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Fig. 164.— Pouls sur le schéma sans anévrysme.
Assurément, il existe de grandes différences entre le tracé fourni par l'anévrysme factice et celui qu'on voit figure 163. On doit toutefois reconnaître que le fait dominant que nous voulions vérifier s'est bien reproduit, afc qu'une seconde ondulation, précédée d'un abaissement brusque de la pression sanguine, existe dans les deux tracés 163 et 165.
Fig. 165. — Pouls sur le schéma avec anévrysme.
c. Effets que produisent sur le pouls la compression et le relâchement
de la tumeur.
§ 175. — Nous n'avions pas songé, dans nos premières observations, à rechercher quelle influence exerce sur le pouls la compression d'une tumeur anévrysmale. Ce n'est que dans le dernier cas d'anévrysme soumis à notre examen que nous fîmes cette expérience.
La tumeur est comprimée pendant la première moitié du tracé (fig. 166), puis elle est relâchée brusquement. Rien de plus facile que de comprendre la cause des modifications qui se sont produites clans la forme du pouls.
Fig. 166.
En comprimant l'anévrysme, on expulse une partie de son contenu dans les artères, et l'on y élève la tension , d'où le niveau plus élevé du tracé. Quand la compression cesse, la tension artérielle s'abaisse par suite du reflux du sang dans la poche. — Notons ici que l'amplitude du pouls est également très modifiée; elle faiblit quand la tension est forte, par suite de la compression de ranévrysme; elle augmente dès que la tension est plus faible (voy. § 67, l'influence de la tension artérielle sur la iorce du pouls).
Cette modification que produit la compression des tumeurs anévrysmales pourra rendre de grands services dans le diagnostic, lorsqu'une tumeur soulevée par les battements d'une artère simulera un anévrysme véritable. — La compression d'une tumeur solide ne peut agir qu'en comprimant l'artère sous-jacente, de sorte
qu'en faisant diminuer la force du pouls, elle produira l'abaissement du niveau du tracé. Lorsqu'on cessera cette compression, si les pulsations prennent de la force, on verra en même temps s'élever le niveau du tracé. — Il y a donc opposition entre les effets que peut produire la compression d'un anévrysme et ceux qui résultent de la compression d'une tumeur solide reposant sur une artère.
d. De l'existence du pouls différent aux deux radiales, dans le cas d'anévrysme de l'aorte.
§ 176. — Ce signe est indiqué par tous les auteurs comme l'un des plus importants pour le diagnostic des anévrysmes. Nous allons en présenter quelques exemples bien tranchés. — Il ne faut pas, dans ces tracés, se préoccuper delà forme particulière du pouls; dans les types qui sont représentés ci-dessous, nous croyons qu'on doit admettre en môme temps que l'anévrysme l'existence d'une maladie de l'orifice aortique (insuffisance des valvules sigraoïdes).
Les figures 161 et 162 nous ont déjà présenté des types de pouls différents aux deux radiales ; en voici quelques autres.
ïg. 167. —
Radiale gauclie (1
cr cas).
Fig. 1G8. — Radiale droite (1er cas).
Fig. 169. — Radiale gauche (2° cas).
Fig. 170. — Radiale droite (2° cas).
Fig. 171. — Radiale gauche (3e cas).
Fig. 172. — Radiale droite (3"= cas).
Fig. 173. — Radiale gauche (4e cas .
Fig. 174. — Radiale droite (4e cas).
Dans les tracés figures 1 73 et il h, la différence du pouls aux deux radiales est très peu sensible; elle se borne à une inégalité dans l'intensité du dicrotisme qui est plus faible à gauche*
Dans la plupart des cas précédents i le doigt avait grand'-peine à sentir cette différence du pouls aux deux radiales, sauf dans le cas représenté figures 167 et 16&.
DES TUMEURS VASGULAIRES PULSATIVES. /l63
On conçoit que l'emploi du sphygmographe puisse être d'une grande utilité lorsque la différence des caractères des pulsations d une radicale à l'autre est peu tranchée.
Comme l'autopsie des malades qui ont fourni ces tracés n'a pas été faite, nous ne pouvons déterminer à quelle cause tient la différence du pouls aux deux radiales. Cette différence est-elle due à la position de l'orifice de l'anévrysme avant ou après l'émergence de tel ou tel vaisseau? Tient-elle à une compression directe exercée par la tumeur sur l'une des sous-clavières? C'est ce qu'il est jusqu'ici impossible de déterminer.
Quoi qu'il en soit, l'existence du pouls différent aux deux radiales est un signe précieux pour le diagnostic des anévrysmes, surtout dans certains cas dont il sera question à propos de l'insuffisance aortique.
Des tumeurs vasculaires pulsatîvcs.
§ 177. — On adonné ce nom à des tumeurs érectiles dans lesquelles les vaisseaux artériels sont assez volumineux et assez abondants pour y produire un mouvement d'expansion plus ou moins prononcé, synchrone au pouls des artères. Des tumeurs vasculaires pulsatives se rencontrent aussi dans le cancer hématode du tissu osseux. Dans ces deux sortes d'affections, le mouvement d'expansion est produit évidemment par l'addition des battements de toutes les artérioles qui font partie de la tumeur» On voit dans la figure 175 un exemple de ces pulsations recueilli Sur un fongus hématode du tibia.
Fig. 175.
On peut supposer que la forme du pouls ne sera pas toujours la même dans les différents cas de tumeurs érectiles; en effet, suivant que les vaisseaux qui fournissent les battements seront plus ou moins volumineux, ils devront présenter des pulsations plus ou moins semblables à celles des grosses artères. En un mot, la transformation du pouls sera plus ou moins parfaite, suivant le diamètre de ces vaisseaux. — Si ce n'est là qu'une conjecture ; du moins présente-t-elle une grande probabilité, d'après ce que l'on sait de la régularisation de plus en plus parfaite de la pression artérielle dans les vaisseaux de calibre décroissants. 11 sera donc intéressant de rechercher la forme de ces battements dans différents cas de tumeurs vasculaires pulsatives (1).
(1) Des mouvements très analogues à ceux des tumeurs vasculaires sont ceux que présente le cerveau lorsque la paroi crânienne est perorée par un fongus de la dure-mère, ou chez l'enfant, lorsque les fontanelles ne sont pas encore ossifiées. Le professeur Duchek (de Vienne), qui a publié un travail sur les applications de notre instrument (*), a donné une figure qui représente les battements des fontanelles chez un enfant de dix ans : nous reproduisons (fig. 176) ce tracé curieux.
Fi-. 176.
On voit que deux ordres distincts de courbes se*produisent dans cette figure. Les unes tiennent aux influences de la respiration et aux changements qu'elle amène dans la pression du liquide céphalo-rachidien; elles portent exclusivement sur la ligne d'ensemble du tracé. Les autres correspondent aux pulsations artérielles; celles-ci présentent à un haut degré la transformation particulière} aux anévrysnies et aux tumeurs érectiles. N'est-il pas naturel, en effet, que le cerveau se com-
(*) Œstcrrcich. med. Jahrb., 18C2, p. 69.