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DU COEUR ENTRE ELLES

§ 222. — Nous rapprochons celte affection des précédentes parce qu'à rauscullation elle fournit, dans certains cas, des signes identiques. Une communication interventriculaire, par exemple, peut simuler par le bruit de souffle qu'elle présente, soit une insuffisance mitrale, soit un rétrécissement aortique.

Communication des oreillettes entre elles.

§223. — Nous n'avons jamais eu l'occasion de constater cette conformation vicieuse chez les malades dont nous avons recueilli le tracé du pouls. Il nous semble à

priori que la forme graphique de la pulsation ne doit pas être influencée par cette lésion qui trouble peu la fonction cardiaque. Les recherches les plus récentes semblent prouver que le mélange des deux sangs ne se Tait pas dans ces circonstances, et que la cyanose n'existe pas dans les cas de persistance du trou de Botal (1). Cette opinion est d'accord avec les notions physiologiques ; il est, en effet, démontré que les deux oreillettes exécutent leurs systoles d'une manière simultanée et avec une force à peu près égale (voy. § SI.) Dès lors il doit y avoir peu de tendance au mélange du sang de deux oreillettes. — La même raison doit faire admettre qu'il n'existe pas de bruit de souffle dans les cas de pei*sistance du trou de Botal, à moins qu'il n'existe une inégalité anormale dans la pression intérieure de deux oreillettes. Une grande obscurité règne encore aujourd'hui sur les signes qui pendant la vie accompagnent la communication interauriculaire. Ce sujet réclame des recherches nouvelles.

Communication inlerventriculaire.

§ 224. • - Les signes ordinaires de cette affection sont les suivants. 11 existe un souffle systolique accompagné de frémissement cataire, ce souffle s'irradie, en général, dans une grande étendue. D'ordinaire on observe une cyanose qui s'accroît par la marche, l'ingestion des aliments, etc. Les doigts et les orteils sont terminés en massue comme chez certains phthisiques, mais la forme bombée est beaucoup plus prononcée dans le cas de communication inlerventriculaire. Les ongles, fortement convexes, présentent

(4) Voyez Duroziez, Comptes rendus de la Société de biologie, 4 862, p. 405.

COMMUNICATION INTERVENTRICULAIRE. 535

une teinte bleuâtre. L'ensemble de ces caractères nous semble suffisant pour qu'on puisse affirmer l'existence d'une communication des deux ventricules; toutefois le bruit de souffle peut manquer. Celte aOection est congénitale dans la grande majorité des cas; il existe fréquemment une disposition anatomique très intéressante, car elle explique tous les phénomènes dont nous venons de parler.

Une oblitération de l'artère pulmonaire pendant la vie intra-ulérine semble avoir été la lésion primitive. Sous cette influence, le ventricule droit a continué indéfiniment à se vider dans le ventricule gauche, seule voie par laquelle il pût expulser le sang qu'il recevait. Dans ces conditions, la cloison interventriculaire n'a pu se fermer complètement, et une ouverture est restée par laquelle les ventricules communiquent entre eux. Cet espace est situé à la partie supérieure de la cloison, au-dessous de l'orifice aortiquie dui âeihlde iâ4tiHdà U fois d$&4duis ven- Iricules^ -^ le cmàl artériel est resté, pâi^aii^atîl^ -i^ qui constitue une voie par laquelle le sang des deux ventricules passe de l'aorte dans l'artère pulmonaire. . Datiâ cette tfispôsjtiôii'ajiato^^ des deitix saiï^ datis ràôrtepàiosiqfévd^^ pul-

monaire. La cyanose se trouve alors expliquée tout naturellement. Quant au bruit de souffle, il se comprend facilement en supposant que l'un des ventricules ait plus d'énergie que l'autre. Le plus souvent, c'est le ventricule droit qui a le plus d'épaisseur. Ainsi, la disposition qui existe pendant la vie intra-utérine s'est conservée à cause de Tobslacle que le ventricule droit devait surmonter par suite de roblitération de l'artère pulmonaire.

