P. LANGLOIS
Expérience I.
Cobaye de 495 grammes. Hémisection de la moelle à la hauteur de la 6« vertèbre dorsale. La section est incomplète. Immédiatement après l'opération, le train postérieur était complètement paralysé; mais, une heure après, on constate de légers mouvements dans la patte postérieure gauche.
Calories >. Température.
14 février. Avant l'opération 7,600 ^^ ' '"*
15 février 9,130 36,50
16 février 8,300 37,85
17 février 9,400 36,80
Expérience II.
Cobaye de 525 grammes. Section incomplète à la hauteur de la l'« lombaire.
Calories. Température.
Avant l'opération 6,400 38»,90
f 3g Immédiatement après l'opération . . 11,600 j
La deuxième heure 8,300
L'heure suivante 8,500 ^ ^, ^„
La deuxième heure 5,440 '„
Le lendemain 7,470 37
Expérience III.
Cobaye de 530 grammes. Section complète à la hauteur de la 5» dorsale.
Calories. Température.
Avant l'opération 7,400 39*
L'heure suivante 10,200 j f!'^^
L'animal meurt dans la nuit.
La deuxième heure 5,600 1
1. Les chiffres indiqués répondent aux quantités de calories dégagées par kilogramme d'animal et par heure.
CALOHIMÈTRIE APRÈS SECTION DE LA MOKLLE. 419
EXPIÎHÎKNCR IV,
Cobajre de 523 grammes. Ilémisectîon à lu hauteur de la *• dorsale.
C«JQ4^tS
Avant l'opération
L*heiire suivaule 10,790 ./
La deuxième heure. ..,.,.,. 8,550
Exp. IV
hxp. 1
Fia. !53. — Graphique de ïa radiatiou caloric|Uf chez les cobaven après tniumaa»ai« de la ma«llc,
La cotoone eolière întîiqtjo la «juantiu* totale dea eaînrics <*M&m% an calopîm^trn. f^ pariîo hachc^e mpi^s^oio lo nombre â« caloriei cédéas par le rerroidîssiomeni du coppt de l'animal Lira de ^aurlieà ilroitp. I^a première colonne ind]<|ue les Cûluhes avant I4 section miîduElaire pour eba4|ii« expérience.
Après l'opération 3,800 | ^^ '^^
La deuxième heure 2,800
Calories. Températur*.
Avant l'opération 3,250 38%85
Expérience VU.
Lapin de 3^M.'>0. Section incomplète vers la 4* dorsale. Hémorragie abondante pendant l'opération. Cordons antéro-latéraux droits non sectionnés. Compression de la moelle?
• Calories. Température.
Avant l'opération 3,500 3g*
i 37 Après l'opération 3,600 J
Mort pendant la deuxième heure.
Expérience VIH.
Lapin de 3 kilogrammes Section incomplète à la hauteur de la 4* dorsale. Cordons postérieurs seuls coupés. Substance grise presque intacte.
Calories. Température
Avant l'opération 3,000 39ol0
Après l'opération 3,900
La deuxième heure 3,250
Le lendemain i2'^ff,800) 3,150 |
Le troisième jour (2'^<f,500) 2,500 J ^^'°^
ExPfelENCE IX.
Lapin de 2*^,850. Section complète à la hauteur de la 6* dorsale.
Calories. Température.
Avant l'opération 3,500 38<»80
Après l'opération 3,000 | ^^',^!
in
p. LANGLOIS.
EXPÉRIEI^CB X.
Lapin de 2*^«,800. Section incomplète à la hauteur de la û' dorsale, Pïécropsie non faite.
Calorîwi. Température.
Ayant ropératioti . . • :ti400 38%70
f 38 Après Fopération 3,850 [ «<- .^
La deuxième heure 3,050 ^'j.
Le lendemain ^ , :i/25(> ^^*
Si l'on ne tient compte que des résultats bruts obtenus par les mesures calorimétriques, on voit que dans presque toiiles
les expériences^ la radiation calorique a été augmentée par le traumatisme de la moelle. Cbez les cobayes surtout cette augmentation peut être considérable, plus de 3Û p. 100. Hn même temps, il se produit un abaissement thermique considérab]e| Que cet abaissement thermique central soit dû à une vasodilatation périphérique entraînant une hyperradialion considérable, le fait nous parait hors de doute. Mais il était important de chercher quelles étaient les perturbations apportées dans les rapports entre la production de chaleur et la radiation thermique. Les données thermométriques ne peuvent fournir qu*un résultat brut : le maintien ou la nipiure de Féquilibre entre ces debx facteurs.
