‹ Physiologie médicale de la circulation du sangChapitre 30 sur 131 · DE LA TENSION ARTÉBIELLE · texte numérisé non relu

DE LA TENSION ARTÉBIELLE

11 suil de là que la décroissance de la tension moyenne dans les vaisseaux est d'autant plus grande que la vitesse du

choses peuvent arriver : ou bien la force égale à 4 00 degrés et la force égale à 50 degrés dureront toutes deux le même temps; alors la force moyenne sera exactement 75 degrés ; ou bien, au contraire, la force 4 00 degrés sera appliquée pendant un certain temps (soit une seconde), et la force 50 degrés pendant un tempe différent (soit deux secondes) : alors la moyenne numérique, qui était exacte tout à l'heure, cessera de l'être, car elle représentera une quantité trop forte.

Ce qu'il importe de connaître, ce n'est donc pas seulement la moyenne numérique ou TintervaUe qui existe entre les maxima et les minima de pression, mais c'est la moyenne dynamique de laquelle seule on>poorra déduire l'effet que cette pression variable produira au point de Yoe du mouvement du sang. On va voir comment le manomètre compensateur donne cette moyenne avec une grande précision .

Expérience (fig. 47). *- Pour shnpliûer les données du problème, fé« duisons le manomètre à un tube vertical TT qui communiqua par un tube ca- ^->pillaire horizontal FF avec • UA entonnoir rempli d*eau .

L'entonnoir R est mis en rapport avec le manomètre au moyen d un long conduit llexibie qui permet de le placer alternative* ment à différents niveaux, en A et en B, par exemple, — Comme c'est on même liquide qui se trouve dans le réservoir R et dans le manomètre TT, si l'on plaçait le réservoir en A, le liquide du manomètre s'élèverait en a sur sa même ligne boriiontale. Réciproquement, en plaçant le réservoir en B, on ferait venir le niveau du manomètre en 6.

On pourra donc, en faisaht passer le réservoir élief hâtivement par lei positions A et B, faire agir sur le manottvètre des pressions variables et donner à chacune d'elles la durée. qâV)n 'voudra, suivant qu'on aissera le réservoir pendant plus ou moins longtemps à chacune de ses iUlioiis A ei B. Powr simpHfler encore la démonstration, noas pren-

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saog est plus grande elie-même. Nous avons constaté que

drons le point B, minimum de la pression appliquée au manomètre, comme égal à zéro.

PftBMiBR CAS. — Lorsque la pression agit el cesse allernalivem§nt peu» dant des temps égaux, le manomètre compensateur a pour niveau la moitié de Vintervalle qui sépare les niveaux maxima et mtntma. (La moyenne dynamique est donc alors égale à la moyenne numérique.)

Supposons que, par suite des résistances que le liquide éprouve dans le capillaire FF, il faille un temps considérable (soit une minute) pour que les niveaux étant en B6, c*est^-dire à zéro, l'élévation du réservoir en À porte le niveau du tube en a. Supposons aussi que le réservoir R reste alternativement une seconde en A et une seconde en B, voici ceqvi se passera :

Daas la première seconde, le réservoir quitte le niveau B pour se porter en A, le liquide du tube s'élève de b en b^ sous l'influence de la pression de la colonne AB; car, puisqu'il faut une minute à ce niveau pour aller de b en a, il ne parcourra pendant une seconde qu'une partie de sa course bbK

Deuxième seconde. Le réservoir redescend en B ; alors la colonne èè' tend à faire revenir le liquide vers le réservoir, mais cela en vertu d'une force bien inférieure à celle que la colonne AB avait tout à l'heure pour effectuer Tascension dans le tube ; aussi lo niveau rcdescendra-t^il seulement en 6^.

Troisième seconde. Le réservoir est de nouveau en A, et élèverait le niveau du manomètre au-dessus de 6^, d'uno quantité égale à 66>, si le poids de la colonne bb'^ ne diminuait celui de AB, de telle sorte que la pression du réservoir n'est plus que la différence entre les niveaux A et V^] aussi la seconde ascension du manomètre sera-t-elle moindre que la première, et le niveau viendra en 6'.

Quatrième seconde. Le réservoir est revenu en B ; la colonne 6fr^ agit pour produire le reflux, et étant plus grande que bb\ produira un reflux plus grand que bb"^ ; ce reflux sera b^b^,

Cinquième seconde. Le réservoir repasse en A, et élève le niveau du manomètre avec une force diminuée de bb^ > 66'^; donc Tascension du manomètre sera moindre que &^6^, ce sera 6*6^.

