TRACÉ DU VENTRICULE GAUCHE
ments à ceux de sa congénère. Nous pouvons toutefois juger du moment précis de sa contraction, d'après le tracé du ventricule gauche. On a vu, en effet, à propos des mouvements du cœur droit, que la contraction de l'oreillette se traduit instantanément dans le ventricule par une élévation de la pression, et, dans le tracé, par une petite ondulation (/"', fig. 8). Cette ondulation existe aussi dans la figure 10 et se trouve également nette dans les deux ventricules. De part et d'autre, elle arrive au même instant. Le synchronisme des contractions des deux oreillettes se trouve donc établi comme celui des deux ventricules.
La première différence qui frappe, lorsqu'on compare les deux tracés des ventricules, c'est leur inégale hauteur (ou amplitude). Cela indique, pour le ventricule gauche, une plus grande énergie, puisqu'il soulève plus haut le levier de l'appareil (1). Nous, reviendrons plus tard sur cette inégalité dans la force des deux ventricules, en donnant une mesure exacte de l'énergie de chacun d'eux.
La forme des deux courbes ventriculaires présente également des différences intéressantes à signaler: Tune porte sur le sommet de la courbe systolique, l'autre sur la clôture des valvules sigmoïdes.
La contraction du ventricule droit arrive dès le début à son summum; elle décline ensuite graduellement jusqu'à ce que le relâchement complet arrive. En effet, dans le tracé du ventricule droit, le maximum m se trouve dans la première partie de la durée systolique. Dans le ventricule gauche, au contraire, la contraction va toujours en augmentant d'énergie pendant toute la durée de la systole,
(I) Rappelons, en oulre,quo l'ampoule du venlricu'e gauche est moins sensible que celle du cœur droit.
yu PHYSIOLOGIE.
de sorte que le maximum m' se trouve près de la fin de la période systolique (1).
Quant à la clôture des valvules sigmoïdes, on a vu déjà qu'elle se traduit par une ondulation qui survient à la fin du relâchement ventriculaire. Or, on peut voir que cette ondulation est beaucoup plus faible dans le tracé du ventricule droit, en v par exemple, que dans le ventricule gauche, en v\ Cette différence d'énergie dans le claquement des valvules sigmoïdes droite et gauche est, du reste, très bien en rapport avec la différence d'intensité de la force qui produit ce claquement. En effet, la tension artérielle est beaucoup plus forte dans l'aorte que dans l'artère pulmonaire. Enfin , une inégalité analogue s'observe dans l'intensité des vibrations produites par les valvules auriculo-ventriculaires. C'est une nouvelle conséquence de l'inégale énergie des deux ventricules.
DE LA FORCE STATIQUE DÉPLOYÉE PAR LA CONTRACTION DES DIFFÉRENTES CAVITÉS DU CCEUR, ET EN GÉNÉRAL DE LA PRESSION QUE SUPPORTE LE SANG DANS CHACUNE D'ELLES, AUX DIVERS MOMENTS D'UNE RÉVOLUTION CARDIAQUE.
En examinant les tracés cardiographiques représentés figures 8 et 10, on a pu, à première vue, reconnaître si la pression que supporte le sang dans chaque cavité du cœur augmente ou diminue. L'ascension et la descente de la courbe indiquent fidèlement chacune des variations qui surviennent dans cette pression. Mais ce n'est là qu'une
(1 ) Cette différence de forme se rencontre fort souvent ; cependant on ne saurait la considérer comme un caractère absolu. Un grand nombre de conditions peuvent faire varier la forme de la contraction pour l'un ou pour l'autre ventricule : ainsi les influences respiratoires, l'état de la circulation artérielle, etc.
FQRCE DU COEUR. 91
indication relative incapable de nous fournir la solution du problème poursuivi si longtemps par les physiologistes, depuis Borelli et Haies, jusqu'à Cl. Bernard, Ltîdwigj etc. Ce problème est le suivant : Quelle est la force statique déployée par le cœur au moment où il se contracte.
§ 23. — Pour résoudre cette question , il fallait soumettre notre cardiographe à une graduation dans laquelle un étalon constant déterminerait la valeur réelle de chaque degré d'ascension de la courbe. Il fallait, en un mot, faire pour le cardiographe ce qu'on fait pour un thermomètre à échelle arbitraire, lorsqu'on le compare au thermomètre centigrade. C'est le manomètre à mercure qui nous a servi à graduer notre appareil; nous avons déterminé expérimentalement à combien de centimètres de mercure correspondent les pressions qu'il faut appliquer aux ampoules cardiaques pour élever la courbe graphique aux différentes hauteurs qu'elle atteint dans un tracé (1).
