‹ Physiologie médicale de la circulation du sang [electronic resource]Chapitre 50 sur 114 · MALADIES DE LA CIRCULATION CAPILLAIRE · texte numérisé non relu

MALADIES DE LA CIRCULATION CAPILLAIRE

force vitale s'accroît ou diminue, de sorte que peu à peu la pathologie tout entière se réduisit à des accroissements ou des diminutions des forces, à des états sthéniques et asthénigues, à des manifestations d'activité ou de passivité. Les noms changeaient, mais l'idée générale restait la même ; partout on retrouvait ce dualisme formé de deux entités : la force et la faiblesse déguisées sous des noms différents. Cependant la nature si mal définie de ces forces avec lesquelles on tendait à tout expliquer devait engendrer de longues discussions. À ceux qui admettaient des maladies par excès de force, d'autres répondaient en disant : que la force véritable consistant dans la santé, toute maladie est nécessairement l'effet d'une faiblesse. C'est ainsi que la métaphysique se combattait elle-même, sans que la victoire pût rester à aucun des partis. Aussi ces discussions ont-elles duré pendant des siècles avec une ardeur croissante presque jusqu'à notre époque. Aujourd'hui, de guerre lasse, on a renoncé à créer de prime saut un système médical; on se borne à l'observation clinique et à l'expérimentation physiologique qui seules peuvent conduire à ces généralisations que l'on avait tentées prématurément.

La physiologie expérimentale est assez avancée pour qu'on puisse dès à présent expliquer, en grande partie, la nature des troubles qui se manifestent dans la température auimale et qui constituent le phénomène le plus saillant dans un grand nombre de maladies. La physiologie nous apprend que c'est à la circulation plus ou moins rapide du sang que tiennent les variations de la température des organes, et que celte rapidité du cours du sang est à son tour réglée par une influence bien démontrée, celle de la contractilité vasculaire.

ùOfl APPLICATIONS A LA PATHOLOGIE.

Les autres phénomènes qui sont liés à des modifications du mouvement du sang étaient aussi impossibles à expliquer que les variations de la température, à une époque où l'on ignorait l'existence de la circulation du sang, et cependant on voulait déjà leur assigner une cause. C'était toujours en imaginant des forces ou des propriétés particulières du cœur ou des vaisseaux qu'on faisait face à toutes les exigences. Ces hypothèses transitoires ont eu le grand malheur d'être trop facilement acceptées par les générations suivantes plus portées au respect des anciens qu'à la recherche toujours pénible de la vérité. De nos jours encore, lorsqu'un médecin perçoit sur une artère des battements d'une force insolite, et qu'il attribue ces pulsations exagérées à un surcroît de l'action du vaisseau, ne rétrograde-t-il pas sans s'en douter jusqu'à l'enfance de la médecine? N'évoque-t-il pas cette force pulsifique des artères que la découverte de Harvey eût dû pour jamais ensevelir dans l'oubli ?

Réduisons donc à de justes limites le respect des anciennes doctrines; rejetons l'existence de toutes les forces qu'on a admise gratuitement sans les définir et sans les localiser, et nous verrons que l'observation rigoureuse des faits conduit à des explications fort simples de phénomènes qui semblaient entourés de mystères.

Puisque nous étudions en premier lieu les troubles de I la circulation capillaire qui se caractérisent principalement par des modifications de la température animale, tels que les fièvres, les congestions, les inflammations; il • faut tout d'abord bien établir le lien qui existe entre l'état de la circulation et celui de la température. Cette étude est aussi bien médicale que physiologique, nous ne

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