‹ Physiologie médicale de la circulation du sangChapitre 48 sur 131 · INFLUENCE DE LA UESPIRATION SUR LE POULS · texte numérisé non relu

INFLUENCE DE LA UESPIRATION SUR LE POULS

Uoe influence moins connue est celle que la respiration exerce sur la circulation artérielle. Bien que ce sujet ait été, principalement en Allemagne, étudié avec un grand soin, il est encore l'objet de nombreuses dissidences.

Lorsque, sur un animal vivant, on introduit un mano-* mètre dans une artère voisine du thorax, on voit que la colonne de mercure est animée de deux sortes d^ mouve^ ments : les uns, constitués par des oscillations petites et fréquentes, eorrespondent aux battements du cœur ; les autres. Formés par des oscillations plus grandes et plus rares, dépendent de la respiration.

Ludwig, qui imagina d'enregistrer les oscillations du manomètre ($51), obtint un tracé dans lequel ces deux ordres d'oscillations sont représentés. La figure suivante fait bien, comprendre comment se combinent les deux influences du cœur et du poumon sur le mouvement du sang.

Fig. 8j.

L'explication que Ludwig donna de ce phénomène était la suivante : ~ Les mouvements respiratoires exercent sur le système artériel une influence analogue à celle qui a été signalée pour les veines; de telle sorte que la tension artérielle baisse par Tappel du sang qui se fait vers le thorax à chaque inspiration. Elle s'élève, au contraire, quand l'expiration tend à pousser le sang artériel vers les vaisseaux de la périphérie.

En expérimentant, à l'aide de son sphygmographe, Vierordt arriva à la conclusion inverse et admit que c'est

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dans Tinspiration que le sang est poussé avec le plus de force vers la périphérie.

Heinbrodt (i), dans des expériences faites sur les animaux, trouva que, si les mouvements respiratoires sont amples et prolongés, Tinspiration s'accompagne d'abord d'un abaissement de la pression artérielle, puis d*uiie élé* vation do cette pression, tandis que, dans TexpiratioD, la pression du sang monte d'abord et s'abaisse à la fin. — On voit donc que les opinions émises, relativement à Taction que la respiration exerce sur ia circulation artérielle, se contredisent entre elles d'une manière à peu près complète.

Nous avons essayé à notre tour d'étudier rinflimm qu'exerce la respiration sur le pouls d'après les lodicfttions du spbygmographe. Ce sujet méritait d'autant plus l'attention que, dans un grand nombre de maladies où il existe de la dyspnée, le tracé du pouls présente des caractères tout particuliers qui prennent une grande valeur lorsqu'on en comprend bien le mode de production. — Nous suivrons dans cette étude la marche suivante.

Nous examinerons : 1* l'influence que lés mouvemenb respiratoires exercent sur la ligne d'ensemble du traoé^ c'est-à-dire les variations qu'elle produit dans la tensico artérielle qui s'élève ou s'abaisse ;

2'' Les changements que les mouvements respiratoires exercent sur la fréquence du pouls;

3* EnQn^ les modifications que subit, sous ces influent ces, la forme des pulsations.

(4) CamlaU» Jahresbericht, 4 860, p. 425.

INFLUEffCE DE LA RB^IRATION SUR LE POULS. 287

A. Inflaence des mouvements respiratoires sur la ligne d'ensemble dn tracé, c'est-à-dire sur la pression moyenne du sang artériel.

§ 89.r-^miii6 Uaction «spirantept foutanteque le thorax exercé itff le aaag.Vii ioujours ea 9'éteigDabt à mesure qu'on observe des Tutsseaux plus éloignés de la poitrine, il en ritepïte que la pression du sang dans Tartère radiale est presque entièrement soustraite aux influences respiratoires, quand celles-ci n'ont qu'une énergie modérée. On peut s'en convaincre en examinant les tracés du pouls que nous avons déjà représentés. Dans la plupart d'entre eux, la ligne d'ensemble est sensiblement horizontale, ce qui prouve que la tension moyenne de l'artère radiale n'a pas vané d'iHie toanière appréciable. -^ Mais si>. au lieu de reapirpr, iiQtiii«}eiiient, on lait des mouvements d' inspiration et d'expiration d^hne grande amplitude, ou bien si Ton fait obstacle au libre passage de l'air dans les voies respiratoires, immédiatement la ligne d'ensemble du tracé devient onduleuse, c'est-à-dire que ta pression moyenne du sang dans la radiale s'élève et s'abaisse indépendam* ment des variations qui tiennent aux contractions du cœur et qui constituent les pulsations. Les ondulations qui se produisent alors sont de même nature que celles que la figure 85 représente et que Ludwig a signalées le premier.

Si Ton veut déterminer à quel moment la tension s*élève, et savoir si c'est pendant l'expiration ou pendant l'inspiration, la question devient plus complexe, car les choses se passent différemment suivant la manière dont on respire.

Lorsqu'on tient la bouche fermée et qu'on ferme également l'une des narines, de façon que Tair pénètre diffi-

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cilemenl dans les voies respiratoires et qu'il en sorte avec ime égale difficulté, on voit la ligne d'ensemble t'abaitter dans Vinspiratim et s'élever dans feccpiralion (fig, 86).

Si l'oD respire larçemeot, ta bouche ouverte, de façoo que l'air passe et repasse librement à travers les wiei respiratoires, on a l'effet inverse : ta ligne deMembh M'élève dans l'inspiration et t'abaissedans l'eœpiralion, comme oela se voit sur la Ggure 87.

Comment ces deux manières de respirer produisentelles des effets tolalemeut opposés? C'est ce que nous allons choroher à inlerpréler d'après les notions physinkh giques que l'on possède relativement au mécanisme de la respiration.

§ 00. — H est évident que les changenieuls qui se pusent dans la tension des arlércs pendant les mouvemeoti respiratoires tiennent à des variations dans la preasioa qu'éprouvent, à leur surface exiérieure, l'aorte et les gros vaisseaux contenus dans le Iborax et dans l'abdomen. Quand l'aorlc est comprimée, le sang qu'elle contieot est refoulé dans les arlùres de la périphérie où il élève la pression. Si Ton doutait de la réalité de ce fait, oo . pourrait facilement s'en convaincre [wr l'cxpérionce suivante :

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