Chaque fois qu'une des cavités du cœur se contracte, elle exerce une pression sur le sang qu'elle contient, et par conséquent sur l'ampoule qui baigne dans ce sang. Le degré de pression que supporte alors l'ampoule exprimera donc la force avec laquelle se fait la contraction. Mais on a déjà vu §§ 15 et 16, que, même pendant le repos des cavités du cœur, la pression varie à leur intérieur. Ainsi, elle s'élève à mesure que les oreillettes ou les ventricules se remplissent par le sang qui leur revient des veines. Ce n'est pas tout. Il peut s'exercer à la sur-
(1) Les expériences d'évaluation de la force du cœur sont fort complexes; leur exposition détaillée nous conduirait trop loin , aussi n'en donnerons-nous que les résultats les plus essentiels. Pour le reste, nous renvoyons le lecteur à l'exposé complet des expériences de cardiographie que nous avons faites avec M. Chauveau.
face du cœur des compressions ou des aspirations qui réagissent sur la pression du sang contenu à son intérieur.
Une distinction capitale doit donc être posée avant tout. 11 y a pour chaque cavité du cœur des pressions actives, celles qui tiennent à sa contraction, et des pressions passwes; parmi ces dernières, les unes sont intérieures, elles dépendent de l'abord du sang, les autres sont extérieures, et dépendent de l'état de raréfaction ou de compression du milieu dans lequel le cœur se trouve plongé.
Pressions passives.
a. Pressions passives intérieures.
§ 2û. — Quand une ampoule est introduite dans le cœur, quelle que soit la pression indiquée par le levier, on augmentera cette pression, si Ton enfonce l'ampoule plus profondément; on la diminuera, si on la retire. Cet effet tient à ce qu'on fait varier la charge du sang qui presse sur l'ampoule. Pareil phénomène se produit, si l'on plonge celle ampoule dans un seau d'eau, suivant qu'on l'enfonce dans le vase ou qu'on la ramène à la surface.
§ 25. — Quand l'ampoule est en un point fixe d'une cavité du cœur, pendant le relâchement de cette cavité, la réplétion sopère. Le sang, après avoir gonflé le ventricule et l'oreillette, gonfle également les veines afférentes; il constitue ainsi une colonne liquide d'une hauteur croissante, et dont la charge, croissante elle-même, se traduit par l'élévation graduelle du tracé. — Si l'on veut pousser à ses dernières limites cet effet de la réplétion du cœur et des veines, il faut arrêter la contraction des ventricules en galvanisant les pneumogastriques. Dans des expé-
riences faites avec M. Chauveau, nous avons vu souscetlc influence la pression passive intérieure acquérir un degré d 'élévation énorme. Il se produit alors, par l'effet du pis à lergo , une tension veineuse et cardiaque analogue à celle qu'on obtient dans les veines des membres au-dessous d'une ligature.
§ 26. — Enfin, l'attitude de l'animal en expérience fera varier la pression passive intérieure, en changeant la hauteur de la colonne sanguine qui presse au dedans de cet organe.
b. Pressions passives exlérieures.
§ 27. — Tous les organes situés dans le thorax, en dehors du poumon, sont soumis à une pression inférieure à celle de l'atmosphère. Ce vide virtuel tient à la rétraclilité du poumon ; il est bien démontré par la rentrée do l'air clans la plèvre au moment où l'on fait une ouverture, soit aux parois thoraciques, soit au diaphragme. Depuis les expériences de Carson , et surtout depuis les beaux travaux de Donders, on connaît bien la mesure de cette force aspiratrice du thorax, force qui n'est autre que l'effet de la rétractilité du poumon, augmente et diminue avec elle.
Le cœur, étant situé dans ce milieu raréfié, se trouve donc soumis à une aspiration qui tendrait à le dilater si son contenu était susceptible de changer de volume. Aussi, lorsqu'une ampoule pleine d'air est introduite dans une des cavités de cet organe, l'aspiration s'exerce-t-elle sur cette ampoule à travers les parois cardiaques.
Plus le vide thoracique sera grand, plus cette aspiralion sera forte. Elle augmentera donc à chaque fois que l'inspiration, déployant le poumon, augmentera la force
9/j. PHYSIOLOGIE.
