‹ Physiologie médicale de la circulation du sang [electronic resource]Chapitre 76 sur 114 · BRUITS DE SOUFFLE DANS LES MALADIES DU COEUR · texte numérisé non relu

BRUITS DE SOUFFLE DANS LES MALADIES DU COEUR

cardiaques sont encore de bons caractères pour les distinguer. Les bruits systoliques peuvent être forts et rudes, exprimant ainsi l'énergique pression qui leur donne naissance, c'est-à-dire la systole ventriculaire. Les bruits diastoliques sont moins forts en général. En effet, le sang qui rentre dans le ventricule n'est poussé que par une tension plus faible : celle de l'aorte, ou celle de l'oreillette distendue par l'accumulation du sang; à cette force s'ajoute, à un certain moment, celle qui résulte de la systole auriculaire elle-même. — En somme, les bruits de l'insuffisance aortique présentent en général une grande douceur ; les bruits du rétrécissement mitral sont ordinairement beaucoup plus rudes, sans atteindre en général l'intensité des bruits systoliques.

§ 195. — Tout bruit de souffle présente une décroissance dans son intensité, du commencement à la fin. Cette règle s'applique aussi bien aux bruits produits par les anévrysmes qu'à ceux qui ont pour siège les orifices du cœur; dans tous les cas, l'affaiblissement du bruit tient à la même cause, c'est-à-dire à l'affaiblissement de l'inégalité de tension, et par suite à la diminution de vitesse du jet de liquide qui traverse l'orifice. — Ainsi, dans une insuffisance aortique, le souffle aura son maximum d'intensité au début de la diastole ventriculaire, c'est-à-dire au moment où la tension est très forte dans l'aorte et très faible dans le ventricule; à mesure que le ventricule s'emplira et que l'aorte, se vidant des deux côtés à la fois, perdra de sa tension, le bruit deviendra plus faible et finira par s'éteindre tout à fait. On comprend que dans les autres affections cardiaques, l'affaiblissement graduel du bruit de souffle puisse s'expliquer de la même manière. — Peut-être doit-on faire une exception pour certains

cas de rétrécissement de l'orifice auriculo-ventriculaii e ; il semble, en effet, que vers la fin de la diastole du ventricule, on entend un léger souffle présystolique. On peut se rendre compte de la production de ce bruit par la contraction de l'oreillette. Nous aurons à revenir sur ce sujet.

Quant aux souffles qui se produisent dans les affections du cœur droit, ils sont très rares, à tel point que les seules probabilités font qu'on rapporte naturellement au cœur gauche toutes les altérations d'orifices qui donnent naissance à un bruit de souffle. Cependant la position des maxima d'intensité des souffles est un peu différente suivant que la lésion porte sur le cœur droit ou sur le cœur gauche. Ainsi, un souffle qui se passe à l'orifice de l'artère pulmonaire présente son maximum d'intensité plus à droite du sternum que si le souffle se produisait à l'orifice aortique. Dans les affections de la valvule tricuspide, le souffle qui s'observe à la pointe du cœur semble également avoir son maximum plus à droite que dans les affections mitrales. — Ces signes, tirés de la position des maxima d'intensité des bruits, ont peu de valeur; ils ne frappent pas l'observateur au premier abord, mais on les constate parfois lorsque d'autres signes, dont nous aurons à parler plus tard, ont fait supposer l'existence d'une lésion du cœur droit.

C1IA1MTKE XXVI.

Page 1