PARALYSIES ET ANESTHÉSIES RÉFLEXES
les mains ont élé exposées au venl et au froid modéré, il se fait dans la sphère du radial, quolriuefois aussi, mais plus rarement, dans la sphère du cubital, un léger degré d'ânesthésie. Cotte anesLht^sie se manifeste par les sj'mptnmes habituels : engourdissement, insensibilité au contact léger, fourmillement, exagération de la sensibilité douloureuse^ retentissement d^une excitation superficielle dans toute la sphère nerveuse voisine, sentiment de chaleur on de froid, et non de toucher provoqué par une excitation tacHle.
En un mot, sous l'inQuence du froid extérieur, il v a anesthésie superficielle, exactement limitée à la sphère d'innervation, soit du radial, soit du cubital, La limite est parfois si exacte ([u'elle s'arr^^le h la moitié du médius ; un eèté étant normal, et l'autre étant engourdi.
Rarement il y a des troubles de la motilité; cependant, une ou deux fois, j'ai constaté quelque diminution de Tagilité des mouvements et de leur force.
Un fait est surtout à noter, qui a une très grande importance pour l'explication des phénomènes; c'est que presque toujours celle paralysie est symétrique^ portant sur les deux mains, alors même qu'une seule main est restée exposée à Tair.
Ces phénomènes d'anesthésie sont assez passagers; mais, lorsque la cause qui les a provoqués a cessé, ils persistent environ une demi-heure et parfois une heure. La sensibilité repasse alors par les mêmes phases, mais eu sens inverse, qu'elle avait jiarcourues tout à l'heure.
Quant aux troubles vaso-moteurs, je ne les ai constatés qu'une fois; cette fois-là, il y eut le phénomène connu sous le nom de doif/t mori^ l'index de la main droite étant, jusqu'à la deuxième articulation, absolument livide et cadavérique; mais l'insensibilité était eucore dans le pouce , droit, où la circulation paraissait à peu près normale, à l'index et an pouce gauches, où la circulation paraissait aussi intacte.
L*explication de ces phénomènes est loin d'être simple, et
CHARLES RIGHET,
je n*en saurais guère donner qu'uno théorie peu satisfaisante,
1** Il faut exclure Ihypothèse d'une action locale du froid* En effet, d'abord Fanesthésie est bilatérale : ensuite elle est limitée exactement à la sphère d'un des nerfs de la main. Donc il faut absolument admettre qu6 c*est une paralysie de cause centrale.
2*" On ne comprend pas non plus que la température des troncs nerveux périphériques soit modiliée; à la rigueur, on pourrait l'admettre pour le radial, mais pour le cubital, Texplication est inadmissible* D'ailleurs» Tanesthésie porte sur les deux mains de droite et de gauche, même quand une seule main eat découverte. Quant à la moelle^ il est clair que sa température reste invariable, quelle que soit la température du dehors.
3" Par élimination, nous arrivons à cette conclusion que c'est une action périphérique se transmettant aux centres. Il s'agit donc d'un pîiénoniène réflexe. Le froid extérieur, agissant sur les terminaisons nerveuses de la main, détermine une excitation de nature spéciale; cette excitation fait que les vaisseaux capillaires de la région excitée se contractent, et Fanémie locale de la main amène Fanesthésie.
Ce spaîîUie vaso-moteur rétlexe n'est pas suffisant pour être manifeste (sauf le jour où il y a eu le phénomène du (toigt mort); mais il suffit sans doute à amener une certaine insensibilité, quoiqu'il n*y ait aucune anémie apparente à ce moment.
Telle est, je crois» la seule explication plausible de ce fait qui intéresse Tétiologie de la paralysie radiale. C'est, à mon sens, un spasme vaso-moteur, incomplet, réflexe a frUjore^ qui détermine ce léger degré d^anesthésie.
D'autres personnes, sans doute, en s'observanl avec quelque soin, pourront, sous Tinfluence des mêmes causes, retrouver le même phénomène.