POUVOIR DIGESTIF DU PANCRÉAS
DANS l'état de jeune CHEZ LES ANIMAUX NORMAUX ET DÉRATÉS*
Par MM. J. CSarvallo et V. Pachon.
Le travail d'élaboration des principes digestifs du pancréas a-t-il lieu exclusivement aux divers moments de la digestion? Ou, au contraire, la glande pancréatique renfermet-elle et continue-t-elle elle à accumuler, en dehors des phases périodiques de la digestion, ses ferments spéciaux (la trypsine, en particulier) ou, au moins, les principes générateurs de ces ferments? Tel est le sujet de ce travail.
C'est là une étude qui n'intéresse pas seulement la physiologie spéciale de la digestion; elle se rattache directement à un problème de physiologie glandulaire générale bien important. Les glandes — quelles qu'elles soient — procèdentelles, dans l'élaboration de leurs principes actifs, par intermit-
1. Les premiers résultats do ces recherches ont fait le sujet d'une communication à la Société de Biologie, le 17 juin 1893 {Comptes rendus de la Société de Biologie, 1893, p. 641).
tences, par périodes, quand viennent lessolUciler au travail des excitants spéciaux, comme les aliments, par exemple, pour les glandes digestives?Ou bien, au contraire, en dehors des phases intermillcntes de plus grande activité» existe-t-il pour les cellules glandulaires des états constants, continus, de moindre activité ? De mt*me que le muscle, tout en n'enlranlen travail effectif, en contraction apparente que sous riniluencc de certains excitants, de la volonté, par exemple, n'en possède pas moins d'une façon constante un lonus permanent; de même, ne doit-on pas admettre pour les glandes un certain /o/H/x y/^Tir/i/MZ/T permanent, représentant, en définitive, un état moindre — mais continu — de travail, d'activité, tout comme le tonus musculaire? Le problème ainsi posé, il est évident que Fétude des glandes digeslives, que l'on peut à loisir surprendre au moment de leurpérioded^activitémaxima, correspondant à la digestion, et, en dehors de cette période, est faite mieux que toute autre pour y porter quelque éclaircissement.
Nous nous sommes donc proposé de rechercher si le ferment protéoly tique du pancréas ou, tout au moins, si la substance (zymog^ne,protrypsine) dont il dérive — la théorie de HoDE.xHAiN supposée exacte — est le produit d'une activité continue des cellules glandulaires, possible indépendamment de toute excitation spéciale de nature alimentaire. L'étude du pouvoir digestif i vis-à-vis des albuminoïdes) de la glande pancréatique dans 1 état de jeune, c'est-à-dire Tétat de prétendu repoi, se trouvait ainsi tout indiquée.
Nos expériences ont porté sur deux séries d'animaux (chiens) à jeun ; les uns normaux, les autres dératés. Les diverses méthodes» suivant lesquelles ont été préparés les €Jr traits glandulaires qui ont servi à nos essais de digestion artificielle, sont relatées au cours de nos expériences.
J. CÂRVALLO ET V. PACHON.
Les extraits du pancréas des animaux (cliiens) normaux, à Jeun, digèrent la âbrine.
Expérience L
Un cbieri de H* .200 est mis à jeun, le 18 mai ; jeune absolu : ranimai n'a ni h boire, ni à manger. On !e sacrille par piqûre du bulbe, le
23 mai. Le pancréas est enlevé pendant tpt^ le (!oeur de ranimai bat encore; ils'agit donc là d*un pancréas absolument frais et cht^z un animal à jeun depuis 5 jours.
La glande, qui pèse 21* grammes, est divisée en V> parties égales.
La première partie, broyée en petits morceaux, est placée avec 2 î^ramnies de fibrine dans MH> grammes d'une solution pbeniquée à 2 p* 100, qu'on alcalinise faiblement avec une quantité suffisante de CO*Na' ; le tout est mis dans un petit ballon Pastedr et exposé à l'étuve à 40". Le liquide de digestion , à forte odeur phi**niquée, examiné après
24 hemvs, précipite abondamment par AzO^H, et, après lîttraUon, donne à frotd une réaction francbe de biiiret *. 11 y a donc eu dissolution et peptonisation de fibrine » il reste des grumeaui de glande et de fibrine dans !e liquMe,
La deuxi»mie partie, exposée d'abord à Toxyg^ne pendant 24 beures ', est ensuite traitée de la m<?me façon et donne des résultats identiques, aussi nets, sans être plus accentués.
