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DANS LES MALADIES INFECTIEUSES

§ ier-

En 1865, nous avons présenté à l’Académie des sciences un mémoire de physiologie pathologique expérimentale, dans lequel nous avons exposé nos premières recherches sur les maladies infectieuses.

Nous avons cherché à établir :

1° Que des matières animales en putréfaction déterminent sur des organismes sains des effets pathologiques et toxiques;

2° Que le sang non putréfié pris sur des individus vivants et atteints de fièvre typhoïde et de variole, produit, sur des organismes sains, des effets pathologiques et toxiques.

Nous avons transplanté ainsi sur des lapins et des chiens bien portants des éléments infectieux capables de produire des désordres qui, étudiés avec soin, nous ont révélé certains faits dignes d’intérêt.

Nous ne disons pas avoir reproduit des maladies identiques à celles de l’homme ; nous n’avons fait qu’étudier expérimentalement l’action physiologique de principes infectieux, comme on étudie l’action d’un médicament nouveau.

Dans cette étude , nous avons établi la présence constante d’infusoires dans le sang, cl des altérations du liquide nourri-

ciei- très-profondes, autant au point de vue chimique que morphologique.

En 1 SGG et 18G7, il ne nous a pas été possible de continuer l’élude physiologique d’autres maladies infectieuses; mais nous avons expérimentalement démontré, par des recherches faites avec toute espèce de sang provenant de maladies non infectieuses, que la spécificité existe.

Dans celte même année, nous avons, de par nos expériences, établi ce que M. Chauveau, de Lyon, a depuis appelé la contagion médiale.

Nous venons soumettre aujourd’hui à l’Académie un travail sur les effets toxiques du sang puerpéral et scarlatineux inoculé à des lapins.

Au printemps dernier, une épidémie de scarlatine et de fièvre puerpérale s’étant montrée dans les salles de l’hôpital de Strasbourg, nous avons eu tout le loisir d’étudier ces deux maladies au point de vue qui nous occupe.

Dans ce travail , nous avons cherché à contrôler le résultat de nos nouvelles expériences, non-seulement par des analyses chimiques, comme précédemment, mais encore par l’examen spectroscopique des sangs cl l’essai des cultures récemment indiquées par Huilier, d’Iéna.

Dans toutes ces recherches , nous avons été puissamment aidés par nos collègues MM. Engel et Schlagdenhauflen , l’ur professeur agrégé à la Faculté de médecine de Strasbourg l’autre professeur de toxicologie à l’École supérieure de pharmacie de celle même ville.

Nos expériences antécédentes nous ayant permis de classer les voies d’absorption selon leur ordre d’importance,, ainsi qu’il suit : veines, tissu cellullaire, rectum , estomac et poumons, nous nous sommes crus autorisés à ne choisir pour nos

nouvelles expériences que la voie du tissu cellullaire , d’autant plus que ce mode de procéder a l’avantage, sur l’introduction dans les veines, d’être moins douloureux et moins dangereux par lui-même.

Inoculation de sang scarlatineux.

Comme point de départ, nous avons choisi le sang d’un entant atteint de scarlatine très-grave et qui est mort trois jours après le moment où nous lui avions emprunté le sang.

Ce sang avait pour caractéristique une certaine diffusion de globules rouges, une notable quantité de globules blancs et des points mobiles, ainsi que quelques bâtonnets (bactéries et bactéridies).

Pour 11e pas nous exposer au reproche d’introduire dans notre sang des produits étrangers, nous n’y avons pas ajouté d’eau; nous nous en sommes servis tel qu’il avait été tiré avec la ventouse, l’endroit d’application de celle-ci ayant été préalablement lavé avec de l’eau savonneuse.

Le sang ainsi obtenu a été inoculé à deux lapins à la dose de 15 divisions de la seringue de Pravaz.

Le premier lapin a vécu depuis le 19 mai jusqu’au 4 juin. Dans ce laps de temps, la température a varié entre 40° et 44° 1 /2.

Dans les vingt-quatre heures qui ont précédé la mort, la température est descendue de ce summum de44n 1 /2 à 38° 1/2. Le lapin a présenté comme signes particuliers un amaigrissement considérable et quelque peu de diarrhée.

Le deuxième lapin a vécu depuis le 19 mai jusqu’au 3 juin. La température a oscillé entre 41° et 45°. Comme le précédent, il a considérablement maigri, mais n’a pas eu de diarrhée.

Le tableau suivant indique nos opérations successives jusqu’à la quinzième série d’inoculations.

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