BRUITS DE SOUFFLE DANS LES MALADIES DU COEUR
une sorte de symétrie frappante. Chacun de ces bruits, qu'il soit systolique ou diastolique, peut être produit par un courant en sens direct ou par un courant rétrograde ; il peut exprimer, dans les deux cas, le rétrécissement d'un orifice ou l'insuffisance d'une valvule. On va voir comment l'auscultation permet de déterminer si un bruit correspond à la systole du ventricule ou à la diastole.
§ 193. — Les développements dans lesquels nous sommes entré (§ 33) relativement à la détermination des bruits normaux du cœur nous permettent d'exposer rapidement les principes de l'auscultation dans les affections valvulaires. Lorsqu'on ausculte le cœur d'un malade, on n'a pas d'autre but que de déterminer, d'après les points de repère physiologiques, à quel moment arrrive un bruit de souffle, et quel est le point où il se produit.
Or, on a vu que la pulsation cardiaque, ou choc du cœur, est le point de repère qui permet de signaler le début de la systole ventriculaire. — Lors donc qu'un bruit de souffle commencera avec la pulsation cardiaque, ce sera un bruit systolique. Lors, au contraire, que le souffle arrivera à la place du second bruit, il sera diastolique.
Non-seulement la pulsation cardiaque, mais aussi les bruits normaux du cœur servent à déterminer l'instant où se produit un souffle ; ces bruits normaux, en effet, sont rarement supprimés lorsqu'il existe un bruit anormal ; ce dernier les masque parfois d'une manière plus ou moins complète, mais souvent il ne fait que s'ajouter à eux.
Lorsqu'on a déterminé si un bruit de souffle est systolique ou diastolique, il faut encore, pour compléter le diagnostic, savoir s'il s'agit d'un bruit de rétrécissement
Mil APPLICATIONS A LA PATHOLOGIE.
ou d'un bruit d'insuffisance; si la lésion porte sur un orifice artériel ou sur un orifice auriculo-ventriculaire. Ces deux notions s'obtiennent du même coup. — En effet, si l'on a déterminé qu'un bruit est systolique, et si l'on reconnaît en outre qu'il siège à un orifice artériel, ce ne peut être qu'un effet du rétrécissement de cet orifice. Réciproquement , si le bruit systolique appartient à un orifice auriculo-ventriculaire, il indique l'insuffisance de la valvule- Or, pour déterminer à quelle sorte d'orifice un bruit se passe, on a recours aux caractères tirés du siège de ce bruit, absolument comme on le fait pour les bruits normaux du cœur. Les bruits de souffle s'irradient quelquefois dans une assez grande étendue, mais ils présentent cependant un maximum d'intensité variable suivant l'orifice qui donne naissance au bruit. Ces maxima sont à peu près les mêmes que ceux qui existent pour les bruits normaux (voy. §33). Un souffle auriculo-ventriculaire s'entend avec son maximum d'intensité à la pointe du cœur ; un souffle de l'orifice artériel ou de celui de l'artère pulmonaire présente son maximum à la base du cœur, c'est-à-dire au même point que le maximum d'intensité du deuxième bruit normal (1) ; en outre , il se propage dans les artères du cou.
g 164. — Le timbre et l'intensité des bruits de souffle
(4) Telles sont les opinions le plus généralement adoptées relativement au siège des bruits anormaux du cœur. Ces opinions sont vraies dans la plupart des cas, mais il ne faudrait pas les croire absolument rigoureuses. On verra, par exemple, que, dans le rétrécissement aortique, il existe souvent, à la pointe du cœur, un maximum d:intensité du bruit, ce qui pourrait faire croire à la coexistence d'une insuffisance de la valvule mitrale.