CHAPITRE IX
De l'expression des divers organes sur le cerveau, et consécutivement sur
le crâne.
Le docteur Gall admet dans son exposition trois ordres d'organes, savoir : ceux de la base, ceux de la région moyenne, et ceux de la région supérieure de la cervelle.
Les organes de la région supérieure sont exclusivement propres à l'homme, et constituent l'humanité.
Les organes les plus importants au but de la nature, formés les premiers, occupent la base du cerveau ; et ceux qui ont des fonctions analogues sont voisins. Ainsi l'organe de l'énergie générative est à la hase de l'encéphale et voisin de celui de la philogénésie qui lui est supérieur.
Les organes qui président à des fonctions identiques chez les diverses espèces d'animaux, occupent le même siège dans leurs cerveaux respectifs, et quelques-uns sont plus prononcés chez les brutes que chez l'homme.
Avant de commencer i'énuméralion des divers organes, je dois réitérer que ce serait une erreur de conclure de leur présence à la réalité des actions qu'ils rendent seulement possibles, mais non nécessaires, parce que leur activité peut être paralysée, 1° par les circonstances, comme cela se voit chez le castor, qui ne bâtit point faute de tranquillité; 2° par le défaut d'occasion, comme cela s'observe dans le chien, qui ne chasse point lorsqu'il est hors de relation avec toute espèce de gibier : comme cela se remarque aussi à l'égard des yeux qui ne voient point faute de lumière; 3° par la prépondérance ou l'exaltation de quelque autre organe, comme cela a lieu lorsque l'amour fait diversion à d'autres penchants, et réciproquement; 4° enfin, par l'influence de l'éducation et des habitudes, comme cela s'observe chez les personnes qui , quoique trèsbien constituées pour marcher, courir, travailler des bras , trouvent néanmoins plus commode de n'en rien faire, tandis qu'avec l'habitude contraire l'on a de la peine à s'en abstenir.
Je crois devoir prévenir aussi que l'on ne peut guère administrer que des probabilités sur le siège de quelques organes en particulier, et que les raisons et les phénomènes rapportés en preuves, n'acquerront leur pleine et entière valeur que par l'observation ultérieure de chacun; il faut donc, pour ne plus avoir de doute, vérifier soi-même les données du docteur Gall , dont la conviction personnelle ne peut être pour tout autre qui n'a encore fait