PULSATION CARDIAQUE
réduire la pulsation cardiaque au rôle de point de repère dans l'auscultation? Assurément non; car, malgré les difficultés qu'il y a souvent à prendre le tracé de cette pulsation sur l'homme, on peut, le plus souvent, obtenir une courbe qui fournisse des renseignements importants sur l'action du cœur.
Dès que nous eûmes réussi à construire un sphygmographe qui fournît un tracé exact de la pulsation artérielle (1), nous l'appliquâmes à la pointe du cœur, pensant que nous obtiendrions, avec une égale facilité, le tracé de la pulsation cardiaque. Mais par suite de la difficulté de maintenir en place l'instrument, il est souvent nécessaire de faire plusieurs tentatives avant d'obtenir un tracé à peu près correct. La figure \ !i représente la courbe de la pulsation cardiaque donnée par notre sphygmographe.
Fig. 14.
Bien que ce tracé soit beaucoup moins parfait que celui qu'on obtient clans les expériences faites sur les animaux, il présente néanmoins un grand intérêt, car il nous fournit les indications suivantes : 1° la durée relative des périodes de contraction et de relâchement des ventricules ; 2° il signale la clôture des valvules auriculo-ventriculaires et sigmoïdes (ce qu'il est facile de reconnaître en comparant la figure ïli au tracé de la pulsation cardiaque représenté figure 8) (2).
(4) La description de cet instrument sera donnée dans le chap. VIII.
(2) La raison qui rend ce tracé moins riche en détails que ceux que nous avons obtenus sur les animaux est précisément la trop grande sensibilité du sphygmographe. Ainsi, un mouvement aussi puissant que la
D'antres procédés sont d'une application plus facile : ainsi le mode de transmission du mouvement au sphygmographe, par le procédé de Buisson, fournit souvent de bons résultats.
Mais, avec cet appareil, deux inconvénients peuvent se présenter. —D'abord, tous les sujets ne se prêtent pas également bien à l'emploi de l'appareil de Buisson; chez ceux qui ont un peu d'embonpoint, on n'obtient qu'un tracé d'une amplitude tellement faible qu'il est à peu près insignifiant. — En outre, si l'instrument n'est pas appliqué sur le point où le ventricule est en contact immédiat avec les parois de la poitrine, on obtient un tracé dans lequel tous les éléments de la courbe sont renversés, c'està-dire que le levier de l'instrument s'abaisse quand il devrait s'élever, et s'élève quand il devrait s'abaisser. C'est ce qu'on peut appeler la pulsation négative. Nous allons donner l'explication de ce phénomène.
De la pulsation cardiaque négative.
D'après ce qu'on a vu de la nature de la pulsation cardiaque, on sait déjà qu'un double effet se produit à chacune des contractions du ventricule. 1° Le ventricule change de forme et de consistance, ce qui produit la pression excentrique contre les parois thoraciques clans les points où ces parois déformaient la masse ventriculairc :
pulsation cardiaque se traduit sur cet instrument par des oscillations tellement étendues qu'elles sortent des limites du papier qui est destiné à les enregistrer. Nous avons dû, en conséquence, appliquer ïinslrumcnt, non plus sur le point où la pulsation cardiaque atteint son maximum d'intensité, mais un peu en dehors de ce point. Il en est résulté qu'uue plus grande épaisseur de parties molles séparait le cœur de l'instrument, ce qui altérait un peu la forme du tracé et en éteignait certains détails-.