élastique de cet organe d). — Voici donc une pression passive qui exerce sur le sang contenu dans le cœur une action tout opposée à celle qui provient de la réplétion cardiaque. Sollicitée par ces deux actions inverses, l'ampoule cardiaque n'en recevra en définitive que la différence ou la résultante. Si, à quelque moment, la pression positive qui tient à l'abord du sang et la pression négative qui tient à l'aspiration pulmonaire sont d'égale intensité, l'ampoule ne sera soumise qu'à la pression atmosphérique pure et simple. Alors, le niveau auquel s'élèvera le levier de l'appareil enregistreur correspondra à zéro (-2).
Détermination de 1 état positif ou négatif de la pression passive.
§28. — Pour déterminer dans un tracé cardiogra-
(1) On conçoit également que si la glotte était fermée et s'il se faisait un effort énergique d'expiration , le poumon, ne pouvant se vider, se trouverait au contraire comprimé par les parois thoraciques. Dès lors, au lieu du vide virtuel qui existe dans la poitrine, il y aurait une pression positive. Ce cas ne se présente presque jamais dans les expériences sur les animaux; nous aurons à l'étudier ultérieurement, à propos des influences de la respiration sur la circulation artérielle.
(<2) Tous les instants de la réplétion cardiaque ne sont plus également favorables à l'action des deux forces passives intérieure et extérieure. — Tant que les cavités du cœur ne sont pas arrivées à leur distension, l'abord du sang agit surtout pour déployer les parois qui cèdent facilement devant lui. Ce n'est qu'après cette réplétion que la colonne sanguine s'élève dans les veines et constitue une charge rapidement croissante. - A l'inverse, l'aspiration ambiante agit à son maximum quand le cœur est le moins rempli. Alors, en effet, les paro.s cardiaques plus souples obéissent à l'appel extérieur et s'écartent pour produire le gonflement de l'ampoule. Mais dès que le cœur est rempli, ses parois prennent une force élastique de plus en plus grande, de telle sorte que l'aspiration extérieure s'exerce de moins en moins : elle ne doit plus agir du tout quand le cœur est arrivé à une réplétion complète.
phique les instants où la pression s'élève dans le cœur audessus de zéro et ceux où elle tombe au-dessous, nous avons construit une ampoule qui ne fournit que l'indication des pressions négatives, et qui ne transmet aucun mouvement au levier lorsque la pression qu'elle subit est supérieure à zéro. Voici comment cette ampoule est construite (fig. 11).
Une pièce métallique creuse et de forme olivaire est mise en communication avec un tube TV qui la relie au cardiographe. Cette ampoule, criblée de petits trous, est revêtue d'une membrane mince et très souple qui s'applique exactement sur toute sa surface et qu'on lie autour du tube, au point où il pénètre dans l'ampoule. Grâce à cette disposition, toute pression positive supportée par l'ampoule ne fera qu'appliquer plus intimement la membrane sur la surface métallique, mais ne pourra produire aucune compression cle l'air qui y est contenu. Au contraire, toute aspiration produira un décollement de la membrane, et dès lors, s'exerçant librement sur l'air de l'ampoule, se transmettra au levier cardiographique, qui s'abaissera d'autant plus que la pression descendra plus bas.
Voici un exemple de la manière dont se fait la détermination des pressions négatives. Soit, figure 12, le tracé
Fig. 12.
des mouvements de l'oreillette droite d'un cheval, tracé
on
obtenu à l'aide de la sonde ordinaire, avec une faible vitesse de translation du papier. On reconnaît tout de suite dans les points o, o\ o", l'expression des systoles auriculaires; les autres éléments se voient également bien, de sorte qu'on peut reconnaître non moins facilement le relâchement de l'oreillette, le soulèvement de la valvule tricuspide, la réplétion de l'oreillette, etc.
Substituons à la sonde ordinaire celle qui vient d'être décrite figure U, le tracé obtenu sera le suivant (fïg. 13):
Fig. 13 (1).