La troisième partie sert a préparer un extrait pancréatique suivant la méthode de Hfjdenhain (broiement de la glande avec son poids d'une solution de C^H*0- al p. 100 et infusion pendant trois jours avec dix fois son poids de glycérine), L*extrait tlitré, alcalinise faiblement par une quantité suffisante de CO\Na- et étendu de 100 grammes d'eau distillée, est placé dans un ballon Fasteur avec 2 grammes de fibrine et mis à r^tuve à 48'\ Au bout de trois heures, la fibrine est fortement
!. Pour la recherche dos peptones nous avons également traité nos liquides de digestion, dans le but de précipiter les propeptoacs, par h ferrocyanure de potaasium acidulé par Tacide acétique ; puis, après aroir laissé reposer viogtquatre heures H fittré ensuite, recherché le biurct dans les liquides filtrés. Dans ces conditions, nous avons toujours obtenu lo biurct ù fraid toutfs les fois que nous l'avions obtenu, également à froid, dans les liquides Jiltrés après précipitation par AzÛ^ ti .
S. A part cette seule fois, les pancréas qui ont servi à fu.îre nos extraits et nos infusions ont toujours été broyés immédiatement après leur extirpation do Vanimal vutiai^sans exposilion préalaàieàî'air d^uno durée dépassant cinq minutes.
attaquée, déjà ramollie; après six heures, la fibrine est totalement dissoute; le liquide clair, sans mauvaise odeur, précipite très légèrement par AzO^H et, après filtration, donne à froid une très belle réaction de biuret. Avec cet extrait, la peptouisation de la fibrine a donc été presque complète en six heures.
La quatrième partie, broyée, est mise à macérer pendant quarantehuit heures à 28° avec 24 grammes de la solution suivante :
Eau 70 grammes.
Glycérine 25 —
Acide phénique cristallisé 5 —
Cet extrait glycéro- phénique filtré, 'alcalinisé faiblement par une quantité suffisante de GO^Na^ et étendu de 100 grammes d'eau distillée, est placé dans un ballon Pasteuh avec 2 grammes de fibrine et mis à l'étuve à 40°. Après vingt et une heures la fibrine est presque entièrement dissoute; restent seulement quelques grumeaux. Ce liquide, légèrement trouble, à forte odeur phéniquée, précipite abondamment par AzO^H et, après filtration, donne à froid une réaction franche de biuret. Donc dissolution totale et peptouisation partielle de la fibrine.
La cinquième partie est broyée avec un poids égal de rate prise sur un chien que l'on vient de sacrifier six heures après lui avoir donné un copieux repas. La masse pancréatico-spténique est mise ensuite avec 2 grammes de fibrine dans iOO grammes d'une solution phéniquée à 2 p. 100, qu'on alcalinise faiblement avec une quantité suffisante de CO^Na-*; le tout est placé à l'étuve à 40°. Après vingt-quatre heures, une faible partie de la fibrine seulement a été dissoute; ce liquide est trouble, précipite par AzO^H, et, après filtration, a une tendance légère à donner le biuret. Après quarante-huit heures, précipitation par AzO^H et biuret à froid dans le liquide filtré; il reste un léger résidu de fibrine iiiattaquée. La rate en digestion a donc plutôt gêné que favorisé la digestion de la fibrine par le pancréas à jeun, contrairement à l'opinion de Uehzen.
Expérience IL
Un chien de 1^9,iOO est à jeun depuis le 27 mai. Le 31 mai, à 10 heures du matin, on pratique la gastrectomie à cet animal, qui meurt à 7 heures du soir, avec une température de 34°, sans phénomènes inflammatoires du côté du péritoine. Le pancréas est alors enlevé , il pèse 23 grammes. On le divise en trois parties égales.
