Archives de physiologie, 1981? p
CHARLES RICIJET.
dont Faiaé a 25 ans, qui n'a jamais présenté les symptômes derhystérîc confirmée. Tout au plus a-t-elle ressenti autrefois quelques-uns lie ces vagues phénomènes communs à presque toutes les jeunes femmes, el qui ne suffisent pas à caractériser une affection morbide. En fout cas, elle n'ajamais eu de crise ou d'attaque. En outre on n*a jamais fait sur elle d'expériences demaguétisme oudliypnotîsme. Cette personne peut donc Hre considérée comme étant dans un état tout à fait physiologique- Or sîy sans faire do passes, sans provoquer la fixation dti regard^ on presse un peu fortement les masses musculaires de Favant-bras ou du bras, on détermine alors la conlracture de ces muscles, contraelure qui se présente avec tous les caractères classiques et qui peut être indifféremment provoquée sur les extenseurs, les fléchisseurs des doigts, les lléchisseurs du pouce, le biceps ou le triceps brachial, etc. En un mot» elle est normalement dans le même état que les hystériques atteintes d'hi/sieria major.
Tout d'abord ces contractures sont un peu difficiles à provoquer; mais peu à peu elles surviennent de plus en plus fa-cilement, si bien qu'au bout de quelques minutes de relâchements et de contractions successives ou peut observer des contractures aussi intenses que n'importe quelle contracture pathologique ancienne.
Ces contractures provoquées disparaissent avec une facilité extrême, et il suffit d'une excitation très légère, comme par exemple Tinsufilalion, ou un bruit soudain, pour la faire cesser*.
On peut aussi, chez cette personne, faire une expérience assez intéressante, car elle jettoquelque lumière sur la nature physiologique de ces phénomènes» Si on lui prend la main et qu'eu imprime à cette main un léger mouvement oscillatoire, pendant une demi-minute à une minute environ» ce mouve-
1, Ce fait est U conliriuaiioTi formt^lo des c^iporionccs de MM, Hhidrnukin, Archwps de Pftûe^er, u XXV, fasc. 3 et 4»
Bu&MOPP et i
L'EXCITABILITE DES MUSCLES. 411
ment no pourra plus ùlrc arrêté par sa volonté. La première fois que j'ai fait l'expérience, à notre grande surprise à tous deux, le mouvement d'oscillation de la main a continué pendant près de dix minutes sans que la volonté ait pu rentraver. Les oscillations vont même en s'exagérant tant soit peu, de sorte que leur amplitude devient de plus en plus grande.
Il est permis de supposer que là cause de ce phénomène est la même que celle de la contracture. Par suite d'une disposition individuelle bizarre, les centres psychiques ne peuvent pas exercer leur autorité sur la moelle, de sorte que l'excitabilité médullaire réflexe est exagérée : les contractions persistent à Tétat do contractures, de même que les mouvements automatiques dus à la moelle se prolongent sans que la volonté puisse les faire cesser.
En tout cas, il est remarquable de voir ces phénomènes se manifester à Tétat physiologique sans qu'on puisse invoquer l'hystérie, Thystéro-épilepsio, le magnétisme ou Thypnotisme.
Quoique, pour beaucoup de raisons diverses, il soit difficile d'étudier ce cas d'une manière approfondie, j'espère cependant pouvoir bientôt donner à la Société plus de détails à ce sujet.