POULS DES DIFFERENTES ARTÈRES
cheval et qu'on prend le tracé du pouls de ce vaisseau, on obtient une figure identique avec celle que donne la sonde munie d'ampoule, introduite dans la carotide. Ce fait démontre que l'emploi du sphygmoscope ne déforme en rien le tracé du pouls du vaisseau auquel il est appliqué, et que l'on peut, sans crainte d'erreur, comparer les indications que nous fournira cet instrument à celles que nous avons déjà obtenues par d'autres procédés.
Des rapports de la contraction du ventricule gauche avec le pouls de différentes artères.
§ 57. — Maintenant que nous possédons un moyen d'enregistrer sur le cardiographe le pouls de différentes artères à la fois, il est important de connaître comment se transmet le mouvement du cœur à la périphérie. Pour cela, nous avons pris simultanément les tracés : 1° de la contraction du ventricule gauche, 2° du pouls aortique, et 3° du pouls de l'artère fémorale. La figure 38 représente
Fig. 38.
ces trois tracés superposés de telle sorte qu'on puisse voir les rapports de succession de chacun de ces mouvements.
1 oa PHYSIOLOGIE.
L'analyse d'un tracé de la pulsation aortique recueilli un môme temps que le tracé du ventricule gauche, a déjà été faite page 189; nousn'avons pas ày revenir. Ce qu'il est important de signaler cette fois, c'est que la forme du pouls, dans la fémorale, diffère totalement de celle du pouls aortique. De plus, il y a un retard du pouls de la fémorale sur celui de l'aorte.
On a vu que le retard du pouls de l'aorte sur le début de la systole du ventricule gauche est dû à ce que la systole ventriculaire n'acquiert pas, dès son début, l'énergie suffisante pour soulever les valvules sigmoïdes de l'aorte. Pour la fémorale, le retard tient à une tout autre cause : il résulte de ce que la transmission du mouvement des liquides dans les tubes élastiques met un certain temps à s'accomplir (1). Quant au changement de forme que subit la pulsation, il tient à ce que le sang, poussé dans les artères avec une certaine vitesse, exécute dans ces vaisseaux des oscillations multiples dont nous parlerons à propos du phénomène du dicrolisme. Ici se produit, en raison de la densité du liquide, un effet iden-
(1 ) Nous avions cru, d'après nos premières expériences, que la transmission du mouvement dans les artères se faisait suivant un mode particulier que nous avons décrit dans les Annales des sciences naturelles, 4e série, Zool., t. VIII. Ces expériences avaient été faites dans de mauvaises conditions. La soupape qui représentait la valvule de l'orifice aortique ne livrait au passage du liquide qu'une fente tellement étroite, que la pénétration de ce liquide n'avait lieu qu'avec lenteur. Nous nous crûmes autorisé , à cette époque, à rejeter la théorie de Weber relativement à la transmission du mouvement du sang dans les artères, et à nier l'existence d'un retard réel du pouls pour les artères éloignées du cœur. Depuis cette époque, Buisson, en enregistrant d'une manière simultanée le pouls de différentes artères, nous fit voir que le retard du pouls existe réellement. Nous devons donc reconnaître et signaler cette erreur qui existe dans nos précédentes publications.
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tique avec celui que nous avons signalé dans remploi des manomètres, c'est-à-dire des oscillations provenant de la vitesse acquise du liquide. C'est à ces oscillations que sont dues les ondulations nombreuses que présentent le tracé d'une pulsation unique.
De la vitesse du sang dans une artère aux différents instants d'une
pulsation.
§58. — Tous les appareils employés pour étudier la vitesse du sang montrent que, dans les gros vaisseaux artériels, le sang se meut par saccades; mais l'appareil de Ghauveau, l 'hémodromomctre enregistreur , peut seul nous indiquer les différentes phases par lesquelles passe la vitesse du sang d'une artère entre deux systoles consécutives du cœur. Seul, en effet, cet appareil donne une indication fidèle du mouvement du sang (1).
Il était intéressant de chercher si la vitesse et la pression du sang dans les artères varient toutes deux d'une manière parallèle, ou bien s'il existe entre elles une certaine indépendance.
Chauveau appliqua sur la carotide d'un cheval son hèmodromomètre enregistreur. Un sphygmoscope fut adapté au même vaisseau, sans interrompre le cours du sang. Le tracé des deux appareils fut enregistré simultanément, et l'on obtint la figure 39.
La ligne supérieure est donnée par la vitesse du sang. La ligne inférieure exprime les changements de la
( l ) L'hémotachomètre de Vierordt est passible du même reproche que son sphygmographe. En etret, l'inertie de l'appareil déforme les indications graphiques de la vitesse du sang. L'appareil de Chauveau, formé d une aiguille très légère (voy. fig. 18), ne présente pas cet inconvénient.
Fij. 39.
Après quatre battements du cœur, on comprima l'artère au-dessous du point d'application des instruments. Aussitôt, tout courant cessant de se produire dans le vaisseau, l'hémodromomètre n'accusa plus aucune déviation de l'aiguille; celle-ci resta fixe clans une position qui correspond exactement à l'état d'immobilité du sang. C'est le zéro de la graduation de cet instrument. Pendant ce temps, la pulsation continua à se produire, elle prit même une intensité plus grande qu'avant l'obstruction du vaisseau. — Il y a donc indépendance entre la vitesse et la pression du sang, mais seulement dans la condition d'obstacle au courant sanguin.
La première moitié de la figure nous montre ce qui se passe dans les conditions de libre passage du sang dans le vaisseau. Voici ce qui ressort de l'examen des deux tracés.
1° 11 se produit simultanément une forte pression et un courant rapide, dans la carotide, au moment où les valvules sigmoïdes sont soulevées par la contraction ventriculaire.
2° La vitesse et la pression sanguine présentent toutes deux ensemble ce renforcement saccadé qui caractérise le début de la pulsation carotidienne, et qui tient à la ma-