Ici les oscillations de la courbe sont tronquées dans leur partie supérieure; les indications de l'instrument s'arrêtent au niveau d'une ligne horizontale O qui marque le moment où la pression devient positive ; à cet instant, en effet, la membrane est appliquée sur l'olive métallique
(1 ) En comparant les ligures \ 2 et 1 3, on voit que, dans la première, la durée des révolutions cardiaques est un peu moindre que dans ladeuxième, cela peut tenir à une moins rapide translation du papier dans la première expérience. Mais ce qui frappe davantage, c'est l'amplitude extrême des oscillations dans la figure 1 3. Cela tient à ce que, pour la construction des sondes semblables à celle qui est décrite figure 1 1 , on emploie des membranes extrêmement minces qui cèdent très facilement à l'aspiration cardiaque, et, par suite, impriment au levier des mouvements très étendus. — On voit aussi (fig. 13) que, dans le moment de la systole de l'oreillette, il se fait un très léger mouvement d'élévation au-dessus de la ligne horizontale. Cet effet est produit par une légère invagination de la membrane de l'ampoule à travers les trous de la carcasse métallique.
cpeusa, et devient incompressible. De là résulte l'immobilité du levier. Cette portion horizontale dans laquelle la ligne du zéro vient couper le tracé, laisse donc audessous d'elle toutes les portions de la courbe qui correspondent à des pressions négatives.
Quant à la partie qui est supprimée dans la courbe et qui devrait se trouver au-dessus de la ligne 0, elle correspondrait à la fin de la réplétion de l'oreillette et à la systole de cette cavité, seuls instants où la pression soit positive dans l'oreillette. (Nous avons figuré par des lignes ponctuées la direction approximative de cette courbe.)
En recherchant dans les différentes cavités du cœur l'état positif ou négatif de la pression, on voit :
1° Pour Voveilletle droite, que la pression est presque toujours négative pendant toute la durée du tracé ; le levier sera donc alors continuellement animé de mouvements. — Quelquefois on observe , comme dans la figure 13, des temps d'arrêt pendant lesquels le levier ne se meut plus; c'est qu'alors la pression s'est élevée audessus de zéro. Ces instants correspondent à la fin de la réplétion et à la contraction de l'oreillette oo\ — Enfin, dans certains cas rares, le levier ne se meut plus du tout, ce qui veut dire que la pression reste toujours égale ou supérieure à zéro. Cela tient à la charge plus considérable du sang qui vient pallier les effets de l'aspiration thoracique.
2° Pour le ventricule droit, l'ampoule, placée dans la partie inférieure de cette cavité, n'accuse pas de pression négative, c'est-à-dire que le levier reste parfaitement immobile; mais si l'on porte l'ampoule plus haut, on voit quelquefois le levier éprouver à chaque révolution du
cœur une secousse brève. Cela indique que la pression intra-vontriculaire tombe, à ces instants, au-dessous de zéro. — C'est au début du relâchement du ventricule que correspondent ces états négatifs de la pression.
3° Dans le ventricule gauche, au moment du relâchement, la pression tombe presque toujours d'une manière sensible au-dessous de zéro. Il semble que, dans cette cavité, l'aspiration soit plus forte que dans le ventricule droit. — Notons cependant que l'ampoule occupe en général un point assez élevé; elle est placée très peu audessous des valvules sigmoïdes, ce qui peut expliquer l'abaissement de la pression par une moindre charge sanguine (1).
Évaluation des minima de la pression passive dans les cavités du cœur.
§ 29. — Dans l'expérience précédente, l'ampoule se gonfle au moment où la pression intra-cardiaque tombe au-dessous de celle de l'atmosphère, parce que l'air contenu dans les tubes du cardiographe possède précisément la pression atmosphérique. Mais, s'il existait dans ces tubes une pression plus basse (aspiration), l'ampoule ne s'enflerait que pour un abaissement plus grand de la pression intra-cardiaque. Si, au contraire, l'air était comprimé dans ces tubes, le gonflement de l'ampoule se produirait dans des cas où la pression du sang serait, supérieure à celle de l'atmosphère. C'est sur ce principe qu'est fondée notre méthode de détermination des minima.
Supposons l'appareil établi comme pour l'expérience précédente. — On branche sur un point quelconque du
(-1) L'oreillelto gauche n'est pas accessible aux sondes, jusqu'à présent du moins,
tube cardiographique un tuyau bifurqué dont l'une des divisions est adaptée à un manomètre à mercure, tandis que l'autre est ouverte et sert à pratiquer, avec la bouche, une aspiration ou une insufflation. Le tube cardiographique, l'ampoule et le tambour qui sont en communication avec lui peuvent donc renfermer de l'air à des pressions variables. Le manomètre sert à indiquer la pression qui existe dans l'intérieur du cardiographe.
Premier cas. — La pression intra-cardiaque est toujours inférieure à zéro, comme cela arrive en général pour l'oreillette droite.
