VITESSE DU SANG DANS J.ES ARTÈRES
nom LYhémoùachomètre (1); il est basé sur un tout autre principe. C'est une sorte de pendule hydrostatique suspendu dans une caisse à deux tubulures que traverse le courant sanguin. L'appareil s'applique, comme celui de Volkmann, aux deux bouts d'une artère coupée. Plus le courant est rapide, plus la déviation du pendule sera grande. On détermine expérimentalement la vitesse nécessaire pour qu'un courant de liquide donne au pendule telle ou telle déviation. — Comme la vitesse du liquide change à chaque instant, Vierordt eut l'idée de transformer son appareil en un instrument enregistreur, afin d'avoir l'indication de toutes les variations de la vitesse à tous les instants. A cet effet, il prolongea au dehors de la caisse la tige du pendule, de telle sorte que cette tige exécutât des mouvements semblables à ceux du pendule lui-même, mais amplifiés et de sens inverse. Ces mouvements s'enregistraient sur un cylindre tournant, d'après les procédés déjà connus (2). La figure de l'instrument qui se trouve à la fin de l'ouvrage de Vierordt montre que cet auteur est tombé dans le défaut que nous reprocherons plus tard à son sphygmographe, c'est-à-dire qu'il a donné au courant sanguin une trop grande masse à mouvoir. De là résulte une déformation du tracé enregistré sur le cylindre. — Nous reviendrons plus tard sur les conditions que doivent présenter les appareils enregistreurs pour n'être pas exposés à cet inconvénient.
La vitesse du, sang, d'après Vierordt, serait de 0m,261 par seconde, ce qui se rapproche assez du chiffre donné par Volkmann.
(1) Vierordt, Grundriss der Physiologie des Mensclten, p. 110.
(2) Vierordt, Die Erschcinungcn und Geselze der Slromgescliwindigkeit des Mules, Berlin, 1862 (avec figure de l'appareil).
u PHYSIOLOGIE.
Chauveau (1 ) construisit à son tour un instrument (Voy.
f — ^ la figure collec-
tive '18) basé sur le môme principe que celui de Vierordt, mais d'une construction beaucoup plus parfaite.
L'auteur place sur le trajet d'une artère un tube de métal a ( n° 1 ) que le sang traverse comme dans les appareils cidessus indiqués. Ce tube présente, en un point de sa paroi, une fenêtre (n° 3) que ferme une membrane de caoutchouc (n° k). Une aiguille mince et plate traverse cette membrane et plonge dans le courant sanguin (n° 2). La partie libre de cette aiguille d (n° 1) parcourt, dans ses déviations, les différents degrés d'un cadran divisé, et accuse ainsi la vitesse du courant (2).
Chauveau a, comme Vierordt, appliqué un appareil enregistreur à son hémodromomètre -, seulement, il s'est mis à l'abri des causes d'erreurs que le physiologiste allemand n'avait pas aperçues. Dans l'appareil de Chauveau, la partie libre de l'aiguille se prolonge sous forme d'un
(1) Chauveau, Bertolus et Laroyenne, Mémoire sur la vitesse de la circulation dans les artères du cheval [Journal de la physiologie de l'homme cl des animaux, 4 860, t. III, p. 695 et suiv.).
(2) e représente l'ouverture d'un tube branché auquel on adapto un manomètre au besoin.
VITESSE DU SAISC DANS LES ARTÈRES. \ot
levier extrêmement léger qui écrit ses mouvements sur une bande de papier qui se déroule..
Nous donnerons plus tard quelques-uns des tracés obtenus par Chauveau, on en comprendra mieux la valeur lorsque nous aurons expliqué, à propos de la construction de notre sphygmographe , les conditions nécessaires pour que les appareils enregistreurs donnent une expression fidèle des mouvements.
Lois générales qui président aux variations de la vitesse du sang dans
les artères.
§ 45. — Les expériences faites sur les lois de l'écoulement des liquides daus les conduits montrent que la vitesse du liquide varie sous deux ordres d'influences.
D'une part, cette vitesse s'accroît quand le liquide est poussé dans le tube avec une plus grande force. — Dans la circulation du sang, la vitesse du courant qui existe dans les artères augmentera clone si la force déployée par le cœur augmente, elle diminuera dans les circonstances inverses. On verra plus tard que cette sorte d'influence s'exerce rarement, et que le cœur dépense en général une quantité de force toujours la même.
D'autre part, la vitesse d'un liquide est subordonnée aux résistances que ce liquide rencontre dans les conduits. La vitesse est d'autant plus grande que les résistances sont moindres. Comme tous les points d'une colonne liquide sunt solidaires les uns des autres, au point de vue du mouvement, un obstacle situé à une très grande distance de l'orifice d'entrée d'un conduit ralentira le mouvement du liquide dans tous les points situés en arrière de lui. — Dans la circulation du sang, ces résistances sont déterminées par le plus ou moins d'élroitesse des petits vaisseaux. Le
relâchement ou la contraction dé ceux-ci pourra donc, à chaque instant, l'aire varier la vitesse du satfg dans une artère quelconque. C'est cette influence qui s'exerce presque toujours lorsque la circulation est plus ou moins rapide. Si donc on fait contracter les artérioles d'une région, la vitesse dit sang diminuera dans toutes les artères afférentes. Si ces artérioles se relâchent, le courant deviendra plus rapide.
Ces inductions, tirées d'expériences physiques, ont été vérifiées par l'expérimentation sur les animaux (1). Comme c'est presque toujours à l'état de contraction ou de relâchement des petits vaisseaux que sont dues les variations de la vitesse dans les artères, il résulte de là que dans la plupart des cas, on rencontre une grande vitesse dans les artères qui ont une faible tension, et, réciproquement, une faible vitesse, quand la tension est forte.
Signes extérieurs du mouvement du sang dans les artères.
§ u6. — Le mouvement du sang dans les artères se révèle à P extérieur par un petit nombre de signes. Les artères sont animées de battements (pouls), de mouvements parfois perceptibles à l'œil (locomotion des artères); On peut quelquefois constater la dilatation de certains gros troncs artériels au moment où le ventricule qui se contracte leur envoie une ondée sanguine nouvelle, mais ce 1 cas est rare; eu général, la dilatation des artères nous échappe; D'autres fois, en auscultant le trajet d'une artère, on perçoit un bruit (bruit de souffle) qui tient au passage rapide du sang à son intérieur (-2).
(4) Chauveau, Berlolus el Laroyenne, 'oc, cil.
(2) Nous aurons l'occasion de revenir avec plus de détails sur la cause