‹ Physiologie médicale de la circulation du sangChapitre 49 sur 131 · INFLUENCE DE LA RESPIRATION SUR LE POULS · texte numérisé non relu

INFLUENCE DE LA RESPIRATION SUR LE POULS

Expérience. — Un sujet étant couché sur le dos , on applique le spbygmographe à sa radiale et Ton prend le tracé du pouls. Pendant que l'instrument est en marche « si Ton comprime Tabdomen du sujet, aussitôt la ligne d'ensemble du tracé s'élève : ce qui indique que le sang de l'aorte a été refoulé dans les vaisseaux de la péri-phérie. Si l'on cesse la compression, le sang reflue dans Taorte, et la ligne d'ensemble du tracé s'abaisse.

La même chose doit donc se passer lorsque les mouve^ ments respiratoires augmentent ou diminuent la pression autour de l'aorte, soit dans la poitrine, soit dans l'abdo* men. Mais les effets que la respiration produit du côté du thorax sont exactement inverses de ceux qui se passent dans l'abdomen. Quand la poitrine est le siège d'une aspiration, il existe dans l'abdomen une compression, et Ton va voir que, suivant que ce sont les influences tboraciques, ou bien que ce sont les influences abdominales qui prédominent, les effets de la respiration sur le pouls sont tout à fait inverses.

§ 91 . — Dans le thorax, l'agrandissement de la cavité au moment de l'inspiration donne naissance à un vide que Tair extérieur vient aussitôt combler en se précipitant dans les voies respiratoires. Si la pénétration de l'air est facile, l'aspiration est peu énergique, parce que le vide est com* blé pour ainsi dire à mesure qu'il se forme. Mais si la rentrée de l'air ne sq fait que difficilement, l'aspiration thoracique devient beaucoup plus intense. C'est dans ces circonstances que l'on voit les espaces intercostaux s'affaisser, les creux susK^laviculaires se déprimer, attestant l'énergie de l'aspiration intérieure. Dans ces conditions, le sang des artères de la périphérie reflue en partie dans

l'aorte thoracique qui est dilatée comme le sont les vais*

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seaux au-dessous d'une ventouse. Aussi , devra-t-on voir baisser la pression moyenne dans les artères des oiembres; c*est en eiïet ce qui a lieu. — Dans l'expiration, Tiaverse se produit. L'air ne peut s'échapper assez vite sous I'Idfluence de la rétractilité du poumon ; les muscles expira* teurs viennent seconder l'élasticité pulmonaire pour expulser Tair au dehors. Alors, Taorte thoracique, au lieu d'être dans un vide virtuel, comme cela arrive dans les conditions normales, se trouve au contraire comprimée à sa surface et chasse du sang dans les artères périphé* rique8(l).

En môme temps que ces phénomènes se produisent dans le thorax, voyons ce qui a lieu dans rabdonieo. Lorsque, dans une inspiration , le diaphragme s'abaisse et agrandit la cage thoracique, il vient au contraire rétrécir la cavité abdominale; il déprime les viscères, et ceux-ci tendent à repousser en tous sens les parois du ventre qui se durcissent et accusent une pression intérieure augmentée. Dans l'expiration , le diaphragme remonle et les parois abdominales cessent d'être aussi tendues. — Pendant ces alternatives de pression augmentée et diminuée dans Tabdomeu , l'aorte abdominale subit des pressions variables comme celles que nous venons de signaler pour l'aorte thoracique; seulement les variations sont de sens inverse. Au moment de l' inspiration, l'aorte est comprimée et la pression augmente dans les artères qui en éma-

(I) On conçoit que ces phénomènes ne se produisent qu'à un faible degré quand la respiration est libre, car lo vide inlra-tboracique oo pleural n'est plus soumis qu'aux variations tenant au changement delà rétractilité du poumon plus ou moins distendu ; tandis que, dans lo cas d'obstacle au libre passage de Pair, le vide thoracique est inQuencé |>ar la raréfaction et la condensation allernatives de Pair contenu dans le poumon.

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