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DU POULS AORTIQUE

L'expérimentation physiologique avait d'autres exigences. 11 fallait obtenir le tracé, non-seulement du pouls des artères superficiellement situées, mais aussi celui des artères les plus profondes, de l'aorte par exemple. Ce but n'était pas difficile à atteindre, du moment que nous pouvions déjà connaître les mouvements qui se passent dans les différentes cavités du cœur. On va voif, en effet, que des procédés très analogues à ceux de la cardiographie permettent d'enregistrer le pouls de Taorle et celui des gros troncs artériels.

Pour que l'étude du pouls radial soit fructueuse, il faut qu'elle soit basée sur une connaissance parfaite des phénomènes de mouvement du sang, dont le battement de la radiale est un effet assez lointain déjà. Une pareille connaissance ne pouvait être acquise que par un grand nombre d'expériences faites sur les animaux ou sur les appareils schématiques précédemment décrits. Ce sont ces expériences que nous allons exposer, en faiant connaître la disposition spéciale des appareils qui nous ont servi à les réaliser.

Du pouls aorlique.

^ § 53. — Le pouls de l'aorte étant la manifestation des changements qu'éprouve la pression sanguine à l'intérieur de ce vaisseau 9 on pouvait prévoir qu'une ampoule semblable à celle qui termine les sondes cardiaques, étant mise en rapport avec un des leviers du cardiographe et introduite dans laorte, fournirait le tracé fidèle du pouls aortique avec tous ses caractères. L'expérience confirma cette vue : ainsi, en introduisant dans l'aorte une sonde munie d'une ampoule, tandis qu'une autre sonde était dans le ventri^

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cule gauche, nous pûmes obtenir simullanémeot deux tracés (Gg. 33).

I^ tracé supérieur, dans sa première partie, est celoi du ventricule gauche : on le connaît déjà. Le tracé înfé« rieur, dans toute son étendue, représente le pouls de l*aorte. II suiSt de retirer, à un moment donné, la sonde du ventricule gauche, pour que Tampoule de cette sonde passe dans l'aorte et donne le pouls de ce vaisseau : c'est ce qui a été fait dans la figure ci'-contre, ligne n* 1, aa point a. Les deux ampoules se trouvaient alors dans Taorle, et ont fourni simultanément deux tracés parfaitement semblables.

Nous allons montrer que cette expérience fait conntittre, d'une manière très nette, les rapports qui existent entre le pouls artériel et la contraction du ventricule gauche, et qu'elle permet de mesurer comparativement les degrés auxquels s*élève la pression sanguine dans le cœur et dans Taorte.

Ligne i .-^Ce tracé correspond i\ quatre révolutions du cœur; pendant les deux premières, l'appareil enregistra les mouvements du ventricule gauche, et le tracé obtenu ressemble assez parfaitement à celui de la figure 10. A partir du point a, la sonde, retirée du ventricule, se trouve dans l'aorte, de sorte que l'appareil donne le tracé du pouls aortique.

I^a comparaison de ces deux nsoitiés du tracé n* 1 éclaire beaucoup la nature du pouls aortique. ~- Si Ton reconstruit, à partir de la deuxième portion du tracé, la courbe que donnerait Tappareil si la sonde restait dausle ventricule, on obtient le dessin qui est formé par ime ligna ponctuée. On remarque alors que cette courbe et celle du pouls aortique présentent une partie commune 6c, oe qui

utî t'oi'LS AUHTH.1111:. 189

«ve ciu'à ceL instant le ventricule et l'aorte seraient le |e d'une pression semhlablu.

Ir, les explications données procérleniment sur lasigni-

iicatiou du tracé Arentriculaire rendent très bieu compte de cette égalité de pression dans l'aorte et dans le ventricule gauche. A ce moment, en effet, les valvules sigmoïdes de Taorte sont soulevées, de sorte qu'il y a communication complète entre le cœur et le système artériel. De là résulte cette similitude dans l'état des pressions cardiaque et aoi*tique.

Cette communication ne saurait se produire qu'au moment où la valvule mitrale fermée fournit un point d'appui à la pression du sang du ventricule pour ouvrir les valvules sigmoïdes de l'aorte. De plus, elle doit cesser au moment où les valvules sigmoïdes se ferment, car alors le cœur et l'aorte forment deux cavités complètement indépendantes. On va voir que les choses se passent ainsi en réalité : l'interprétation des deux petites ondulations A etc va nous en donner la preuve.

Ligne % — Examinons comparativement les tracés 1 et 2, afin déjuger du synchronisme des différents phénomènes qui se passent dans le cœur et dans Faorte. On voit que la première contraction du ventricule gauche a lieu au moment même où se produit la petite ondulation V (ligne 2), qui est elle-même identique avec l'ondulation b (ligne 1) dont nous parlions tout à Theure.

1^ systole ventriculaire dure donc un certain temps avant d'acquérir le degré d'énergie suffisant pour soulever les valvules sigmoïdes de Taorle; elle n'y peut arriver qu'après la clôture de la valvule mitrale, clôture qui se produit au point t; (ligne 1). Le soulèvement //, qu'on observe dans le tracé de la pulsation, n'est donc que l'effet d'un ébranlement imprimé aux valvules sigmoïdes de 1 aorte, au moment où la valvule mitrale se ferme. L'ouverture des valvules aurtiques n'a lieu que plus tard. *-

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