‹ Physiologie médicale de la circulation du sang [electronic resource]Chapitre 44 sur 114 · JU PHYSIOLOGIE · texte numérisé non relu

JU PHYSIOLOGIE

seaux au-dessous d'une ventouse. Aussi, devra-l-on voir baisser la pression moyenne dans les artères des membres ; c'est en effet ce qui a lieu. — Dans l'expiration, l'inverse se produit. L'air ne peut s'échapper assez vite sous l'influence de la rétractilité du poumon ; les muscles expirateurs viennent seconder l'élasticité pulmonaire pour expulser l'air au dehors. Alors, l'aorte thoracique, au lieu d'être dans un vide virtuel, comme cela arrive dans les conditions normales, se trouve au contraire comprimée à sa surface et chasse du sang dans les artères périphériques (1).

En même temps que ces phénomènes se produisent dans le thorax, voyons ce qui a lieu dans l'abdomen. Lorsque, dans une inspiration , le diaphragme s'abaisse et agrandit la cage thoracique, il vient au contraire rétrécir la cavité abdominale; il déprime les viscères, et ceux-ci tendent à repousser en tous sens les parois du ventre qui se durcissent et accusent une pression intérieure augmentée. Dans l'expiration , le diaphragme remonte et les parois abdominales cessent d'être aussi tendues. — Pendant ces alternatives de pression augmentée et diminuée clans l'abdomen , l'aorte abdominale subit des pressions variables comme celles que nous venons de signaler pour l'aorte thoracique; seulement les variations sont de sens inverse. Au moment de l'inspiration, l'aorte est comprimée et la pression augmente dans les artères qui en éma-

(1 ) On conçoit que ces phénomènes ne se produisent qu'à un faible degré quand la respiration est libre, car le vide inlra-thoracique ou pleural n'est plus soumis qu'aux variations tenant au changement de la rétractilité du poumon plus ou moins distendu ; tandis que, dans le cas d'obstacle au libre passage de l'air, le vide thoracique est influencé par la raréfaction et la condensation alternatives de l'air contenu dans le poumon.

lient; au moment de l'expiration, il se fait un reflux du sang vers l'aorte qui est soumise à une pression moindre, \\ n'est pas besoin d'insister plus longuement sur ce mécanisme pour faire remarquer que, dans l'état normal, les influences de la respiration sur le mouvement du sang artériel sont faibles, et que, de plus, les influences thoraciques et abdominales agissant en sens inverse les unes des autres, doivent se neutraliser eu grande partie. Mais si nous sortons des conditions physiologiques de la respiration, nous pouvons faire prédominer l'une de ces actions sur l'autre; nous pouvons, par exemple, augmenter les influences thoraciques toutes seules, ou bien les influences abdominales. Alors, les effets des mouvements respiratoires sur le cours du sang artériel deviendront sensibles, même sur un vaisseau éloigné des centres comme l'artère radiale- Toute gêne au passage de l'air à travers les voies respiratoires augmente les influences thoraciques et produit, en conséquence, l'ascension de la ligne d'ensemble du tracé pendant l'expiration, sa descente pendant l'inspiration. Cet effet s'observe lorsqu'on respire par une seule narine.

Toute gêne àl'ampliation de l'abdomen produira l'effet inverse : l'ascension de la ligne d'ensemble au moment de l'inspiration , sa descente pendant l'expiration. Il suffît en général de tenir la bouche ouverte, et de faire des mouvements respiratoires d'une grande ampleur, pour voir les influences abdominales devenir prédominantes.

La connaissance des influences de la respiration sur le pouls est féconde en applications pour le diagnostic clinique. Ainsi, par l'examen du tracé de l'instrument,

-J1 IMIYSIOLOGIE.

tandis que la main, placée sur le thorax, explore le rhythme de la respiration, on peut reconnaître, dans un cas de dyspnée, quel est le siège de l'obstacle aux mouvements respiratoires, et distinguer les cas où la dyspnée tient à la difficulté de l'introduction de l'air dans les bronches, de ceux où elle est produite par l'impossibilité ou la gêne des mouvements du diaphragme.

§ 92. — La toux est une expiration brusque précédée d'un effort avec occlusion de la glotte. Elle agit comme l'action respiratoire thoracique et fait brusquement monter la tension artérielle (fig. 88).

Fig. 88.

§ 93. — Le hoquet est une inspiration convulsive; il aspire dans la poitrine le sang artériel et fait brusquement baisser la tension dans les artères périphériques (fig. 89).

i«H«flaai

Page 1