CHAPITRE IV
lance avec les ans, ce qui esl prouvé, en partie, par l'augmentation successive de la tête qui, quoique déjà très-développée dans l'enfance relativement au reste du corps, se trouve cependant beaucoup moins volumineuse que dans l'âge adulte. Le cerveau, dans l'enfance, est beaucoup plus mou, plus rempli d'humeurs, pins saillant antérieurement et plus gros non-seulement par rapport au reste du corps, mais aussi relativement au cervelet, que dans l'âge adulte et que dans la vieillesse, comme le remarque aussi Sœmmerring, qui dit que le cerveau relativement au cervelet est chez les enfants comme 7 est à 1, et chez les adultes comme 5 est à 1. Aussi l'os frontal n'est-il jamais plus saillant que dans l'enfance et moins saillant que dans la vieillesse, où il fuit en arrière en forme de toit. Les bosses pariétales sont aussi plus prononcées dans les enfants que dans les adultes et les vieillards. L'occiput et la nuque des enfants sont, proportionnellement à l'âge viril, très-petits, et augmentent sensiblement vers l'âge de puberté. L'extrémité postérieure des deux hémisphères du cerveau est proportionnellement plus développée chez la femme et chez l'enfant que chez l'homme: elle est aussi plus prononcée chez les nègres que chez les Européens : voilà pourquoi l'on trouve à la partie supérieure et moyenne de leur Occiput, une protubérance en dehors presque semblable à celle qui caractérise la tête des singes. Cette saillie postérieure ne vient point d'avoir porté des charges sur la tète, comme M. Hufeland pré-
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tend qu'elle pourrait venir, car elle s'observe aussi distinctement chez les femmes les plus délicatement élevées que chez les autres; elle n'est point due non plus à l'action des muscles, puisqu'elle manque ordinairement, ou qu'elle est moins prononcée chez les hommes où se trouvent les mêmes muscles. L'os frontal est au contraire ordinairement moins élevé et moins saillant chez la femme que chez l'homme,. et présente aussi moins de capacité pour le cerveau. Dans l'âge adulte, la substance cérébrale présente une consistance moyenne et en quelque façon élastique, qui met les fibres dans un rapport plus immédiat entre elles sans en gêner ni ralentir le jeu, comme dans la vieillesse et à la suite des maladies, où plus rigides et moins tendues, à cause de la lenteur de la circulation et de la déperdition progressive, elles se prêtent plus difficilement aux oscillations et au jeu de leurs fonctions. Cette variété de consistance et d'état dans la substance cérébrale se trouve assez analogue à celle des dispositions intellectuelles des divers âges. Gall a fait jeûner des lapins, et il a trouvé, après les avoir tués , que leur cerveau était beaucoup plus léger que celui d'autres lapins de la même grosseur qui avaient continué à être bien nourris. Il a remarqué que le cerveau des vieillards était plus léger et plus petit à proportion que celui des adultes. Leur crâne gagne ordinairement en pesanteur et en épaisseur à raison de la diminution et de l'affaissement que le cerveau éprouve; cependant il donne aussi un exemple frappant du con-