TRACÉ DU VENTRICULE GAUCHE
nients à ceux de sa congénère. Nous pouvons toutefois juger du moment précis de sa contraction, d'après le tracé du ventricule gauche. On a vu, en effet, à propos des mouvements du cœur droit, que la contraction de Toreillette se traduit instantanément dans le ventricule par une élévation de la pression, et, dans le tracé, par une petite ondulation (/^, (ig. 8). Cette ondulation existe aussi dans la Ggure 1 0 et se trouve également nette dans les deux veri- Iricules. De part et d'autre, elle arrive au même instant. Le sym^hronisme des contractions des deux oreillettes se trouve donc établi comme celui des deux ventricules.
La première différence qui frappe, lorsqu'on compare les deux tracés des ventricules, c'est leur inégale hauteur (ou amplitude). Cela indique, pour le ventricule gauche, une plus grande énergie, puisqu'il soulève plus haut le levier de l'appareil (1). Nous reviendrons plus tard sur cette inégalité dans la force des deux ventricules, en donnant une mesure exacte de l'énergie de chacun d'eux.
I^ forme des deux courbes ventriculaires présente également des différences intéressantes à signaler: l'une porte sur le sommet de la courbe systolique, l'autre sur la clôture des valvules sigmoïdes.
La contraction du ventricule droit arrive dès le début à son summum; elle décline ensuite graduellement jusqu'à ce que le relâchement complet arrive. En effet, dans le tracé du ventricule droit, le maximum m se trouve dans la première partie de la durée systolique. Dans le ventricule gauche, au contraire, la contraction va toujours en augmentant d'énergie pendant toute la durée de la systole^
(t) Rappelons, en outre, que Tampoulc du ventricule gaucho est moins sensible que celle du cœur droit.
de sorte que le maximum nt! se trouve près de la fin de la période systolique (1 ).
Quant à la clôture des valvules sigmoïdes, on a vu déjà qu'elle se traduit par une ondulation qui survient à la fin du relâchement ventriculaire. Or, on peut voir que cette ondulation est beaucoup plus Taible dans le tracé du ventricule droit, en v par exemple, que dans le ventricule gauche, en v\ Cette différence d'énergie dans le claquement des valvules sigmoïdes droite et gauche est, du reste, très bien en rapport avec la différence d'intensité de la force qui produit ce claquement. En effet, la tension artérielle est beaucoup plus forte dans l'aorte que dans l'artère pulmonaire. Enfin , une inégalité analogue s'observe dans l'intensité des vibrations produites par les valvules auriculo-ventriculaires. C'est une nouvelle conséquence de l'inégale énergie des deux ventricules.
DE LA FORCE STATIQUE DÉPLOYÉE PAR LA CONTRACTION DES DIFFÉRENTES CAVITÉS DU CŒUR, ET EN GÉNÉRAL DE LA PlIESSION QUE SUPPORTE LE SANG DANS CHACUNE D'ELLES, AUX DIVERS MOMENTS D'UNB REVOLUTION CARDIAQUE.
En examinant les tracés cardiographiques représentés figures 8 et 10, on a pu, à première vue, reconnaître si la pression que supporte le sang dans chaque cavité du cœur augmente ou diminue. L'ascension et la descente de la courbe indiquent fidèlement chacune des variations qui surviennent dans cette pression. Mais ce n'est là qu*une
(4) Cette diiïérence de forme se rencontre fort souvent ; cependant on ne sanrait la considérer comme un caractère absolu. Un p:rand nombre de conditions peuvent faire varier la forme de la contraction pour Tun ou pour l'autre ventricule : ainsi les influences respiratoires, letat de la circulation artérielle, etc.
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indication relative incapable de nous fournir la solution du problème poursuivi si longtemps parles physiologistes, depuis Borelli et Haies, jusqu'à Cl. Bernard, Ludwig, etc. Ce problème est le suivant : Quelle est la force statique déployée par le cœur au moment où il se contracte.
§ 23. — Pour résoudre cette question , il fallait soumettre notre cardiographe à une graduation dans laquelle un éialon constant déterminerait la valeur réelle de chaque degré d'ascension de ia courbe. Il fallait, en un mot, faire pour le cardiographe ce qu'on fait pour un thermomètre à échelle arbitraire, lorsqu'on le compare au thermomètre centigrade. C'est le manomètre à mercure qui nous a servi à graduer notre appareil; nous avons déterminé expérimentalement à combien de centimètres de mercure correspondent les pressions qu'il faut appliquer aux ampoules cardiaques pour élever la courbe graphique aux différentes hauteurs qu'elle atteint dans un tracé (1).
Chaque fois qu'une des cavités du cœur se contracte, elle exerce une pression sur le sang qu'elle contient, et par conséquent sur l'ampoule qui baigne dans ce sang. Le degré de pression que supporte alors l'ampoule exprimera donc la force avec laquelle se fait la contraction. Mais on a déjà vu §§ 15 et 16. que, même pendant le repos des cavités du cœur, la pression varie à leur intérieur. Ainsi, elle s'élève à mesure que les oreillettes ou les ventricules se remplissent par le sang qui leur revient des veines. Ce n'est pas tout. Il peut s'exercer à la sur-
(4) L68 expériences d'évaluation de la force du cœur sont fort complexes ; leur exposition détaillée nous conduirait trop loin , aussi n'en donnerons-nous que les résultats les plus essentiels. Pour le reste, nous renvoyons le lecteur à l'exposé complet des expériences de cardiographie que noos avons faites avec M. Chanvean.
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face du cœur des compressions ou des aspimlious qui réa* gissent sur la pression du sang contenu à son intérieur. Une distinction capitale doit donc être posée avant tout. Il y a pour chaque cavité du cœur des pressions aciivesy celles qui tiennent à sa contraction, et des pressions pas* sites; parmi ces dernières, les unes sont intérieures, elles dépendent de Tabord du sang, les autres sont extérieures, et dépendent de l'état de raréfaction ou de compression du milieu dans lequel le cœur se trouve plongé*
Pressions iMisalves.
a. Pressions passives intérieures.
§ 2h. — Quand une ampoule est introduite dans le cœur, quelle que soit la pression indiquée par le levier, on augmentera cette pression, si Ton enfonce Tampoule plus profondément; on la diminuera, si on la retire. Cet effet tient à ce qu'on fait varier la charge du sang qui presse sur Tampoule. Pareil phénomène se produit, si Ton plonge celle ampoule dans un seau d'eau, suivant qu'on renfonce dans le vase ou qu'on la ramène à la surface.
§ 25. — Quand l'ampoule est en un point flxe d'une cavité du cœur, pendant le relâchement de cette cavité, la réplétion s'opère. Le sang, après avoir gonflé le ventricule et roreillette, gonfle également les veines afférentes; il constitue ainsi une colonne liquide d'une hauteur crois^ santé, et dont la charge, croissante elle-même, se traduit par l'élévation graduelle du tracé. — Si Ton veut pousser à ses dernières limites cet eflet de la réplétion du cœur et des veines, il faut arrêter la contraction des ventricules en galvanisant les pneumogastriques. Dans des expé-