La première partie, broyée, est placée avec 2 grammes de fibrine dans 100 grammes d'une solution phéniquée à 2 p. 100, qu'on alcalinise faiblement avec une quantité suffisante de CO^Na^'; le tout est mis à l'étuve à 40°. Après vingt-deux heures, une grande partie de la fibrine
4aO J. CARVÂLLO ET V. PACHON.
est dissoute, ce qui reste est rainolli ; te liquide, trouble, à odeur phéniquée foiie, précipite par AzO'H et, après Ûllralion, donne à froid la réaction du biureL La fibrine est entièrement dissoute au bout de quarafit€-hûit heures; â ce moment le liquide précipite toujours par AzOni et, après fîltraiion, donne (e biiiret. Doue globulinen et peplones-
La deuxième partie est Iniilée par la méthode Hfjde.nhain. L*extrait Bltré» alralînisé faiblement par une quantité suffisante d'une solution de CO^Na=* et étendu de 100 grammes d*eau distillée est placé avec 2 gram* mes de flbrinet dans un verre à expérience et mis à Téttive à 40«* Après trois heures » la fibrine commence â être attaqu<5e, c'estâ-dire à se ramollir- Après sept heures, la fibrine est presque lolaîement dissoute; il reste seulement un petit résidu ; la liqueur claire, sans mauvaise odeur, précipite pai^ AzO^U et, après fîttration, donne à froid le biurel.
La troisième partie est traitée par 28 grammes du mélang-e glycérophéniqué :
Eau 70 grammes.
Glycérine i5 —
Acide phéniquc . , . , 5 —
et mise à macérer pendant quarante -huit heures h la température de 28*». L'extrait est alors tlïtré, étendu de 100 grammes d'eau distillée et alcalinîsé faiblement par une quantité suflisante de CO^Na^; on le place ensuite avec 2 grammes de fibrine dans un verre à expérienoe à Tètuve à 40^.
Après dix-huit heures, la fibrine est en grande partie dissoute, ce qui reste est ramolïi; ]p liquide clair, à forte odear phéniquée, précipite par AzO^H et, après llltration, donne à froid la réaction du biuret.
Après vingt- huit heures, mAmes réactions : il reste un léger résidu de fibrine. Donc dissolution, peptonisation de fibriae; en un mot, digestion.
EiPÉmENCE m.
Chien de 8 kilogrammes, soumis à un jeûne absolu de J 2 jours, du 5 au 17 juin* A cette dernière date» il est sacrifié par piqûre du bulbe. Le pancréas, enlevé pendant que le ccBur de Tuniinal bat encore (pancréas frais), pèse 18 grammes. Il est de coloration trAs pâle ; on le broie immédiatement avec du verre et on en fait trois parts :
La première partie sert à préparer tin extrait fçljcéro-acé tique (méthode lÏEmKNHAlN).
La deuxième partie sert à préparer un extrait glycéro-salicylique, pour lequel ti grammes de glande sont traités par 30 grammes de glycérine et 30 grammes d'une solution d\icide salicylicfue â 1/000".
La troisième partie est infusée dans 00 grammes d'une solution de CO^Na* à i p. 100, qu'on a laissée préalablement se saturer à froid de
thymol, après y ayoir fait dissoudre à chaud 1 gramme de cet antiseptique.
Les deux extraits et l'infusion alcaline sont laissés à macérer pendant trois jours à la température du laboratoire. Au bout de ce temps, après flltration, on les additionne de 100 grammes d'eau distillée et de 2 grammes de fibrine, et on les met à l'étuve à 40o. Ces deux extraits acides sont alcalinisés avant d'être mis à l'étuve.
L'extrait glycéro-acéUque a digéré (dissolution totale et peptonisation partielle) la fibrine en huit heures.
L'extrait glycéro-salicylique et l'infusion alcaline ont digéré en sept heures.
Les extraits du pancréas des animaux (chiens) dératés et & Jeun digèrent la fibrine.
EXPÉRIKNGB IV.
Chien de 8 kilogrammes. Splénectomie le 11 avril. L'animal pèse H^sJ^O le 27 mai suivant. A ce moment, 27 mai, il est mis à jeun (ui aliments, ni boissons). Sacrifié par piqûre du bulbe le 1*' juin. A l'autopsie, pas de rate supplémentaire. Le pancréas, enlevé pendant que le cœur de l'animal bat encore (il s'agit ainsi d'un pancréas absolument frais), pèse 21 grammes.
