‹ Physiologie intellectuelleChapitre 78 sur 298 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

l'avantage qui peut résulter du volume des organes, lequel il paraît considérer ici dans le globe de l'œil, qui n'est qu'un intermédiaire propre à rassembler les rayons lumineux pour les transmettre jusqu'à la rétine où commence plus spécialement l'organe. En jugeant de la sorte, l'on prendrait aussi l'oreille externe pour l'organe de l'ouïe, tandis qu'elle n'est guère que l'intermédiaire propre à recueillir les vibrations sonores pour les transmettre au foyer organique. Si parce que l'on entend moins bien, lorsque l'oreille extérieure est petite ou aplatie contre la tête, et encore beaucoup moins lorsqu'elle manque tout à fait, l'on voulait inférer de là qu'elle est l'organe de l'ouïe, et que l'on appliquât le même raisonnement au globe de l'œil en général , rien n'empêcherait d'aller plus loin, et de placer ces organes l'un dans l'air et l'autre dans la lumière ou dans le soleil, parce que leurs fonctions ne peuvent s'exécuter sans les vibrations de l'air et sans les rayons lumineux.

Quant à l'avantage qui résulte de l'exercice fréquent d'un organe, il est tellement senti par l'expérience journalière de tous les liommes, qu'il serait fastidieux de s'y arrêter long-temps, chacun sachant très-bien que les hommes, et particulièrement les dames, faute d'exercer leurs jambes, marchent trèsmal ; que la mémoire, fortifiée par la culture, se détériore faute d'aliments ; que l'on perd de la facilité à parler une langue, faute d'usage; nue les écoliers, les musiciens, les danseurs, les orateurs, les corné-

diens et tous les divers talents, cherchent la facilité, la force et la perfection dans des répétitions fréquentes. Il en est de même du degré de force communiqué par l'exaltation, comme on le voit dans les fièvres, dans la folie, dans certains rêves, et comme chacun l'éprouve quelquefois soi-même dans certains moments de verve ou d'irritation. L'on peut même dire que l'influence favorable de l'exercice et de l'exaltation sur nos facultés, est tellement reconnue et si généralement sentie, qu'on la regarde volontiers comme la seule cause de leur différence, et que les adversaires du système de Gall en font leur plus puissant moyen de séduction pour refuser l'initiative à la nature.

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