‹ Physiologie médicale de la circulation du sangChapitre 7 sur 131 · DE LA MÉTHODE GRAPHIQUE · texte numérisé non relu

DE LA MÉTHODE GRAPHIQUE

d'après le chemiD qu'elle a parcouru entre chacun d'eux. Un cylindre recouvert de papier et tournant d'une manière uniforme remplira les mêmes fonctions que la plaque décrite figure 3 (1). Non-seulement les physiciens emploient journellement des appareils enregistreurs basés sur le même principe, mais les physiologistes les ont aussi adoptés. C'est de l'Allemagne que nous est venue l'idée féconde d'appliquer ce genre d'appareils aux études physiologiques.

Karl Vierordt (de Tubingen) imagina d'associer l'em--

(4) Nous rappellerons en quelques mots Tappareil enregistreur que MM. Poncelet et Morin ont construit pour déterminer le mouvement d'un corps ^ui tombe dans Tespace ; la description de cette machine si simple fera comprendre aisément le mécanisme de tous les instruments enre* gistreurs employés par les physiologistes.

Un cylindre recouvert de papier, et dont Taxe est vertical, tourne sur lui-même d'un mouvement uniforme. A côté du cylindre et parallèlement à son axe, sont placées deux coulisses verticales entre lesquelles tombe un corps pesant. Ce corps est muni d'un crayon qui frotte sur le papier dont le cylindre est recouvert. Voilà tout ce qui constitue la machine dont il reste à interpréter les indications.

Si le cylindre était immobile, le corps qui tombe tracerait sur le papier une ligne verticale ; mais, pendant la chute de ce corps, le cyUndre se meut ; il s*ensuit nécessairement que la partie inférieure de la ligne tracée ne tombera pas verticalement au-dessous de la partie supérieure, mais sera déviée en sens inverse de la rotation du cylindre.

Lorsqu'on a enlevé le papier qui recouvrait le cylindre et qu'on Télale sur un plan, on voit, d'après la ligue tracée, la nature du mouvement qu'on voulait étudier. Dans le cas d'un corps qui tombe, celte ligne est une paraboUy courbe qui exprime en géométrie le mouvement uniforme^ ment accéléré. Si le corps tombait d'un mouvement uniforme, la ligne tracée serait une droite oblique d'autant plus inclinée que la vitesse de la chute serait moindre. Dans le cas d'une chute extrêmement rapide, la ligne obtenue se confondrait avec la verticale, parce que, pendant le temps très court que cette chute aurait duré, la rotation du cylindre aurait été sensiblement nulle.

50 PBYS10L061B.

ploi du levier à celui de la méthode graphique à indication continue; il construisit ainsi un instrument nommé sphygmographe , destiné à enregistrer les pulsations des artères. On verra^ à propos de l'étude du pouls artériel, queTinstrument deVierordt présente dans sa construction de grandes défectuosités, de telle sorte qu'il ne remplit pas le but que l'auteur se proposait. Le physiologiste alle^ mand n'en a pas moins la gloire d'avoir donné l'idée première d'un appareil enregistreur qui pourra s'appliquer uon*seulement en physiologie, mais dans la pratique médicale à laquelle il devra rendre les plus grands services.

§ 6. — Pour transmettre un mouvement quelconque au levier de l'instrument, nous employons un appareil très simple qui pourrait se réduire à deux ampoules élastiques B, (fig. Ii)j situées aux deux extrémités d'un tube long et flexible ; le tout étant clos et plein d'air. Voici comment fonctionne cet appareil de transmission.

Fig. A.

Si Ton presse entre les doigts l'ampoule B, on expulse à travers le tube une partie de l'air qu'elle renfermait, et cet air va distendre l'ampoule A qui augmente sensiblement de volume. Que cette ampoule A soit placée sous le levier d'un sphygmographe et près du centre de rotation de ce levier, chaque changement do volume de l'ampoule produira un mouvement du levier. On voit donc que si l'on presse l'ampeule B entre les doigts, ce mouve-

DE LA MÉTHODE GRAPHIQUE. bt

ment se transmettra jusqu'à l'appareil enregistreur et se traduira par une ascension du levier. Si Ton cesse la pression, le levier retombera; si Ton maintient cette pression pendant un temps plus ou moins long, le levier gardera plus ou moins longtemps la position élevée qu'il aura prise. EnBn, plus la pression donnée sur l'ampoule B sera forte et brusque , plus le levier montera haut et plus cette ascension sera rapide (1 ) .

(I } L'idée de transmettre un mouvement à distance au moyen de tubes pleins d'air appartient à M. Cb. BuissoD. En 4 858, nous avioos essayé d*oblenir cette transmission à l'aide d'un tube de plomb muni à ses extrémités d'ampoules semblables à celles qui sont décrites figure U ; mais cet appareil était rempli d'eau au Heu d'air. Lorsqu'une de ces ampoules était introduite dans le cœur par la veine jugulaire, il fallait qu'une force considérable la comprimât pour que la colonne liquide contenue dans le tube entrât en mouvement et que le levier enregistreur fût soulevé. Le ventricule seul pouvait produire cet effet, tandis que l'action de l'oreillette ne donnait lieu à aucun mouvement du levier qui lui correspondait. En 4 860, M. Buisson imagina un moyen de transmettre au sphygmographc que nous venions de présenler ù rAcadémie des sciences les battements de différentes artères sur lesquelles notre instrument ne serait pas applicable. A cet effet, ce physiologiste se servait de deux entonnoirs conjugués dont un tube de caoutchouc réunissait les becs, comme on réunit les ampoules dans l'appareil décrit, figure 4. Le pavillon de chacun de ces entonnoirs était recouvert d'une membrane élastique, comme cela se voit dans un appareil connu sous le nom de sphygmomètre d'Hérisson. Il résultait de cette disposition que si l'on exerçait une pression sur la membrane de l'un des entonnoirs, la mem-^ brane de l'autre se soulevait par la compression de l'air contenu dans l'appareil. M. Buisson adaptait à cette seconde membrane un disquo léger surmonté d'une arête qui soulevait le levier d'un sphygmographe. Dès lors, si Ton appliquait sur une artère la membrane du premier entonnoir, les battements du vaisseau se transmettaient au levier qui les enregistrait.

Antérieurement à toutes ces expériences, le docteur Upham (de Bos-^ ton) avait essayé par un semblable moyen de transmettre à des sonne* ries électriques les mouvements extérieurs du cœur : le physiologiste

Page 1