EXPÉRIENCES DE SPECTROSCOPIE
Nos analyses chimiques et nos recherches sur les gaz du sang nous ayant montré de notables changements dans la constitution de ce liquide , nous nous sommes demandé si le speclroscopene nous révélerait pas quelques particularités dignes d’intérêt; c’est dans ce but que nous avons fait les expériences suivantes : *
1° Sang normal.
Nous prenons 1 centimètre cube de sang normal, nous y ajoutons 5 centimètres cubes d’eau distillée, nous écrasons le caillot, nous filtrons et nous lavons avec 5 autres centimètres cubes d’eau. Avec le liquide ainsi obtenu, nous remplissons une cupule à faces parallèles d’un diamètre intérieur de 7 millimètres. A ce degré de dilution, nous n’observons au spectroscope que les couleurs rouge extrême et orangé. En ajoutant 4 centimètres cubes d’eau au liquide initial et en procédant comme ci-dessus, nous voyons paraître une légère teinte verte. Par l’addition successive de G nouveaux centimètres cubes d’eau , nous obtenons la séparation des deux raies. Au fur et à mesure que nous diluons davantage le liquide sanguin, les couleurs vert, bleu, indigo paraissent en totalité aux lignes de l’échelle micrométrique indiquée dans nos tableaux. A la dilution de GO centimètres cubes , les deux raies sont très-distinctes et toutes les couleurs du spectre apparentes. En ron-
sultanl le micromètre, un voit que la première raie, la plus étroite des deux, paraît à la division 1 G i /2 et s’étend jusqu’à la division 17 ; la seconde raie paraît à la division 17 1/2 et s’étend jusqu’à la division 18 1/2.
2° Saïuj scarlatineux.
En procédant de la manière que nous venons d’indiquer, nous voyons d’abord le rouge extrême et l’orangé; la teinte verte apparaît au moment où nous ajoutons 10 centimètres cubes d’eau distillée à notre liquide primitif; avec 4 centimètres cubes d’eau en sus, la séparation des deux raies apparaît. Les dimensions des raies restent les mêmes que dans le cas du sang normal. Les diverses couleurs bleu, indigo , violet apparaissent de la même manière. ^
3P Sang puerpéral.
L’apparition des raies du sang puerpéral est, à peu de chose près, identique à celle du sang normal, comme le démontre le tableau.
40, Sang infectieux mort.
Ici l’apparition de la couleur verte se manifeste au moment où le liquide primitif est dilué de 7 centimètres cubes d’eau distillée. Ce n’est qu’en ajoutant H centimètres cubes d’eau nouveaux que nous voyons la séparation des deux raies. La largeur des raies ne présente pas de particularité, et les couleurs apparaissent comme dans le sang normal.
Do ces expériences nous pouvons conclure que notre sang ne renferme que de l’hémo-globuline , parce que les deux raies se trouvent dans l’échelle micrométrique du spectroscope entre les divisions 16 1/2 et 18 1 2.
La non-apparition d’une raie noire avant la 16e division de l’échelle nous démontre qu’il n’y a pas dans notre sang de métaglobuline, comme nous le pensions.
Les différences qui se rapportent au moment de l’apparition des raies et des diverses couleurs du spectre s’expliquent par la présence d’eau en plus ou moins grande quantité dans le sang.
De nos tableaux il résulte donc que les sangs malades son! plus concentrés que le sang normal ; que dans celui-ci les rayons jaunes restent absorbés plus longtemps que les rayons verts; que cette proportionnalité d’absorption n’existe pas pour les sangs pathologiques: aussi, pour le sang scarlatineux, ces rayons jaunes restent absorbés moins longtemps que pour le sang puerpéral; au contraire, les rayons verts paraissent plus vite pour le sang puerpéral que pour le sang scarlatineux.
Nous pouvons donc dire que le spectroscope révèle des modifications autres que celles qui dépendent de la concentration des liquides.