‹ Physiologie médicale de la circulation du sangChapitre 79 sur 131 · DES BRUITS DE SOUFFLE VASCULAIHES. A · texte numérisé non relu

DES BRUITS DE SOUFFLE VASCULAIHES. A

se fera donc des courants rapides allant de la plus forte pression vers la plus faible, c'est-à-dire des artères aux veines. Comme la tension artérielle, même dans les cas où elle est à son minimum, est supérieure à la tension veineuse, il s'ensuit que le courant rapide et le bruit qui l'accompagne seront continus; seulement il y aura des renforcements dans l'intensité du souffle, à chaque ondée nouvelle que le sang enverra dans les artères.

Un thrill, ou frémissement sensible au toucher, existe en général dans ces tumeurs; il résulte de la transmission des vibrations du sang aux parois vasculaires. La minceur des tuniques veineuses est une condition favorable à cette transmission, ainsi que Weber l'a démontré.

Wr^im 4e soiiine ^ul me prodnlaeiit * rorilice aorUqve dm YeDiricale» dans les cas 4e faible teneloii artérielle.

§ 187, — Dans les différentes théories émises relativement à la cause des bruits de souffle, il était fort difficile d'expliquer pourquoi, chez les anémiques, il se produit un souffle à Torifice aortique au moment de la systole ventriculaire. — Certains auteurs, partant de celte idée que c'est le frottement du liquide contre l'orifice artériel qui produit le bruit de souffle, ont supposé que, dans la chlorose et l'anémie, il existe une sorte de pléthore aqueuse, c'est-à-dire que si le chiffre des globules est diminué, celte diminution est compensée par une augmentation du sérum, et que, en définitive, la masse du sang chez les anémiques est plus grande qu'à Tétai normal. Dès lors les ondées sanguines lancées par le ventricule étaient plus volumineuses qu'àTétat normal, et conséquemmenl l'orifice aortique, laissant passer le sang en plus grande abondance, était le siège de frottements exagérés qui don-

naient naissance au bruit de soufQe. Nous savons déjà ce qu'on doit penser de la réalité de ces frottements, mais UDe objection plus grave s'élève contre cette théorie; la voici:

On peut comprendre à la rigueur que la masse du saog, après une hémorrhagie, se répare au moyen de Tabsorption des boissons et qu'elle puisse dépasser son état oor* mal; mais cela ne peut arriver qu'au bout d'un certain temps et après l'ingestion de boissons copieuses. Si l'on saigne un animal, et si, séance tenante, on voit apparaître le bruit de souffle, on ne saurait admettre que ce bruit tienne à un accroissement de la masse du sang. Or, c'est ce qui arrive. Dès qu'un animal a perdu par hémorrhagie une grande quantité de sang, on peut constater au mano* mètre que la tension artérielle s'est fort abaissée, et en même temps un bruit de souffle apparaît, si l'on ausculte le cœur. Ce n'est donc pas la pléthore aqueuse, mais la diminution absolue de la masse du sang qui a produit ce bruit.

Du moment qu'il est bien démontré que l'état de la tension dans les points du système artériel situés au-dessous du rétrécissement joue un grand rôle dans la production des bruits de souffle, il n'est plus nécessaire de recourir à des hypothèses; tout va s'expliquer naturellement.

L'orifice aortique du ventricule gauche présente un rétrécissement à travers lequel une veine fluide peut se former pour pénétrer dans l'aorte. A l'état normal , la tension artérielle est trop forte pour que ce coui-ant de liquide ail la vitesse siillisante pour vibrer. Mais si, par le fait de Thénioi rhagie, la tension baisse dans les artères, il arrivera un moment où le sang se précipitera avec assez tle vitesse à travers rorilice aortique pour que le bruit de

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