‹ Physiologie intellectuelleChapitre 74 sur 298 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

son étonnement de le trouver encore en vie après l'heure de sa mort. Cette innocente supercherie, jointe aux plaisanteries des assistants, produisit une impression qui, par la diversion que l'amour-propre blessé fit aux idées dominantes, amena bientôt une guérison radicale. C'est de la même manière que le médecin habile change le mode d'action vicieuse des organes digestifs, et rétablit la régularité de leurs fonctions, en produisant, par des médicaments judicieusement choisis, des impressions qui ramènent le ton de ces organes au rhythme de la santé, soit qu'il attaque directement le vice à corriger ou qu'il en neutralise sympathiquement les effets par des moyens révulsifs.

En résumé, nous menons de voir, 1° que les facultés primitives de l'entendement tiennent à divers organes; 2° que leur régularité tient à un équilibre d'influence réciproque et naturelle , qu'une maladie, une exaltation particulière ou des impressions insolites, peuvent troubler et ramener, en mesurant le mouvement imprimé sur la résistance de l'obstacle à vaincre ; 3° que dans les maladies , les facultés s'évanouissent en détail l'une après l'autre et non simultanément ni au même degré.

Il est, je crois, très-utile de connaître les faits et les observations consignés dans ce chapitre, pour pouvoir traiter convenablement les maladies nerveuses et cérébrales que le régime affaiblissant, les saignées si exclusivement prodiguées autrefois, sans égard pour la cause du mal et pour les dispositions

actuelles du malade, pouvaient peut-être quelquefois pallier, mais que le temps seul ou le hasard guérissaient, si guérison s'ensuivait. Quelques cures, dues à des impressions fortuites et inattendues, avaient surtout donné l'idée indigeste des bains de surprise dont la médecine routinière faisait une selle à tous chevaux, les employant à tort et à travers jusqu'à la mort ou la guérison, sans remonter aux causes ni aux circonstances actuelles, qui doivent toujours diriger et faire varier le traitement. Il n'est point de mon objet de parler ici de thérapeutique; cependant, comme le plus grand reproche à faire à une découverte serait celui de stérilité pour la pratique, j'ai cru devoir jeter dans l'occasion quelques indications curatives en avant, tant pour répandre un plus grand jour sur les explications données que pour répondre au cui bono des personnes prévenues, qui ont pour principe de juger avant de connaître.

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