DE LA CONTRACTILITÉ ARTÉRIELLE
contraction et le relâchement de ces vaisseaux ; il a fait voir que les filets du grand sympathique produisent, quand on les excite, la contraction des capillaires, ralentissent la circulation de la glande et tarissent sa sécrétion; tandis que des filets émanés des nerfs spinaux ont une action tout opposée : c'est-à-dire quMIs produisent, quand on les excite, la dilatation des vaisseaux, qu'ils accélèrent la circulation de la glande et activent la sécrétion.
Ces changements de la circulation dans les glandes, sous rinfluence d'une action nei*veuse, nous donnent la clef de phénomènes connus depuis longtemps, mais qui
inlroduite par Thomson, a élé répétée après lui par un grand nombre d*au leurs.
II est donc important d'être bien fixé sur ce point :
Quel est V effet de la dilatation ou du resserrement des vaisseaux sur la quantité du liquide qui les traverse?
Les lois physiques appliquées à la solution de ce problème de physiologie nous apprennent que le resserrement des vaisseaux, créant par les frottements un obstacle au cours du sang, le ralentira. Pour les tubes capillaires , la loi est ainsi formulée par Poiseuille : Vécoulement est proportionnel à la quatrième puissance des diamètres des tubes traversés. Go conçoit, d'après cela, que la dilatation dos capillaires laissera le sang passer plus facilement dans les veines ; réciproquement, la contraction des capillaires créera un obstacle à ce passage, et le ralentira. Un grand nombre de physiologistes admettent, au contraire, que la dilatation des capillaires retarde le cours du sang, et que leur contraction l'accélère.
Voici la cause qui a fait croire que la contraction des vaisseaux accélère la circulation. SI un tube offre des renflements et des resserrements ^ c'est dans les points resserrés que le liquide coule le plus vite. Ce fait est parfaitement vrai; mais voyons ce qu'il signifie. Chaque segment da tube, lorsque Técoulement est établi, doit laisser passer une quantité de liquide égale, quel que soit son diamètre; il s^ensuit que les molécules liquides devront marcher plus vite là où elles ne peuvent passer que successivement, à cause de Tétroitesse du tube , tandis que dans les points plus largos, où plusieurs peuvent passer de front , elles auront mdins de vitesse. Mais, en somme, la quantité de liquide qui s*écoule par le tube est diminuée par ce rétrécissement. Il ne faut donC pas
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n'avaient pas reçu d'explication : ainsi Tétat oongeitif de la muqueuse de l'estomac pendant la digestion et la sécré» tion du suc gastrique ; ainsi la dilatation des vaisseaux de la mamelle pendant la lactation, de la vulre pendant le rut cbex les femelles de certains animaux. D'autres fois la circulation est modifiée dans sa rapidité et abondance, sur une certaine étendue des téguments, voyons- nous la face rougir ou pâlir subitement soua une influence nerveuse, une émotion, par exemple* Ailleurs une cause agissant directement sur les tissus change loca* lement Tétat circulatoire. L'influence du froid fait rei« serrer les vaisseaux, la chaleur les relâche. Certains agents chimiques ont des influences analogues : les uns font contracter les vaisseaux, les autres les font relâcher comme Tout observé Thomson, Wilson, Hastings, Raltenbronner, etc., examinant dans le champ du microscope des membranes transparentes sur lesquelles ils faisaient agir des solutions de difiërentes substances. Dans ces expé«» riences et dans bien d'autres encore, on put voir que la contractilité de l'élément musculaire des vaisseaux peut être mise en jeu : l"" par des influences nerveuses ; S"" par des actions directement portées sur le tissu contractile.
confondre raccéléraUon du mouvement de chaque molécule en un point avec l'accélération de l'écoulement lui-môme.
Sans doute, beaucoup de physiologistes ont dû faire cette distinctioni mais la plupart ont considéré avec Thomson le resserrement des vais* seaux comme une cause de circulation plus active.