Pendant qu'on enregistre les mouvements de l'oreillette, on pratique une aspiration graduelle de l'air du cardiographe. Alors on voit le levier s'abaisser peu à peu et à un moment donné devenir immobile. Cela prouve que la membrane ne se décolle plus de l'ampoule, et par conséquent, que le vide dans l'appareil est toujours plus grand que dans le cœur. On restitue peu à peu de l'air au cardiographe, jusqu'à ce que les mouvements commencent à reparaître. A l'instant précis où ces mouvements sont perceptibles, on doit conclure que les minima de la pression de l'oreillette sont un peu plus bas que la pression de l'air dans l'appareil. — Le manomètre indique la valeur de l'aspiration qui supprime les mouvements du levier. C'est la pression minima qu'il fallait déterminer.
Deuxième cas. — La pression intra-cardiaque est toujours supérieure à zéro, comme cela se voit pour le ventricule droit, lorsqu'on enfonce l'ampoule dans le fond de cette cavité.
En se plaçant toujours dans les circonstances précédentes, on a une immobilité constante du levier, ce qui veut
100 PITYSIOLOGH.
dire que lus niininia de la pression intra-cardiaque sont encore supérieurs à la pression atmosphérique qui existe dans le cardiographe. — Alors on insuffle graduellement de l'air dans l'appareil. La colonne manométrique s'élève, ainsi que le levier, qui tout à coup se met à se mouvoir d'une manière brève et intermittente. A cet instant, la pression qui existe dans l'instrument et qui est accusée par le manomètre, est légèrement supérieure à celle qui existe dans le ventricule au moment des minium, c'està-dire au début du relâchement. En appliquant cette méthode, nous avons pu déterminer les minima dans les différentes cavités du cœur.
L'Oreillette droite présente des minima très variables, puisque uous avons pu trouver des écarts entre — et
3S,nm. Le chiffre ordinaire est entre —7""" et — 15'mn
de mercure. — L'abaissement de la pression dans l'oreillette est toujours proportionnel ;i l'intensité de l'aspiration thoracique mesurée par le procédé de Donders.
La ventricule droit nous a paru offrir dans ses minima un rapport constant avec ceux de l'oreillette; la pression y serait toujours supérieure d'environ 10""", quantité qui correspond à la colonne sanguine plus haute qui pèse sur le ventricule. Cette pression a varié entre — l&am (cas
rare) et + 20™.
Le ventricule gauche présente les mômes variations que le droit : les minima sont un peu inférieurs, comme nous l'avons dit, et à peu près constamment au-dessous de zéro. Cela doit tenir à ce que l'ampoule pénètre en général peu profondément dans cette cavité du cœur.
Les expériences précédentes nous font connaître la résultante des pressions passives intérieure et extérieure
qui agissent sur les différentes cavités du cœur. Nous allons étudier maintenant les pressions actives, c'est-àdire celles qui résultent de la contraction des différentes cavités.
Des pressions actives développées par la contraction des différentes cavités du cœur.
§ 30. — ■ L'expérience dans laquelle nous venons d'employer le manomètre pour évaluer les minima delà pression ventriculaire présente assez d'analogie avec celle qui va suivre, et la rendra facile à comprendre. Pour déterminer les pressions actives du ventricule, il faut chercher expéri mentalement quelle pression doit être appliquée sur les ampoules pour obtenir les différents degrés d'élévation de la courbe graphique au-dessus de la ligne du zéro.
§31. — Supposons qu'on vienne de prendre un tracé cardiographique semblable à celui de la figure 10. Lorsque les sondes ont été retirées du cœur et placées à l'air libre, la pression atmosphérique agissant à l'intérieur du cardiographe comme à l'extérieur, l'élasticité des ampoules ne sera sollicitée dans aucun sens, les leviers se placeront donc d'eux-mêmes à la position zéro. — On enroule de nouveau sur le cylindre passif le papier sur lequel le tracé a été obtenu, et l'on remet l'appareil en marche. Les plumes des leviers immobiles tracent chacune une ligne horizontale qui donne la position du zéro pour chacun des tracés. - - On introduit alors les sondes dans un flacon dont elles traversent le bouchon ; un manomètre à mercure et un tube à insufflation communiquent également avec l'intérieur de ce flacon. On foule de l'air dans le flacon de façon que le manomètre s'élève par degrés successiïfe de 5 en 5 millimètres. A chaque fois
1UZ PHYSIOLOGIE.
qu'on obtient une de ces augmentations dans la pression, on note sur le tracé la position des leviers.