Si nous avons insisté sur celte disposition anatomique,

c*est qu'elle nous semble être la forme la plus fréquente des ^communications interventriculaires ; Aous en avons rencontré deux cas avec autopsie (f ). Il existe au musée Dupuytren plusieurs exemples de cette anomalie du cœur; enfln Gendrin a rassemblé dix observations de malades chez lesquels existait une semblable disposition. — Quant aux cas de cyanose par affection congénitale du cœur que nous avons observés, tous présentaient un bruit de souffle systolique ainsi que la forme renflée des doigts à leurs extrémités. Tout porte à croire que c'était encore là des cas du môme genre. Nous n'insistons pas davantage sur ces affections que nous avons eu trop peu d'occa^ons d'étudier. Voici les tracés du pouls recueillis sur des sujets qui présentaient les phénomènes caractéristiques ci* dessus indiqués : cyanose congénitale, ongles en massue, souffle systolique.

Fig. 217.

Fig. 218.

Nous ne parlerons pas de la persistance du canal artériel et de ses effets sur la forme du pouls ; le seul cas que nous en ayons rencontré était compliquéde rétrécissement aortique (-2).

(4) L'un de ces cas a été publié par nous dans les Bulletins de fa Société anatomique, 4857, 2* série, t. H, p. 313.

(2) Ce cas a été décrit dans la thèse de Almagro, 4 862.

PÉRIGARDITE.

DE LA PÉRIGARDITE.

• § 225. — L'une des aflections les plus difficiles à diagnostiquer, est la péricardite; ici, en effet, les signes fournis par Tauscultation tendent souvent à tromper le médecin plutôt qu*à le guider dans son diagnostic. Les frottements qui se produisent entre le cœur et le péricarde, à chaque révolution cardiaque, présentent quelquefois tous les caractères des bruils de souffle, et, comme ils sont en général rbytbmés d'après les mouvements du oœur, ils peuvent simuler à peu près toutes les lésions des orifices. Le caractère distinctif le plus important qu'ils présentent, c'est leur variabilité suivant qu'on place le malade dans telle ou telle attitude. Mais si Ton n'a que cet élément pour établir le diagnostic, il est difficile de se prononcer avec certitude sur la nature de la maladie. La forme graphique du pouls peut donc, ici encore, rendre de grands services. Les figures suivantes sont recueillies dans des cas de péricardite aiguë.

Fier. 219

Fig. 220.

Fig. 221.

On voit que le pouls présentait, dans ces cas, une brus-

querie particulière qu'on ne retrouve guère que dans rinsufflsance aortique. Toutefois la méprise n'était pas possible dans ces cas; en effet, Ténorme amplitude du pouls de Corrigan ne se rencontre pas ici .

§ 226. — V hydropéricarde y qui existe toujours à un certain degré dans la péricardite, peuty lorsqu'il est porté à un degré considérable, imprimer aux pouls des caractères particuliers.

Les ventricules, comprimés extérieurement par le liquide, ne se remplissent plus que d'une manière incomplète; aussi n'envoient-ils dans l'aorte que des ondées fort petites. Telle est du moins l'idée qui nous semble la plus naturelle pour expliquer la forme du pouls obtenue dans ces conditions et représentée figure 222.

Fig. 222.

§ 227. — Enfin, l'hypertrophie du cœur ne nous semble pas devoir ôtre étudiée à part ; cet étal se produit d'une manière secondaire toutes les fois que le cœur éprouve une grande résistance à vaincre. La dilatation de la cavité venlriculairc gauche se rencontre alors h peu près constamment avec répaississeiueut des parois. Le tracé du pouls semble traduire cet accroissement de la capacité du cœur par une augmentation de l'amplitude de la pulsation. Cette grande amplitude se rencontre dans la plupart des tracés fournis par des malades dont le cœur était hypertrophié, soit par suite d'un rétrécissement aortique, soit par suite de la dégénérescence sénile des artères. Mais il ne faut pas oublier que, dans ce dernier cas, la dilatation des vaisseaux est probablement la principale cause

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