Hastings a considéré les vaisseaux dilatés comme faisant obstacle au cours du sang, et a admis dans ces cas une force plus grande des artères pour vaincre cet obstacle. L'erreur passa bientôt dans la pathologie, et des cliniciens allèrent jusqu*à admettre que la dilatation de Taorte fait obstacle au cours du sang qui sort du cœur. Terminons en concluant que la contractilité constitue la force par laquelle les vaisseaux peuvent régler la quantité de sang qui circule à leur intérieur.
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Les tissus coDtractiles de la vie organique se comportent donc en définitive d'upe manière analogue à ceux de la vie animale : ils obéissent tous deux, tantôt à une influence nerveuse, tantôt à une action qui agit directement sur eux.
De tous les faits que nous vepons de passer eu revue, il résulte que les voies par lesquelles le sang s'écoule des firtères dans les veines sont susceptibles de grandes varia*r lions dans leurs diamètres, et en conséquence, que la faci* lité du passage du sang des artères dans les veines est susceptible elle-même d'un grand nombre de variations.
Si l'on veut bien comprendre comment les variations de la contractiljté des artères agissent pour augmenter ou diminuer le calibre des vaisseaux, et par conséquent la rapidité du courant sanguin qui les traverse, il faut admettre avec J« Hunter (1) et Henle (2) que dans l'état normal de la circulation, les vaisseaux sont contractés avec une certaine énergie, ce qui leur assigne un calibre déterminé (un diamètre moyen). — Si la contractilité diminue» les vaisseaux, cédant à la pression intérieure du sang, se laissent dilater à des degrés variables, suivant que leur force contractile est plus ou moins diminuée. — Dans les cas où leur force contractile sera tout à fait supprimée, les vaisseaux n'auront d'autre limite à leur distension que pelle que leur assigne la force élastique de leurs parois. •^Si la contraction des artérioles est au contraire plus grande qu'à l'état normal, leur calibre diminuera et deviendra inférieur au diamètre moyen, car la pression intérieure du sang ne suiBra plus pour lutter contre la force de retrait du système vasculaire. Ces vaisseaux deve-
(4) J. HuDter, Traité du sang et de VinHammalion, trad. de Richelot, p. 4 98.
(t) Heole, Jffiieyel. anal., Àna$. gén.y t. II, p. 64.
nant plus étroils, se laisseront traverser plus difficilameDt par le courant qui va des artères aux veines.
De \n lensioo artérielle.
§ AO. — Ce que nous avons dit du rôle de réiastîcilé des artères montre que l'action impulsive du cœur se transforme dans ces vaisseaux en une autre force qui a pour caractère d'être plus constante, et qui a pour origine le retrait des artères distendues au moment de Tarrivée de chaque ondée nouvelle. Cette force a reçu le nom de tension artérielle. Il est important de bien se rendre compte de la manière dont elle se produit.
Supposons que le système artériel soit vide de sang et pour ainsi dire affaissé sur lui-même. Qu'à ce moment le cœur se mette à battre, de manière à envover dans les artères des ondées égales en volume, en force impulsive et revenant à intervalles réguliers. Les premières ondées (|ui pénétreront dans les artères commenceront à les remplir, mais les distendront peu, à cause de la grande capacité que ces vaisseaux offrent dans leur ensemble. Ce sang se logera donc à peu près tout entier dans le système artériel, et il ne s'en écoulera par les capillaires qu'une très petite quantité, parce que la force de retrait des artères sera encore très faible. Mais, à mesure que les artères se rempliront, leur force élastique ou la tendance qu'elles ont à revenir sur elles-mêmes ira en augmentant. Celte force, qui est la tension artérielle, poussera le liquide vers les capillaires avec plus d'énergie que tout à l'heure, et la quantité de sang qui s'écoulera deviendra de plus en plus grande. Par conséquent, la quantité qui restera dans le système artériel, après chaque systole du ventricule, diminuera de plus en plus. I^ tension artérielle ira donc