Il résulte une graduation des oscillations du tracé, de telle sorte que chaque degré d'élévation de la courbe correspond à une pression manométrique connue. Dès lors on peut mesurer à combien de millimètres de mercure équivaut chaque point de la courbe graphique, en prenant avec un compas la hauteur de cette courbe au-dessus de la ligne du zéro, et en portant cette hauteur sur l'échelle des graduations.
Si l'on veut évaluer par le môme procédé les pressions négatives, on construit une échelle de graduation pour tous les degrés d'abaissement du levier au-dessous de la ligne de zéro, en aspirant l'air du flacon qui renferme les sondes, en notant la position des leviers sur le papier, et en mesurant au manomètre chaque degré d'aspiration que l'on produit.
§M. — Mais l'expérience n'est pas aussi simple que nous venons de la décrire. Une complication se présente, elle est due à l'influence de la température élevée des cavités du cœur. L'air contenu dans les sondes se dilate et produit une élévation des leviers, abstraction faite de celle qui tient à la pression du sang. L'appareil se comporte donc comme un véritable thermomètre enregistreur. Cette propriété, qui pourra dans d'autres circonstances être d'une grande utilité, vient ici créer des difficultés, et fait de cette expérience l'une des plus difficiles de la cardiographie.
Pour remédier à cet effet de la dilatation de l'air du cardiographe, il faut, au moment où l'on introduit les sondes, que l'air qu'elles renferment ait été porté à la température de 39 degrés environ, au moyen d'une étuve
dans laquelle les sondes sont plongées; il faut aussi que cet air échauffé soit en équilibre de pression avec l'atmosphère (1).
En évaluant au manomètre la pression qui correspond aux différents degrés de la courbe graphique fig. 40, on trouve, pour le maximum de force déployée par chacune des cavités du cœur, les chiffres suivants :
Pour l'oreillette droite 2mm,5
Pour l'oreillette gauche (œ) (2)
Pour le ventricule droit 25mm
Pour le ventricule gauche 4 28
Ce sont les expressions de la force des différentes cavités
(1) Nous ne décrirons pas le manuel opératoire très compliqué qui conduit à ce résultat. Ces détails de l'expérience seront indiqués tout au long dans un autre travail où seront relatées les expériences de cardiographie que nous avons faites avec M. Chauveau.
(2) L'évaluation directe de la force contractile de l'oreillette gauche n'est pas possible à l'aide de notre méthode, puisque jusqu'ici nous n'avons pu introduire une ampoule dans cette cavité sans ouvrir la poitrine de l'animal. On peut toutefois se faire une idée approximative de cette force, en mesurant l'effet qu'elle produit dans le tracé du ventricule gauche..
On a vu, en effet, que dans ce tracé du ventricule il se produit, au moment où l'oreillette se contracte, une élévation de la pression sanguine, ce qui s'accuse par une élévation correspondante de la courbe graphique. Comme l'oreillette et le ventricule communiquent largement au moment où cet effet se produit, on .peut admettre que l'effet de la contraction de l'oreillette se fait sentir d'une manière à peu près égale dans ces deux cavités.
Il s'agit dès lors de mesurer la quantité dont la pression s'est élevée dans le ventricule au moment de la systole auriculaire, pour avoir une idée à peu près exacte de l'énergie de celte systole.
Or, les évaluations manométriques ci-dessus indiquées nous apprennent que la pression dans le ventricule avant la systole de l'oreillette s'était élevée environ à 14 mm par le seul fait de la répiélion des cavités du cœur. Au moment où l'oreillette se contracte, cette pression s'élève
IWl PHYSIOLOGIE.
du cœur dans un cas particulier. En expérimentant d'une manière comparative sur plusieurs chevaux, nous avons trouvé des chiffres différent. Ainsi, en comparant la force des deux ventricules, l'un d'eux donnait les évaluations suivantes :
Ventricule droit 30"""
Ventricule gauche 9;;
Chez un vieux cheval, nous trouvons :
Ventricule droit 29mm
Ventricule gauche 140
Outre ces variations individuelles du chiffre qui exprime la valeur absolue de la force contractile pour les deux ventricules, on doit remarquer que le rapport d'énergie de ces deux cavités varie également; toutefois, dans la plupart des cas, il se traduit à peu près par celui de \ à 3.
environ à 13lnm; c'est donc 2mm d'augmentation survenus sous l'influence de la systole auriculaire. On doit considérer cette valeur comme correspondant sensiblement à la force de la contraction de l'oreillello. Toutefois nous ne donnons celte mesure qu'avec des restrictions, et nous ne saurions en garantir la réalité comme pour la force des autres cavités dont nous avons mesuré directement la pression.