POULS OBTENU SUR LK SCHÉMA
dans i'iiilérieur du ventricule V et s'ouvre à l'extérieur. On adapte à i'exlrémité inférieure de ce tubo une ampoule élastique semblable à celle qui termine la sondecardiaque gauche (Bg. 9), et l'on met l'extrémité libre du tube l en rapport avec le tube de caoutchouc qui conduit à l'un des leviers du cardiographe.
Cela fait, on introduit dans l'aorte A une autre ampoule munie ^ d'une sonde et communiquant de même avec un des leviers du cardiographe. Cette intro-
duction se fait par lun
des gros troncs artériels qui émanent du tube AA.
Lorsque l'appareil est ainsi disposé et qu'on produit une série de systoles ventriculaires, on obtient un double tracé (fig. 25) qui représente fidèlement les différents éléments des tracés obtenus sur les animaux.
Il est inutile d'insister sur l'analyse de ce nouveau tracé, sa ressemblance avec ceux qui ont été analysés précédemment est assez frappante pour qu'on puisse, au premier coup d'œil, en comprendre les détails (IJ.
{{] Coa:ma c'eut la pri-SBioii de la maio qui produit les xysloles v«ii-
lOii
InOuence de l'ôlal des valvules sur le pouls aorliquc.
§ 55. — Cette expérience fournit, en outre, un nou-
Fig. 35.
veau reuseignoment très précieux relativement à l'action des valvules et à l'effet de leur clôture dans les tracés cardiaques et artériels.
C'est parle raisonnement seul, juscju' ici, que nous avons été conduit à admettre que la clôture des valvules produit, dans les tracés du ventricule et du pouls, les ondulations représentées en v et v\ ainsi qu'en c et c' (fig. 10). On obtient la preuve directe de ce fait au moyen du schéma, en employant comparativement, dans deux exiKîriences successives, des valvules dont la clôture s'accompagne de vibrations plus ou moins prononcé<îs. — Si la valvule sigmoïde VA a peu d'ampleur, elle vient s'appliquer contre le lube de verre sans exécuter d'ondulations très marquées, le titicé du pouls et celui du ventricule ne présenteront dans ce cîis qu'un soubresaut très léger, comme cela existe figure «S5. Mais si les valvules stmt plus lâches, au moment où leurs bords rencontreront le tube de verre, la membrane c^ui les forme se déploiera du côté
triculaircs, il ne faut pa.s h élonruT si elles présentent une certaine irrét^ularité qui influe sur les caractèreii de la pulsation.
du ventricule et exécutera une ondulation très prononcée, ce qui se traduira dans les tracés par un soubresaut beaucoup plus marqué. C'est ainsi que nous avons pu, avec des valvules de laxités différentes, obtenir deux tracés très différents du pouls aoilique :
Fig. 36.
Dans la Qgm*e 36, le tracé supérieur est obtenu avec des valvules assez tendues; le tracé inférieur est fourni par des valvules lâches. On y reconnaît Teffet exagéré de lu clôture des valvules sigcaoïdes.
Du pouls de la carotide et de celui des différentes artères.
§ 56. — Le pouls carolidieu peut s'obtenir, comme celui de l'aorte, au moyen de la sonde cardiaque ; il suiBt de prendre une ampoule de petit volume et de ne renfoncer que jusqu'au point de la carotide dont on veut explorer les battements. Mais, pour les artères d'un petit volume, ou est obligé d'employer un moyen différent, car le calibre de ces vaisseaux ne se prête plus à Tintroduction d'une ampoule. Voici le procédé auquel nous avons eu recours (1).
Au lieu de plonger une ampoule élastique dans un vaisseau, nous faisons arriver le sang à rinlérieur de cette ampoule, de sorte (|ue ce sera son gonflement qui dépla-
(4) C'est encore avec le concours de Chauveau (|uo nous avons e.\''^ • cuté les expériences relatives à l'étude graphique du pouls sur le;» dif^i^* rentes arlëree d*uD che?al.
TS
cera un certain volume d'air et fera mouvoir le levier da cardiographe.