Pour les secondes successives, on verra donc les ascensions aller en diminuant et les descentes en augmentant, offrant entre elles des différences de plus en plus petites, jusqu'à ce que l'oscillation soit régulière (ses maxima et minima étant fixes).

A ce moment, l'oscillation sera une petite fraction de ce qu'elle eèt

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celte moyenne se comporte absolument suivant les mêmes

élé sans les froUements en F ; en outre, sa moyenne sera aussi celle entre les points a et &.

En effet, lorsque les oscillations seront régulières, et que Fascension et la descente du niveau du tube seront égales, il faudra nécessairement que les forces appliquées du côté du tube et du côté du réservoir soient égales ; elles le seront quand le niveau du tube sera au milieu de ah. Soit M ce milieu. Quand la colonne AB agira pour l'ascension, elle n'aura comme force que la différence de hauteur des niveaux, et comme 6M = 4/2 AB, sa force d'action, pour faire monter le liquide dans le tube, sera égale à celle que &M lui-même aura dans le second instant pour produire la descente, quand le réservoir sera en 6.

Deuxième cas. — Avec Tinslrument précédemment décrit, les hauteurs manomé triques seront proportionnelles au temps pendant lequel la pression agira. C'est-à-dire que la hauteur à laqueHe le manomètre restera avec de petites oscillations régulières sera à la hauteur qu'il aurait, dans le cas d'équilibre, sous la pression continue, comme les temps d'application de la force sont à la durée totale de l'expérience.

Cela revient à démontrer que, si la pression agit pendant deux secondes et cesse pendant une seconde, la hauteur manométrique sera les deux tiers de la hauteur maximum , et que, dans ce cas, la moyenne dynamique ne correspondra plus à la moyenne numérique.

En effet, quand la colonne sera arrivée au point où les oscillations seront régulières (où les ascensions et les descentes seront égales], il faudra que la force qui produit Tascension soit deux fois moindre que celle qui produit la descente. À cette condition seulement, l'inégalité de force compensera celle de durée. Mais la force qui produit Tascension n'est autre chose, avons-nous dit, que l'excès de la hauteur du réservoir 8or la hauteur manométrique. Soit donc N (môme figure) le niveau du manomètre; d'après le théorème précédent la force ascensionnelle sera égale à àS, et 6N sera la hauteur manométrique, ou force qui produit la descente. Ces deux forces, au point de vue de leurs effets, seront dans le rapport de 4 à 2; mais comme l'effet produit par la pression d'une colonne liquide est proportionnel à la hauteur de cette colonne (*), on aura pour les mesures de aN et de 6N la proportion suivante :

oN:6N::4: 2.

Ce qu'il fallait démontrer.

(*) Dans le cas d'écoulement par les tubes capillaires, le produit de Véooulement est proportionnet à la charge (loi de Poiseuille).

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lois qui président à la variation de la pression constante dans des conduits où existe un écoulement continu (l). Ces lois ont été établies par Bernouilli,

Si l'on applique aux différentes artères d'un animal le manomètre compensateur, on peut facilement constater que la pression moyenne de ces vaisseaux est différente, et qu'elle est à son maximum dans les artères les plus rapprochées du cœur.

En résumé :

1* I^ tension moyenne dans les artères va toujours en décroissant à mesure qu'on observe un vaisseau plus éloigné du cœur.

T La décroissance de la tension moyenne dans les artères est d'autant moins rapide que les vaisseaux capillaires, plus contractés, font plus d'obstacle à l'issue du sang artériel. — On peut donc prévoir déjà que la tension et la vitesse du sang dans les artères seront dans un rapport inverse.

3" Il est impossible d'assigner à la tension moyenne d'une artère une valeur absolue, car cette tension varie d'un instant à Taulre avec la rapidité de la circulation périphérique.

Chauveau eut l'idée d'adapter à notre iwanomètrc compensateur un cylindre semblable a celui du kymogrer phion do Ludwig. Cette disposition lui a permis d*enregistr(?r les moyennes de tension que présentent différentes artères inégalement éloignées du cœur. Notre savant ami a pu vérifier ainsi Texactitude de nos pi'opres expériences.

Knfin, Setzchenow (;2) imagina de placer sin* la co-

(1) Ann, deê fcienceê nat, [hc. cit.).

(2) Yoy. CannUUl' 8 Jahehhericht, <S64, p. 126.

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