ORGANIQUE DU COEUR
§ 229. — Il arrive très souvent qu'on rencontre des malades présentant au plus haut degré le faciès des affections cardiaques : il y a chez eux de l'œdème et parfois de Tascite ; le pouls est si petit, qu'on n'en peut apprécier ni les caractères, ni le rhylhme; i\ rauscultalion, les bruits du cœur sont, le plus souvent, marqués par des râles thoraciques, et s'ils ne le sont pas, leur faiblesse et leur fréquence ne permettent de constater qu'un tunuilte dont l'analyse est impossible. — Presque toujours, alors, le diagnostic porté est le suivant : affection organique du C(rur. probablement insuffisance mitrale, avec congestion consécutive du poumon et gène de la circulation tout entière.
L'absence de bruits de souffle n'exclut pas ce diagnostic: car on sait que, le plus souvent, dans la période ultime des maladies du cœur, on ne perçoit plus de bruits de
FAUSSES MALADIES DU COEUR. 5&i
souffle. Leur disparition, à celte époque de la maladie, a été attribuée par Beau à l'afTaiblissemeot des contractions du cœur (asystolie). Tout concourt donc à faire admettre l'existence d'une affectiôa cardiaque très avancée; les reuseignenfents' âur la marche de la maladie potirraient seuls, dans certains cas, faire éviter l'erreur. — A l'autopsie, on trouve les oriGces du cœur parfaitement sains, les cavités droites dilatées, l'artère pulmonaire égale* ment très large, et dans le poumon un emphysème très prononcé. C'est par cette lésion pulmonaire que la maladie a commencé. La gêpe respiratoire, ou peutrfttre la lésion même du poumon, a cféé un obstacle ail passage du sang à travers cet organe. Dès lors hypertrophie et dilatation du cœur droit et de l'artère pulmonaire. L'obstacle devenant graduellement plus complet, il s'en est suivi larrèt de la circulation et la mort.
Un autre point de ressemblance entre cette affection et les altérations des orifices du cœur, c'est l'existence d'attaques ou paroxysmes souvent éloignés de plusieurs années les uns des autres, et dans lesquels les phénomènes de cyanose, d'œdème et de dyspnée se produisent avec les Diômes caractères. En général, la gravité des symptômes va toujours en croissant de la première à la dernière de ces attaques.
Enfin, dans certains cas de ce genre, on entend un souffle systolique d'insuffisance auriculo-ventriculaire. Ce souffle nous semble se former à la valvule tricuspide rendue insuffisante par Ténorme dilatation du cœur droit. Comment alors éviter Terreur, et diagnostiquer autre chose qu'une affection valvulaire du cœur?
Le pouls, qui u'est plus guère sensible au toucher, four* nit à l'instrument un tracé qui présente une valeur très
grande, car il est presque caractéristique de la maladie qui nous occupe. Voici plusieurs types de cette forme de pouls.
Fig. 226.
Fig. 227.
Ce pouls est réfçulier, quoique la ligne d'ensemble du tracé présente souvent des ondulations très marquées. La pulsation est très petite, mais en général bien formée; sa forme est assez caractéristique pour que nous ayons pu, dans un grand nombre de cas, })orler le diagnostic à sa seule inspection.
De la fréquence du pouls dans les maladies pulntonaires.
§ 230. — Il semble que toutes les fois que la circulation pulmonaire est entravée et qu'un obstacle existe sur le trajet des vaisseaux du poumon, la fréquence du pouls soit augmentée. Il y a donc une contradiction apparente dans la façon dont agissent les obstacles au cours du sang, suivant qu'ils siègent sur le trajet de la grande circulation ou sur celui de la petite. — Mais, lorsqu'on songe qu'un obstacle situé sur le trajet de la circulation pulmonaire amène la distension du système veineux, et yàv conséquent la déplélion du système artériel, on conri)il que le cœur gauche doit se contracter très vite. En effet.