VITESSE DU SANG PANS LES ARTÈRES
Il la supposa égale à celle d'une molécule liquide qui tomberait d'une hauteur pareille à celle de la colonne manornétrique. C'est précisément la formule de la vitesse d'un liquide qui s'écoulerait à l'air libre par une ouverture faite à une artère. Haies négligeait donc totalement les résistances que le sang rencontre dans les vaisseaux, et sous l'influence desquelles sa vitesse est considérablement diminuée.
Sauvages (1), commentateur de Haies, rectifia .cette erreur; il comprit l'influence des résistances que présentent les artères. Il appelle virtuelle la vitesse qu'aurait le sang dans l'hypothèse de Haies, et admet qu'en réalité ce liquide n'a qu'une vitesse beaucoup moindre. L'auteur appelle celle-ci la vitesse actuelle, mais n'en donne pas l'évaluation.
Tant que les physiologistes n'instituèrent pas des expériences en vue de déterminer la vitesse du sang, les idées émises sur ce sujet ne furent que des erreurs ou des hypothèses qu'il n'y a pas lieu de mentionner.
La première 'tentative faite pour résoudre cette question par la voie expérimentale appartient à Yolkmann. Ce physiologiste construisit un appareil fort ingénieux qu'il appela hémodromomètre (2), à l'aide duquel on pouvait suivre le trajet parcouru par le sang dans un tube de verre. — Qu'on suppose une artère coupée dont on aurait réuni les deux bouts par un tube métallique. Le sang traversera ce tube rectiligne comme il traverserait l'artère elle-même. Sur ce premier conduit est adapté un tube de verre courbé en U qui constitue un circuit de dérivation latéral. Ce tube de verre est rempli d'eau. À un
(1) Voy. Haies, Hémaslatique, p. 3.
(2) Volkmann, Die Hilmodynamik, p. 19u. Leipzig, 1850.
moment donné, an moyen d'un système de robinets, on ferme le tube rectiligno et l'on ouvre le circuit latéral. Le sang se trouve alors forcé de traverser le tube de verre pour se rendre du bout central au bout périphérique de l'artère; il chasse devant lui l'eau contenue dans le tube et la pousse du côté des capillaires. On voit alors, à travers les parois de verre, le sang qui s'avance par saccades en se substituant à l'eau. Si l'on mesure le trajet parcouru ainsi par le sang pendant un certain nombre de secondes, on connaît la vitesse du courant sanguin dans les artères.
Bien qu'il soit extrêmement ingénieux, ce procédé n'est probablement pas à l'abri de toute erreur. Sou auteur lui-même admet que l'interposition de l'appareil sur le trajet d'un vaisseau peut changer la vitesse du sang dans celui-ci. En effet, la colonne sanguine, forcée de traverser un trajet plus long, rencontre des résistances nouvelles que la courbure du tube peut augmenter encore. Enfin, on n'est pas autorisé à admettre à priori que l'eau qui se trouve poussée dans les capillaires artériels traversera ceux-ci avec autant de facilité que le sang le pourrait faire. On sait en effet que les injections faites dans les artères d'un animal vivant rencontrent des résistances particulières dues aux contractions que provoque dans ces vaisseaux la présence d'un liquide étranger.
Avec cet instrument, Volkmann évaluait la vitesse du sang pour une seconde :
Chez le chien, dans la carotide , . 273min
Chez un autre chien, dans la carotide .... 357
Chez le cheval, dans la carotide 254
Chez le cheval, dans la métatarsienne .... 56
Un autre appareil fut imaginé par Vierordt, sous le