‹ Physiologie pathologiqueChapitre 12 sur 12 · DE NOS LAPINS · texte numérisé non relu

DE NOS LAPINS

Dans ces derniers temps, M. le professeur Hallier a émis l'opinion que la plupart des corpuscules mobiles du sang des animaux ou des hommes atteints de maladies infectieuses ne sont que des formes végétatives particulières de champignons.

Ayant à plusieurs reprises montré nos plaques de microscope chargées de sang scarlatineux ou puerpéral à notre collègue, M. le professeur Engel, celui-ci pencha pour l’opinion de Hallier; c’est ce qui amena chez nous l'idée de cultiver nos infusoires d’après la méthode de Hallier, et d’en confier L’examen à M. Engel, beaucoup plus expert.

A cet effet, nous avons pris des tubes à éprouvette- herméli-

ijuemenl fermés par des bouchons enduits de cire vierge fondue et chauffée à 100°; chaque bouchon était perforé d’un Irou central, dans lequel se trouvait fixé un tube en verre à anse et à extrémité extérieure capillaire. Préalablement, tubes el bouchons avaient été trempés pendant plusieurs heures dans l'alcool.

Au moment des opérations, nous débouchons les tubes à éprouvette, nous y mettons de l’eau distillée sucrée jusqu’au I i ers de leur hauteur , et nous chauffons sur une lampe à alcool jusqu’à ébullition du liquide; nous ajoutons ensuite quelques gouttes de bicarbonate de soude et de lactate d’ammoniaque. Laissant alors refroidir le liquide jusqu’à 50°, nous y ajoutons une goutte de sang à l’aide de l’extrémité tubulaire de nos tubes à anse fixés dans nos bouchons. L’extrémité intérieure de ces tubes est disposée de façon à ne pas toucher le niveau du liquide.

Ces précautions prises, nous enduisons à nouveau nos bouchons, ainsi que les ouvertures qui donnent passage aux tubes à anse, de cire fondue. Nous plaçons ensuite nos tubes préparés el renfermant nos sangs dans un bain de sable.

Opérant de celle façon, nous avons fait des tubes à sang normal, à sang scarlatineux el à sang puerpéral.

Voici la note qui nous a été remise par notre savant collègue Lu gel : « Pour Rallier, les corpuscules arrondis el mobiles des sangs infectieux, ainsi que les microzvmas de M. Bécliamp, ne seraient que des Schwœrmer, tandis que les bactéridies constitueraient la forme leptolrichale ou un des modes de développement des moisissures dans un milieu liquide. D’après ces mêmes idées, les Schwœrmer el les leptotrix produisent la fermentation putride des liquides azotés, avec lesquels ils sont en contact. Les Schwœrmer seraient susceptibles de se transformer par imbibition et accroissement de leurs parois en globules de ferments de formes diverses, selon que les liquides avec lesquels on les met en rapport seraient susceptibles

d’une fermentation particulière. Dans les liquides sucrés, par exemple, les Schwœrmer se transformeraient en ferments alcooliques ou cryplococcus j et provoqueraient par conséquent une fermentation alcoolique.

« Si les idées de Rallier étaient juiles, on aurait pu déterminer expérimentalement la nature végétale des corpuscules contenus dans le sang infectieux.

«C’est ce but que se proposaient MM. Goze et Feltz , lorsqu’ils m’ont confié leurs tubes et qu’ils m’ont chargé du contrôle de leurs expériences.

« Dans les tubes ouverts de huit jours à trois semaines après leur préparation, je trouvai encore des granulations mobiles el des bactéridies : elles se rencontraient au fond du liquide et étaient les unes et les autres plus larges que dans le sang frais, à contours moins distincts, à mouvements beaucoup plus lents, et semblaient en voie de dépérissement. Dans un tube ouvert au bout de trois semaines, on ne rencontrait plus que des granulations et des bactéridies presques immobiles (tubes 102, 103 == sang scarlatineux, sang puerpéral).

« Dans les tubes ouverts plus tard , à partir de la troisième semaine jusqu’à la huitième , les bactéries avaient complètement disparu : à la surface du liquide nageaient de petites pellicules composées de granulations extraordinairement petites et de matières amorphes, probablement formées par les matières plastiques du sang en décomposition (tubes à sang puerpéral et scarlatineux).

«Le liquide contenu dans le tube 109, ouvert le 1er septembre, présentait, outre les pellicules décrites plus haut, quelques globules isolés, plus gros que les globules mobiles du sang infecté et munis d’un noyau central. 11 m’a été impossible de déterminer exactement la nature de ces globules (leucocytes?).

«Dans les tubes 100 et 101, je n’ai rien trouvé d’analogue à tout ce que je viens de décrire (tubes à sang normal).

« Enfin, dans deux lubes brisés par accident à leur partie supérieure, il s’étail introduit des spores de pénicillium: le mycélium de ce végétal s’était parfaitement développé dans le liquide et était même terminé à la surface par quelques pinceaux de spores parfaitement formées.

«Dans aucun des cas observés, je n’ai pu constater la moindre trace de fermentation , ni découvrir dans le liquide des globules de ferment. Même dans le cas où des spores de pénicillium s’étaient introduits dans les tubes, et où, selon Hallier, il eût dû y avoir nécessairement formation de ferment et par conséquent fermentation , je n’ai pu observer ni cryptococcus ni fermentation. »

11 est évident, d’après ce que l’on vient de lire, que dans nos tubes à sang normal M. Engel n’a rien vu , et que , dans nos tubes à sangs malades, il a retrouvé nos points mobiles et nos bactéridies. 11 résulte encore de ces recherches que les fermentations dont les bactéridies sont la caractéristique dans les sangs infectieux, ne se continuent pas dans les tubes de Pasteur, et qu’il est infiniment probable que nous n’avons pas affaire à des champignons plus ou moins développés, mais bien à des infusoires, ne trouvant pas dans nos liquides sucrés les conditions nécessaires à leur développement ultérieur.

Strasbourg, typographie Oc G. Silbcrmann.

Echelle miiïûiiietnque duSpecttuscope

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les lianes courbes indiquent la démarcation entre les couleurs du spectre elles parties obscures

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Bleu Vert ! Jaune Orange Rouge

Le Tableau est réduit au J?

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