I^ figure 37 représente l'appareil dont nous nous sommes servi pour obtenir le pouls des différentes artères d'un animal. — Un tube de verre A est fermé à ses deux extrémités par des bouchons dont chacun laisse passer un tube particulier. Le tube TS fait communiquer l'intérieur du tube A avec le cardiographe. Le tube TA se met en communication, au moyen du robinet C, avec l'artère dont on veut étudier les pulsations. Le sang de cette artère pénètre donc par le conduit TA jusque dans le tube de verre; mais, là il arrive dans une ampoule élastique qui le retient et qui se gonfle ou se resserre, suivant que ht pression sanguine augmente ou diminue. — L'ampoule élastique, le tube TA et le robinet C doivent être remplis avant l'expérience d'une Fig. 37. solution alcaline destinée à empocher la coagulation du sang dans l'appareil.
On comprend ce qui se passe lorsque le robinet C est mis en communication avec un vaisseau artériel. Le sang de l'artère anime l'ampoule élastique, dans laquelle il pénètre, de mouvements alternatifs d'expansion et de resserrement. Cette ampoule, en se gonflant, déplace une partie de l'air du tube A qui la renferme, et foule cet air dans le cardiographe dont elle fait monter le levier. Quand l'ampoule se resserre, l'air du cardiographe rentre dans le tube A et le levier descend. — Nous appellerons sphygmoscope l'appareil qui vient d*être décrit, et dont remploi sera nécessaire pour un grand nombre d*expériences. Lorsquon applique le sphygmoscope à lu carotide d*un
cheval et qu'on prend le tracé du pouls de ce vaisseau, on obtient une figure identique avec celle que donne la sonde munie d'ampoule, introduite dans la carotide. Ce fait démontre que l'emploi du sphygmoscope ne déforme en rien le tracé du pouls du vaisseau auquel il est appliqué, et que Ton peut, sans crainte d'erreur, comparer les indications que nous fournira cet instrument à celles que nous avons déjà obtenues par d'autres procédés.
Des rapports de la contraction du ventricule gauche avec le pouls
de différentes artères.
§ 57. — Maintenant que nous possédons un moyen d'enregistrer sur le cardiographe le pouls de différentes artères il la fois, il est important de connaître comment se transmet le mouvement du cœur à la périphérie. Pour cela, nous avons pris simultanément les tracés : l"" de la contraction du ventricule gauche, 2» du pouls aortique, et 3* du pouls de Tartère fémorale. La figure 38 représente
Fig. 38.
ces trois tracés superposés de telle sorte qu'on puisse voir les rapports de succession de chacun de ces mouvements.
L'analyse d'un tracé de la pulsation aortique recueilli en même temps que le tracé du ventricule gauche, a déjà été faite page 180; nous n'avons pas à y revenir. Ce qu*il est important de signaler cette fois, c*est que la forme du pouls^ dans la fémorale, diffère totalement de celle du pouls aortique. De plus, il y a un retard du pouls de la fémorale sur celui de Taorte.
On a vu que le retard du pouls de l'aorte sur le début de la systole du ventricule gauche est dû à ce que la systole venlriculaire n'acquiert pas, dès soû début, l'énergie suffisante pour soulever les valvules sigmoïdes de l'aorte. Pour la fémorale, le retard tient à une tout autre cause : il résulte de ce que la transmission du mouvement des liquides dans les tubes élastiques met un certain temps à s'accomplir (1). Quant au changement de forme que subit la pulsation, il tient à ce que le sang, poussé dans les artères avec une certaine vitesse, exécute dans ces vaisseaux des oscillations multiples dont nous parlerons à propos du phénomène du dicrotisme. Ici se produit, en raison de la densité du liquide, un effet iden-
(1 ] Nous avions cru, d'après nos premières expériences, que la transmission du mouvement dans les artères se faisait suivant un mode particulier quo nous avons décrit dans les Annales des sciences naturellei^ 4' série, Zool., t. VIII. Ces expériences avaient été faites dans de mauvaises conditions. I^ soupape qui représentait la valvule de Torifice aortique ne livrait au passage du liquide qu'une fente tellement étroite, que la pénétration de ce liquide n'avait lieu qu'avec lenteur. Nous nous crûmes autorisé , à cotte époque, à rejeter la théorie de Weber relativement à la transmission du mouvement du sang dans les artères, et à nier l'existence d'un retard réel du pouls pour les artères éloignées du cœur. Depuis cette époque, Buisson, en enregistrant d'une manière simultanée le[)oulsde difTérenles artères, nous fit voir que le retard du pouls existe réellement. Nous devons donc reconnaître et signaler cette erreur q« OKiste dans nos précédentes publications.