Gomme dans l'expérience IL la glande est divisée en trois parties et sert à trois essais de digestion artificielle : la première partie, broj^ée, est placée avec 2 grammes de fibrine dans 100 grammes d'une solution phéniquée à 2 p. 100, faiblement alcalinisée ; le tout est déposé à l'étuve à 40<*. — La deuxième partie est traitée par la méthode Heidenhain ; la troisième partie est mise à macérer dans noire mélange glycéro-phéniqué pendant quarante-huit heures, à la température de 28<>. Ces trois extraits, filtrés, étendus de 100 grammes d'eau distillée, et faiblement alcalinisés, sont mis à l'étuve à 40<> avec 2 grammes de fibrine. — Dans les trois essais la fibrine a été totalement dissoute et en partie peptonisée, en vingt-deux heures dans le premier, en dix heures dans le second, en vingt-quatre heures dans le troisième.
ExpiaiEiNCE V.
' Chien de G^^ff^GOO. Splénectomie le. 4 mai. L* animal pèse le 3 juin 6*'*,400. A cette date Tanimal est mis à jeun; on le sacrifie le 8 juin, par piqûre du bulbe. Le pancréas est enlevé, pendant que le cœur de l'animal bat encore (pancréas frais); il pèse 13 grammes.
J. CARVALLO ET V. PACHON*
La glande sert à deux essais de digestion de la Ûbrtne : premier essai de digestion de fibrine» après ayoir traité la glande par la méthode Heïdenbaïn ; deuxième essai de digestion de 2 grammes de ilbrine» après avoir fait macérer la glande deux jours à 28' dans notre mélange glycéro-phéniqué. — Dans les deux essais il y a en dissolution totale et peptouisation partielle de la Obrine, après huit heures dans ie premier après vingt-quatre heures dans le deuxième essai.
ExpéaiENCJs VL
Chien de 0^",4(M). Spléneclomie le îû mai. Poidsle 17 juillet; fi^'^^lOO. A celte date mis â jenn; le JO- juillet, sacriliè* par piqûre du buibe. Le pancréas, enlevé pendant que le rœur de Taninial bal encore (pancréas iTais], pèse 14 grammes. On ne trouve à l'examen de la cavité ahdorainale ni rate suppïémeîilaire, ni trace de régénération de la rate.
La glande paniLTéatique, Immédiatement broyée avec du verre, sert à préparer un extrait glycéro-salicylique (macération de la «lande dans 5 fois son poids de ji^lycérine et 5 fois son poids d'une solution d'acide salicyhque à 1/1000*^).
LVxtrait, affres macération de trois jours» à la température du laboratoire (15* k iT°j, est liltré. aïcalinisé, additionné dt* 100 grammes d'eau distillée et mis à Tétuve à 40" avec 2 grammes de fibrine. En six heures la fibrine est ©ntièremeut dissoute, et peptonîsée en [>nrtie (la liqueur de digestion précipite par Az0 41» et, après un repos de quelques minutes, le liquide filtré donne à froid une belle réaction de biuret).
Conclusions.
La lecture de ces cxpérieiices montre, on le voit, que Texlraii du pancréas à jeun dos animaux, soit normaux, soit dératés, s*est toujours montré d'un pouvoir digestif actif visà-vis de la librioe.
On remarquera que, dans le but de rendre nos ex[>(5riences de flij^eslion artificielle plus démonstratives, nous avons tenu à opérer le plus souvent on milieu antiseptique. Nous nous sommes servi à cet effet, pour mettre nos liqueurs de digestion à l'abri des influences microbiennes, soit d'acide phéni-que, soit d'acide salicyliquo, déjà indiqué par K.L'ii>£ pour
Tétude de la digestion artiûcielle pancréatique. — L'extrait qui, à notre avis, doit constituer l'extrait de choix, est l'extrait glycéro-salicylique, tel que nous Tavons formulé (macération de la glande pendant trois jours, à la température ordinaire, dans 5 fois son poids de glycérine et S fois son poids d'une solution d'acide salicylique à 1/1000"). L'acide phonique a, en effet, le grave inconvénient de gêner beaucoup la digestion pancréatique, dont il retarde l'évolution dans uae mesure vraiment considérable. L'acide salicylique entrave beaucoup moins, au contraire, l'action du ferment protéolytique du pancréas, tout en s'opposant aussi efficacement aux actions microbiennes. — Aussi bien, dans de telles conditions, les liquides digestifs n'ont-ils jamais, dans nos expériences, exhalé aucune mauvaise odeur, ce qui pourrait déjà suffire à éloigner toute hypothèse d'action des microbes de la putréfaction. Pour éloigner cette hypothèse d'une manière définitive, nous avons fait les expériences comparatives suivantes :
Expérience VII.
