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DES MALADIES DE LA CIRCULATION CAPILLAIRE

§ 1 12. — Les maladies que nous aurons à décrire comme ayant leur point de départ dans les troubles de la circulation capillaire ont été rassemblées par tous les nosologistes dans des groupes assez voisins les uns des autres; ces groupes renferment des affections dont les unes sont généralisées dans l'économie tout entière, tandis que d'autres se localisent dans un ou plusieurs organes. On y trouve la fièvre et l'algidité avec leurs différentes formes, les étals congestifs et inflammatoires, les hémorrhagies spontanées, etc. Les découvertes de la science moderne sont venues justifier un pareil groupement et montrer qu'il est très légitime, car l'élément principal de ces états morbides semble résider dans une altération du mouvement du sang.

La couleur, le volume et la température des organes

varient, comme on l'a vu § 104, toutes les fois que l'état circulatoire varie lui-même. C'est principalement cet ordre, de phénomènes qui ont attiré l'attention des médecins et qui leur ont fait saisir une ressemblance symptomatique entre des affections souvent très diverses par leur siège ou leur cause. Mais si la médecine ancienne a com pris vaguement l'analogie qui existe entre ces différentes affections, elle a été moins bien inspirée lorsqu'elle a cherché à saisir la nature véritable de chacune d'elles. Privée de notions physiologiques, elle fut réduite, pour expliquer les symptômes, à des hypothèses que trop souvent elle a prises pour des réalités.

De tout temps, la chaleur animale a été considérée comme le phénomène vital par excellence ; si l'on remonte aux temps les plus reculés, on trouve l'antique fable du feu dont Prométhée anima sa statue; si Ton redescend jusqu'aux théories médicales de nos jours, on retrouve sous une autre forme la même idée : une combustion incessante produit de la chaleur chez les êtres vivants; à la mort, le foyer s'éteint et le cadavre se refroidit. — De l'hypothèse à la réalité, il n'y avait pas loin ; Lavoisier a démontré l'existence de cette combustion depuis si longtemps soupçonnée.

Mais l'esprit de système a toujours eu pour tendance de s'élancer hors des limites de ce qui est démontré; une logique peu sévère semble permise en médecine, dans cette science où, dit-on, l'exactitude mathématique est impossible. On partit donc de ce principe, que la chaleur se produit chez les être vivants, et l'on admit que cette chaleur est la manifestation directe de la force vitale. En voyant que clans certaines parties du corps la température) s'élève ou s'abaisse, on conclut que dans ces parties la

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