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L'EXCITABILITÉ RÉFLEXE DES MUSCLES

DANS LA PREMIÈRE PÉRIODE DU SOMNAMBULISME Par M. Charles Richet.

La plupart des auteurs qui se sont occupés du somnambulisme n'ont guère étudié que la période pendant laquelle le sommeil est complet; mais, s'ils avaient fixé leur attention sur la première période, celle qui est caractérisée par de l'engourdissement, et qui n'a que des symptômes peu marqués, ils eussent sans doute reconnu une augmentation énorme de l'excitabilité réflexe des muscles.

Si, d'après les procédés empiriques des magnétiseurs de profession, on fait des passes devant le front et devant les yeux d'une personne qu'on veut endormir, on ne verra guère, pendant un quart d'heure, de phénomènes bien apparents, à moins que la personne n'ait déjà été endormie, ce qui la rend beaucoup plus sensible à l'action des passes.

Quoique les manifestations extérieures soient presque nulles, il n'y en a pas moins une modification notable de son état physiologique. Si l'on cesse les passes, et si on explore atten-

CHARLES niCHET,

tiveiïienl Fétal des muscles, on les trouvera très excitables* Voici comment on peut faire cette constatation : on tend fortement l'avant-bms sur le bras, en pressant à plusieurs reprises sur le triceps brachial, de manière à déterminer une sorte de malaxation de ce muscle, C est j| A* un procédé analogue que j ai pu, avec Brissaud ', montrer Texcilabilité extrême des muscles chez les hystériques : une contraction forte ou une oxcilalion mécanique du muscle suffirent à déterminer aussitôt la conlracture de ce muscle.

Chez les sujets soumis pendant quelque temps aux passes dites maynétiques^ on peut facilement provoquer la contracture du bras, comme si l'état physiologique de l'individu soumis aux passes étail le même que celui d*une hystérique. Le sujet garde son bras tendu sans éprouver de fatigue; mais il faut pour cela avoir, au préalable, par des malaxations du muscle, provoqué sou excitabilité ré II exe. L'autre bras étant simplement tendu, il y a une très notable différence, perçue par le sujet, entre ses deux bras. A celui qui est contracture, il ne ressent aucune fatigue, tandis que le muscle tendu se fatigue très vile, et devient bientôt lourd comme du plomb* (ibacun pourra faire sur soi-même cette expérience, et constater, qu'au bout de deux ou trois minutes, on sent dans le bras tendu horizontalement une extrême fatigue. Au contraire, les personnes qui viennent d'être soumises quelques minutes au magnétisme peuvent garder longtemps le bras tendu sans se fatiguer.

Non seulement la fatigue est moindre dans le bras ainsi contracture; mai» encore il faut une certaine force pour le détendre. Le patient peut le ployer, mais il reconnaît que cette llexion exige un certain effort, L observateur, en appuyant légèrement sur le bras, cdUstaLe qu'il est raide comme un morceau de bois, alors que le bras de l'autre côté fléchit à la moindre pression,

\. Pfoçrès médical^ mai-juin 1880. — Faits pour lenrir à rbîstoire des contractiireiç.

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