu'il voulait y retourner plusieurs Ibis, pour examiner le tout plus en détail. On y ouvrit deux têtes de femmes mortes la veille, qui n'offrirent rien de particulier si ce n'est que le crâne de l'une se trouva moins épais que Gall ne l'avait présumé d'après l'âge du sujet. Il enseigne dans ses leçons que la boite osseuse des vieillards est ordinairement plus épaisse et moins compacte que celle des jeunes sujets. 11 serait d'ailleurs possible que le docteur Gall fit plus difficilement ses inductions physiologiques sur les femmes que sur les hommes, et la cause en est facile à deviner. Les premières mènent, dans toules les classes de la société, un genre de vie plus uniforme que les derniers; et dès leur enfance nos mœurs les assujettissent à une contrainte et à une réserve telle, qu'elles ne peuvent, sans perdre leur existence morale et compromettre leur existence physique, s'en affranchir pour se livrera leurs penchants dominants : les hommes au contraire, plus indépendants au physique et au moral, trouvent beaucoup de moyens de se soustraire à la contrainte pour se livrer à leurs penchants naturels, qui d'ailleurs ne sont que trop souvent favorisés par les circonstances d'un genre de vie plus varié et d'une moralité moins sévère.

A la visite des prisons de Berne, le docteur Gall eut aussi l'occasion de confirmer l'organologie d'une manière très-frappante; particulièrement sur les individus d'une famille superstitieuse dont le chef, vieillard respectable, avait péri par les mains de sa

propre fille, parce qu'il n'avait pas voulu prendre part aux extravagances d'une nouvelle doctrine religieuse : les sectaires de cette doctrine l'avaient emmené hors de sa maison durant la nuit , afin de le forcer à adopter leur croyance; et quoiqu'ils n'eussent pas l'intention directe de le faire périr , ils le renversèrent par terre et le serrèrent de si près en se précipitant tous sur lui qu'ils l' étouffèrent. La première personne que l'on présenta au docteur Gall à son entrée dans la prison, était précisément le fondateur de cette nouvelle secte. Sans le connaître en aucune manière, Gall dit en le voyant : « Celui-ci a l'organisation d'un visionnaire. » On demanda au détenu s'il avait eu des visions , s'il ne croyait pas voir quelquefois des revenants , des esprits , etc. Il répondit que non. Mais lorsqu'on l'eut prié de raconter l'histoire de sa vie , il dit que dès son enfance il avait eu des doutes sur l'authenticité des diverses religions, et qu'après les avoir toutes bien examinées avec le temps il avait fini par être convaincu de leur fausseté, et par les rejeter toutes sans plus croire à aucune; que ces idées le tourmentaient depuis longtemps, lorsqu'une nuit, sa chambre se trouvant tout illuminée , Dieu s'était enfin montré à ses yeux , et lui avait révélé la véritable religion qu'il cherchait à propager.

M. Gall voyant l'organe de la docilité très-prononcé dans le second détenu qu'on lui présenta, dit qu'il était disposé par son organisation à devenir instituteur ou maître d'école : on apprit que c'était

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