‹ Physiologie médicale de la circulation du sang [electronic resource]Chapitre 4 sur 114 · TRAJET DU SANG · texte numérisé non relu

TRAJET DU SANG

Quittons maintenant le tableau d'ensemble des deux circulations pour ne plus nous occuper que de ce qui se passe dans Tune d'elles. Cette étude peut être ainsi simplifiée, puisque chacune des circulations s'effectue de la même manière et présente des phénomènes de môme nature. Supposons donc la grande circulation comme formant un circuit complet à elle toute seule et refermée sur elle-même, de façon que le sang, poussé par le cœur gauche à travers les artères, soit ramené à ce même cœur gauche par le système veineux.

Schéma de Weber.

C'est en envisageant le mouvement du sang à ce point de vue simplifié que Weber a construit un petit appareil connu sous le nom de Schéma de la circulation, et qui démontre d'une manière fort ingénieuse et surtout très claire la façon dont s'effectue dans son ensemble le mouvement circulatoire.

Fig. 1.

Un intestin de chèvre (fig. \ ) est courbé et refermé sur lui-même, de façon cà former un circuit continu qu'on remplit de liquide à l'aide de l'entonnoir e : supposons que ce circuit ait un mètre de circonférence, et qu'en un point quelconque de son étendue C, on ait disposé deux soupapes B et g, s'ouvrant dans le même sens et distantes

l'une dé l'autre de 10 centimètres. Cet espace C va représenter, clans le circuit total, l'agent d'impulsion du liquide, c'est-à-dire le cœur.

En etfet, si l'on comprime l'intestin en C, l'une des valvules se fermera et l'autre s'ouvrira, comme cela arrive dans le cœur à chaque contraction des ventricules, de sorte que le liquide sera poussé dans une direction unique en a. Quand on aura cessé la compression, le liquide soulèvera la valvule B qui était restée fermée et reviendra à son point de départ en C, tandis que la valvule g, se fermant en sens inverse, empêchera tout reflux du sang qui a pénétré dans le tube a. Qu'on suppose une série de compressions et de relâchements de la partie de l'intestin C comprise entre les deux valvules, et aussitôt voilà une circulation continuelle établie dans toute la longueur du circuit. A chaque impulsion nouvelle, un battement semblable à celui que présente une artère chez un animal vivant su fait sentir dans toute l'étendue du couduit circulaire.

Le schéma de Weber, ainsi construit, différait encore beaucoup de l'appareil circulatoire des animaux. Chez ceux-ci, les voies qui transportent le sang à la périphérie, et celles qui le ramènent au cœur, les artères et les veines, ne communiquent pas largement les unes avec les autres, niais, au contraire, par des passages étroits dans lesquels le sang éprouve de grandes résistances.

Pour imiter ces conditions anatomiques dans l'exécution de son schéma, Weber plaça dans l'intérieur du tube circulaire une éponge c, qui n'entrait qu'avec beaucoup de frottements, de manière à constituer au-devant du liquide une sorte de barrage perméable vu la porosité de l'éponge. Cet obstacle au mouvement du liquide imitait donc celui que le sang artériel rencontre dans les vais-

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