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CHAPITRE XX

DE LA FORME DU POULS DANS LES DIFFÉRENTES ESPÈCES DE FIÈVRES. — DE LÀ CONGESTION. — DE L'iNFLAMMATION.

De la forme du pouls dans les différentes espèces de fièvres. — Du pouls dans l'état typhoïde ; du pouls dans les différentes périodes de la fièvre typhoïde. — Du pouls dans les fièvres éruptives.

De la congestion. — Théories diverses émises sur sa nature; elle s'explique par le relâchement des parois vasculaires. — Rôle du système nerveux dans les congestions.

De l'inflammation. — Confusions qui ont été faites relativement à la valeur de ce mot. — Explication des principaux phénomènes de l'inflammation par un changement survenu dans la contractilité vasculaire : marche des inflammations ; conditions qui empêchent ou favorisent la production de l'inflammation ; étranglement des tissus enflammés ; tendance des inflammations à la guérison spontanée.

§ 137. — Si l'on quitte le point de vue physiologique dans l'étude de la fièvre, pour s'attacher à l'observation clinique des différentes espèces de fièvres, on trouve encore dans la forme du pouls un des éléments les plus importants de la sémiologie. Nul doute que l'emploi du sphygmographe ne permette d'apprécier, relativement à la forme des pulsations, des nuances délicates qui échappent au doigt.

Pour qu'une pareille étude puisse fournir d'utiles résultats, il faudra que le tracé du pouls soit recueilli, pour chacune des affections fébriles, non pas seulement à des intervalles plus ou moins longs, mais chaque jour au moins une fois, pendant toute la durée de la maladie. Dans ces

conditions seulement, on pourra saisir les modifications qu'éprouve graduellement la forme du pouls à mesure que l'état circulatoire se modifie lui-même. Le tracé du pouls prend des caractères spéciaux suivant que la maladie tend à la guérison ou à la terminaison funeste; il varie aussi dans le cours d'une môme maladie, sous l'influence de ces états qu'on appelle les crises. Est-il besoin de dire que l'action de la plupart des médicaments fait également changer la forme du tracé, ce qui vient encore ajouter à l'étude du pouls des complications nouvelles.

Nous avons recueilli un grand nombre de tracés du pouls dans les maladies fébriles, mais l'impossibilité où nous étions de nous livrer à l'étude méthodique et prolongée dont nous venons de signaler la nécessité, fait que toutes nos expériences sur ce point sont, pour ainsi dire, non avenues. De plus, certaines espèces de fièvres ne peuvent être observées que dans des localités particulières: ainsi les fièvres paludéennes, la fièvre jaune, etc. Il faut donc attendre que des médecins placés dans des conditions favorables nous fournissent sur ce sujet les docuînents'qui font défaut. — Quant aux affections fébriles qui régnent dans nos pays, si nous ne pouvons présenter un tableau complet des formes du pouls aux différentes époques de ces maladies, nous aurons à signaler cependant quelques faits qui nous ont paru dignes d'intérêt.

Forme du pouls dans l'état typhoïde.

§138.-11 ne faudrait pas croire que la maladie spéciale qui a reçu le nom de fièvre typhoïde présente une forme du pouls qui lui soit exclusive. A côté de celle maladie, dont

le caractère anatomique consiste en une altération des plaques de Peyer, les pathologistes en ont groupé d'autres qui, sous le nom (Yélat typhoïde, présentent des phénomènes généraux assez analogues à ceux de la fièvre typhoïde proprement dite. Certaines pneumonies, les érysipèles graves, l'infection purulente, certaines formes de la fièvre puerpérale, etc., présentent le faciès, l'abattement des forces musculaires, le délire qu'on observe dans la fièvre typhoïde; comme elle aussi, ces maladies présentent, du côté de la circulation, des troubles particuliers. C'est sans doute pour cette raison que la forme du pouls est très analogue dans ces différentes affections, ainsi qu'on en pourra juger par les tracés suivants.

La figure 100 représente le pouls dans une fièvre typhoïde franche, arrivée au douzième jour, '

Fig. 100. — Fièvre typhoïde.

La figure 101 est recueillie sur un malade atteint de

Fig. 101. — Pneumonie typhoïde.

pneumonie typhoïde. — L'existence de crachats rouillés, de souffle et de râle crépitant avait établi le diagnostic de la pneumonie ; en même temps, il existait du gargouillement dans la fosse iliaque droite, de la diarrhée, une grande prostration ; il y avait eu, au début de la maladie, des épistaxis; mais le ventre ne présentait pas de taches rosées lenticulaires.

La figure 102 est prise sur un homme amputé des deux

Fig. 102. — Infection purulente.

jambes; un frisson violent avait existé quelques heures avant notre examen, ce qui avait fait admettre chez ce malade un début d'infection purulente. Ce diagnostic se confirma.

La figure 103 correspond à un cas de fièvre puerpé-

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Fig. 103. — Fièvre puerpérale.

raie, avec des signes de phlébite utérine probable, l'état typhoïde était très prononcé.

La figure 10li est le pouls d'une malade atteinte d'éry-

Fiç. 104. — Érysipèle grave.

sipèle de la tête, accompagné de délire et de prostration.

On voit, par la ressemblance que ces différents tracés présentent entre eux, que le pouls possède à peu près les mômes caractères dans toutes les maladies qui s' accompli gnent d'état typhoïde. Quelques différences existent, il est vrai, dans la forme du dicrotisme, dans son intensité et dans l'amplitude du tracé; mais ces différences sont trop faibles et nous ont paru trop peu constantes pour qu'on puisse les utiliser comme éléments de diagnostic. La principale conclusion qu'on doive tirer de l'examen de ces tracés si analogues entre eux, c'est que, chez ces différents

malades, il existait dans l'état de la circulation des analogies très grandes, comme il s'en- trouvait du reste du côté des autres fonctions. Une telle ressemblance dans les symptômes semble justifier l'emploi de médications analogues dans le traitement de ces différentes maladies,

Du pouls aux différentes périodes de la fièvre typhoïde.

§ 139. — Le tracé que nous avons reproduit figure 100 ne saurait être pris comme type absolu du pouls dans la fièvre typhoïde, car du commencement à la fin de cette maladie, l'état de la circulation présente des changements nombreux auxquels correspondent autant de changements clans la forme du pouls. Nous rassemblons ici plusieurs tracés recueillis sur le même malade à différents intervalles.

Fig. 105.

Fig. 106.

Fig. 107.

Fig. I0S.

Fig. 110.

La modification la plus frappante, c'est la multiplicité des rebondissements de chaque pulsation au moment où le pouls devient plus rare.

Il n'y a cependant pas un rapport absolu entre la fréquence du pouls et la forme que présente chaque pulsation. On voit, dans certains cas, un léger rebondissement qui se produit entre deux autres; c'est une sorte de petite ondulation qui s'insinue entre deux ondulations plus fortes, ainsi que cela se voit nettement sur la figure 110. Cette petite ondulation peut n'avoir qu'une existence très courte : tantôt elle disparaît et tantôt elle grandit. Dans ce dernier cas, elle peut acquérir le volume des ondulations entre lesquelles elle a pris naissance; il se produit alors une pulsation à triple rebondissement, comme cela se voit, figure 109. De patientes recherches pourront seules faire connaître la valeur pronostique de chacun de ces changements qui surviennent dans la forme du pouls. Nous n'avons jusqu'ici rencontré les types qui sont représentés, figures 109 et HO, que dans des cas qui se terminaient par la guérison ; mais nous ne saurions rien affirmer au sujet de leur valeur.

Du pouls dans les fièvres éruptives.

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