tique avec celui que nous avons signalé dans l'emploi des manomètres, c'est-à-dire des oscillations provenant de la vitesse' acquise du liquide. C'est à ces oscillations que sont dues les ondulations nombreuses que présentent le tracé d'une pulsation unique.
De la vitesse du sang dans une artère aux différents instants d'une
pulsation.
§58. — ^Tousles appareils employés pourétudier la vitesse du sang montrent que, dans les gros vaisseaux artériels, le sang se meut par saccades; mais l'appareil de Chauveau, Vhémodromomctre enregistreur^ peut seul nous indiquer les différentes phases par lesquelles passe la vitesse du sang d'une artère entre deux systoles consécutives du cœur. Seul, en effet, cet appareil donne une indication fidèle du mouvement du sang (1).
n était intéressant de chercher si la vitesse et la pression du sang dans les artères varient toutes deux d'une manière parallèle, ou bien s'il existe entre elles une certaine indépendance.
Chauveau appliqua sur la carotide d*un cheval son hémodromomètre enregistreur. Un sphygmoscope fut adapté au même vaisseau, sans interrompre le cours du sang. Le tracé des deux appareils fut enregistre simultanément, et l'on obtint la figure 39.
La ligne supérieure est donnée par la vitesse du sang. La ligne inférieure exprime les changements de la
(4 ) L'hémotachomètre de Vierordt est passible du même reproche que 800 spbygmographe. En effet, l'inertie de l'appareil déforme les indications graphiques de la vitesse du ^ng. L'appareil de Chauveau, formé d'une aiguille très légère (voy. fig. 4 8), ne présente pas cet inconvénient.
pression, puisqu'elle D*est autre que le pouls de la carotide.
Fij. 39.
Après quatre battements du cœur, on comprima Tar* tère au-dessous du point d'application des instruments. Aussitôt, tout courant cessant de se produire dans le vaisseau, rhémodromomètre n'accusa plus aucune déviation de l'aiguille; celle-ci resta fixe dans une position qui correspond exactement à l'état d'immobilité du sang. C'est le zéro de la graduation de cet instrument. Pendant ce temps, la pulsation continua à se produire, elle prit même une intensité plus grande qu'avant l'obstruction du vaisseau. — Il y a donc indépendance entre la vitesse et la pression du sang, mais seulement dans la condition d'obstacle au courant sanguin.
La première moitié de la figure nous montre ce qui se passe dans les conditions de libre passage du sang dans le vaisseau. Voici ce qui ressort de l'examen des deux tracés.
l"" 11 se produit simultanément une forte pression et un courant rapide, dans la carotide, au moment où les valvules sigmoïdes sont soulevées par la contraction ventriculaire.
2"" La vitesse et la pression sanguine présentent toutes deux ensemble ce renforcement saccadé qui caractérise le début de la pulsation carolidienne, et qui tient a la ma-
nièrc dont s'opère la contraction du ventricule à son début.
â*" Lorsque la pression atteint son sunmiuni dans la carotide, c'est-à-dire vers la fin de la systole ventriculaire, la vitesse devient subitement très faible, ce qui exprime que le ventricule n'envoie que peu ou pas de sang dans l'aorte, et que sa contraction s'épuise à faire équilibre à la pression du sang artériel devenue considérable.
4* Pendant le repos du cœur, il se fait de légères recrudescences de la vitesse du sang. On verra, à propos du phénomène du dicrotisme,on quoi consistent ces mou^ vements secondaires.
5* Pendant la période de relâchement du cœur, il existe dans la carotide un courant assez faible, mais qui n'est jamais nul, comme l'indique le niveau du tracé, toujours supérieur à la ligne du zéro.
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