Quand la température de Tanimal eo observation reste constante pendant la durée de lexpérience» il suflit de constater si, chez un animal à température anormale, la radiation calorique est augmentée ou diminuée pour conclure à une exagération de la theimogénèse ou à une rétention de calorique. Dans les cas de traumatisme de la moelle les données sont plus complexes.
Les mesures calorimétriques avec les appareils actuels exigent un laps de temps assez considérable, une heure au
moins, pour permettre d'atténuer les causes trerreur dues aux manipulations marnes de 1 appareil et à Félablissement
de l*équî libre dans réchauffement des parois de Tap pareil. Pendant ce temps la température de ranimai subit des variations considérables et que Ton ne saurait négliger.
Supposons un animal de SOO grammes (exp. I) placé dans le calorimî^lre àla température de 38",o0. Au bout d'une heiwe, rappareil indique une radiation de 5 800 calories (soit M 600 par kilog/). Mais le thermomètre nous montre que la température rectale s'est abaissée pendant cette heure de l^^BO, Or si Ton admet que la chaleur spécifique du corps est sensiblement égale à 0,83, que l'abaissement thermique mesuré dans le rectum donne lechitfre moyen de la température générale du corps, on peut calculer qu'un animal de 500 grammes acédé à lappareiKpourse refroidir del%50»620mîcro-calories; il faut donc déduire» pour avoir la production de calories, cette quantité cédée par le corps. C'est ce que nous avons voulu bien mettre en évidence dans les graphiques annexés à ce mémoire, en décomposant en deux parties les colonnes indiquant la quantité de calories rayonnées. Les parties hachées correspondent àhi perte de chaleur due au refroidissement de TappareiL De même, dans rexpérience VIII, la température de l'animal ayant augmenté de 0,40, nous avons ajouté, an-dessus de la colonne pleine indiquant la quantité de calories rayonnées, les 3o0 calories utilisées par lanimal pour porter sa température de38^,t0 à ri8\oO et qui nécessairement doivent entrer en ligne de compte dans le calcul de la production de chaleur. En un mot, sur un animal à température variable, la quantité de calories réellement produites par lui est donnée par la formule
L* ^^ — '"^ rr
Q étant la quantité de calories mesurée, t-t' la variation de température, positive ou négative, P le poids de ranimai, <î ta
chaleur spécifique du corps. II est évident que ces chiffres ne peuvent ètreqo'approximalifs. Nous admettons, dans nos calculs, que la chaleur spécifique du corps est égale à 0,83, alors qu'elle est légèrement varîalde et, ohjection plus grave, que les variations de la tempéralure rectale indiquent les variations moyennes de la tempt'rature totale.
De nombreuses observations, faites avec des thermomètres à réservoir munis de pointes métalliques et permettant de les introduire dans les masses musculaires, nous ont montré qu'approximalivement au moins, le chiffre pris dans le rectum pouvait être considéré comme indiquant avec une exactitude suffisante le refroidissement lolal du cor|»â, au moins, quand il s'agit d^observations prises pendant un temps assez long ',
En tenant compte de ces considérations, on voit que si, dans presque toutes les observations, le rayonnement calorique a été exagéré après le traumatisme de la moelle, l'activité de la thermogénèse a présenté des différences importantes. Dans quelques cas d'hémisecliou, non seulement il y a eu, par suite de la vaso-dilatatiou, exagération de la radiation, mais encore suractivité tliermogénique. Sous Tintluence du traumatisme, les combustions interstitielles ont augmenté. Dans les autres cas, au contraire, la vaso-dilatation seule doit être incriminée dans Taugmenlation de la quantité de chaleur émise, et l'activité des combustions avait diminué; il en a toujours été ainsi quand la section avail été complète : ces observations calorimétriques sont en concordance avec les recherches sur l'activité des échanges respiratoires chez leschiens à moelle sectionnée, MM, HAWRtOT et Cii. Richet ont vu, dans ce cas, la production d'acide carbonique tomber au sixième de laquan* lité normale^
En résumé : les recherches calorimétriques montrent qu'a-
l, P. Lanolois, « Calorimétrie directe chez rhomine. w Thèse de Paris, tSSl [Journat d'anafomie et de phf/séoîogie, 1881, p. 321 . J'étais armé apréi d« nombreuses mesures sur les enfants ^l dos conclusions analogues. 2, Cb. Richbt. «( La chaleur animale <% p. 167,
près traumatisme de la moelle (section ou hémisection), sauf de rares exceptions, la radiation calorique est augmentée dans les premières heures qui suivent l'opération. La production de chaleur dans certains cas d'hcmisection est elle-même accrue, quelquefois même dans des proportions suffisantes pour annihiler les perles par radiation dues à la vaso-dilatation périphérique, et amener de Thyperthermie; toutefois, dans le cas de section complète de la moelle, la diminution de la thermogénëse a été la règle.