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CHAPITRE XLIII

Est-ce par des actions et des caractères factices, fugitifs, supposés ou imaginaires? En ferez-vous des êtres de raison que vous mettrez à la discrétion de l'âme ou du hasard, pour leur donner une existence fantastique par une combinaison qui annule la pluralité des organes et leur spécialité, laquelle ne peut s'établir que sur les actions positives , bonnes ou mauvaises qu'ils produisent? Voilà un problème dont j'attendrai la solution de M. Foissac pour résoudre moi-même celui de savoir s'il a mieux compris Spurzheim que celui-ci ne s'est compris lui-même, et pour juger s'il faut assimiler l'admiration de quelques adeptes à celle dont parle Boileau quelque part dans son Art poétique; car il y a des gens qui admirent ce qu'ils ne comprennent pas.

Quant à la nomenclature de Spurzheim, je ne vois pas trop par quel côté on peut l'admirer, à commencer par le terme baroque à'amativité, proposé pour désigner l'énergie générative ou l'instinct "de la copulation des animaux en général, chez qui l'existence de l'amour n'est pas plus démontrée que chez les idiots. Je ne sais si ce qui rend admirable ce premier terme de la nomenclature phrénologique, c'est parce qu'il distrait tellement l'action positive et les caractères déterminés de l'organe qu'il s'agit de faire connaître, qu'avant l'explication personne ne pourra en deviner le sens et qu'il n'indique aucune action primitive ni même consécutive. C'est un produit de la ruse de Spurzheim, car la signification qu'il lui prête est un véritable secret. Quoiqueie reste de la

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nouvelle nomenclature soil de la même élégance, de la môme clarté et de la même convenance , je n'en relèverai pas le mérite, laissant cette besogne à ses admirateurs. Je me bornerai seulement à noter les très et peut être trop nombreux organes admis par les phrénologistes avec ceux de Gall pour la satisfaction des curieux.

L'on ne devait guère s'attendre à la division des facultés en penchants, sentiments et en facultés affectives, réflectives et intellectuelles de la part de Spurzheim, d'après le passage suivant de la page 74 et 75 de sa Phrénologie où il s'explique ainsi : « L'esprit humain a une grande tendance à considérer dans les objets et dans les phénomènes ce qui leur est commun, et il les désigne par une seule et même expression; mais cette connaissance ne suffît pas à celui qui étudie la nature : celui-ci s'aperçoit que plus une action est générale, moins elle est satisfaisante. La connaissance des qualités communes aux êtres vivants ne donne pas l'idée d'un chien ni d'un chat. Les expressions communes de sensation et de * pensée peuvent contenter un philosophe spéculatif qui ne soi*ge pas à appliquer ses conceptions au monde réel; mais le naturaliste, le physiologiste et tous ceux qui cherchent les connaissances positives savent qu'on peut sentir la lumière , des odeurs , des saveurs et des sons , et que ces sensations particulières s'opèrent à l'aide d'appareils différents. Or nous soutenons qu'il y a un organe particulier pour chaque espèce de sentiments et de

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