CHAPITRE XXV
DES BRUITS DE SOUFFLE QUI SE PASSENT DANS L'APPAREIL CIRCULATOIRE (SUITE).
4° Des bruits de souffle dans les anévrysmes. — Leur reproduction schématique ; importance de l'élasticité de la poche anévrysmale pour la production des bruits ; expériences. — Des bruits de souffle dans l'anévrysme artério-veineux. — Reproduction schématique de ces bruits avec tous leurs caractères et avec les modifications que leur impriment les changements d'attitude.
5° Des bruits de souffle dans les maladies du cœur. — Classification de ces bruits d'après l'instant auquel ils se produisent à chaque révolution cardiaque, d'après leur siège et leurs caractères particuliers.
Des bruits de souffle dans les anévrysmes.
§ 188. — Les conditions que nous connaissons déjà se rencontrent dans les anévrysmes, et rendent compte de la production des bruits de souffle de différents caractères qu'on rencontre sur ces tumeurs.
Expériences. — Lorsqu'une ampoule est placée sur le trajet d'un tube., et qu'un courant rapide de liquide la traverse, ainsi que cela peut se faire au moyen du schéma, on entend un bruit de souffle, si l'on ausculte cette ampoule. Mais le plus souvent, lorsqu'on se sert d'une ampoule inerte, de verre, par exemple, il ne se produit pas de bruit (1). — Si l'on remplace alors l'ampoule de verre
(1) Dans un précédent travail, nous avions été conduit à nier l'exil tence de bruit de souffle dans les ampoules de verre, mais Chauveau nous a fait entendre des bruits de souffle dans ces conditions. Il faut bien admettre, du reste que le verre possède une certaine élasticité sans quoi 1 incompressibilité des liquides ne permettrait pas la production h! v.brations dans une ampoule absolument rigide P^Uon de
par une autre de caoutchouc, de même forme et de même volume, un bruit très fort se produit sans qu'on ait modifié la force des impulsions du liquide dans la circulation du schéma.
Comment expliquer celle action favorable de l'élasticité de la poche pour la production des bruits de souffle? ■— On va voir qu'elle tient à un accroissement de ta vitesse avec laquelle le liquide afflue dans l'ampoule à chaque systole ventriculaire, lorsque cette ampoule est élastique.
Pour qu'un courant rapide se produise en un point du système circulatoire, il faut qu'en ce point la force impulsive augmente , ou que les résistances diminuent. Or, nous avons dit que rien n'a été changé dans l'intensité de la force impulsive, c'est donc une diminution dans la résistance qui s'est produite. On sait déjà que dans un réservoir élastique les liquides pénètrent avec une grande facilité, parce que les parois se laissent distendre, et créent peu d'obstacle à l'afflux. Cette proposition a été longuement démontrée (§ 37) , à propos de l'élasticité artérielle, et de son rôle pour diminuer les résistances au devant du cœur. Dans Fanévrysme, la même chose se produit. Au moment de la pulsation artérielle, quand la pression augmente dans l'artère, le sang se précipite dans la poche anévrysmale avec une grande rapidité, si cette poche est élastique. Si, au contraire, elle est inextensible, la progresion du sang ne sera pas plus rapide que si le vaisseau avait conservé son calibre dans toute son étendue; car l'ampoule, au lieu de céder devant l'afflux du liquide, n'en recevra qu'à la condition qu'il s'en écoule une égale quantité par l'ouverture de sortie.
L'élasticité de l'ampoule produira donc à l'orifice d'entrée de l'anévi'ysuie une transition brusque -entue la