100 grammes d'urine alcalinlsée faiblement par GÔ^Na' sont mis à Tétuve à 40*» avec 2 grammes de fibrine. Au bout de vingt-quatre heures. Je liquide dégage une odeur forte, nauséabonde, la fibrine gonflée reste en suspension au milieu du liquide ; après quarantehuit heures, après trois jours, la fibrine est toujours en suspension dans le liquide. Précipitation par Az 0^ H ; mais pas de biuret dans le liquide filtré. Il y a donc eu une faible dissolution de fibrine, mais pas de pep- Ionisation, c'est-à-dire pas de digestion.
Expérience VIIï.
100 grammes d'eau de Seine sont mis à Tétuve à 40*> avec 2 grammes de fibrine. Après vingt-quatre heures la fibrine a son aspect normal. Après quarante-huit heures, la fibrine est gonfiée, mais entièrement en suspension dans le liquide. Après trois jours, les 9/10''" de la fibrine restent toujours en suspension; le liquide légèrement louche, sentant mauvais, précipite par Az 0' H, mais ne donne pas de biuret dans le liquide filtré après précipitation par Az 0* H. Donc faible dissolution de fibrine, mais pas de digestion proprement dite.
J, GAHVALi:0 ET V, PACHON,
Deux morceaux de foie ffti'on îi laissés quelques minutes sur une table el deux raorceaux de pancréas pris sur le nukne animal it jeun servent à préparer H* un extrait du foie et un extrait du pancréas par la méthode HniDKNnAiN' {lïc'uhi acétique et glycLTirie) ; 2" un extrait du foie et un extrait du pancréas par notre mélange glycéro-phéniqué. Tandis que» dès la septième heure, à l'étuve à 40*, l'extiait Heidenbaix du pancréas à jeun a totalement dissous et partiellemement peptonisé 2 grammes de fibrine, l'exlrait Heidenhain du foie contient, quarantehuit heures après, encore toute sa fibrine intacte* L*exlrait g'lyt:éro-phéniqué du pancréas à jeuii a presque totalement dissous et peptonisé, de son côté, en vingt-quatre heures, 2 grammes de fibrine, tandis que l'extrait glycéro-phéniquê du foie a laissé, après trois jours, la fibrine absolument intacte.
L'expérience IX est, à notre sens, particulièrement démonstrative, si quelqu'un était porté à attribuer dans nos expériences la digestion de la fibrine à toule autre cause, aux mîorolïes, par exemple, qu'au ferment pancréatique protéolytique.
En résumé t /^* paneréax des af}imnuT ii jpuiî, normaux ou fierai f'À\ pris sur ranimai encore vimitit ei misa macérer dans divers tw/ticHles\ dont la fflycérine en particulier peut être la Imse^ donne des extraits qui, toujours, sont capables de digérer la fibrine.
Autrement dit, il est possible d'obtenir avec le pancréas dos animaux en état de jeûtie, aussi bien qu'avec le pancréas des animaux sacrifiés en pleine digestion, le ferment tryptique \
Ce résultat est important au point de vue de la solution du probl6me de physiologie générale glandulaire, dont il était (|uestion au début dece travail* Si le paocréas, dans rétat de jeune, — surtout après des jeûnes de cinq et douze jours, - —
1. Des expérkiices faites âur le pouvoir digestif de l'estomac des chiens à jeun nous ont montra de même qu'nrec ïea estomacs à jeun on pouvait obtenir, par mac«iatbn» fo ferment peptiquo. C'est donc là un fait commun aux glandes digestivcfi.
contient encore ses principes digestifs actifs, c'est qu'il continue à se faire dans rintérieur des cellules glandulaires, pendant cette période de repos plus apparent que réid, une élabo-
ration — moins active», sans doute ([>our cette simple raison tonl d'abord, que l*apporL des rualcrianx extérieurs est suspendu) mais continue, — de ces principes actifs.
Et, de là à étendre cette loi du travail ff la ndaf aire contiim, démontrée pour la glande pancréatique, à toutes les autres glandes, n'y aurait-il peut-être rieu d'excessivement téméraire'?
DiseusslOE et critique.
A la suite de la publication des premiers résultats sur nos recherches relatives a l'activité digestive des infusions du pancréas d animaux à jeun normaux ou dératés, il s'est élevé entre M. A. Herzen et nous une discussion dont il est résulté quelques faits intéressants que nous résumerons ici,
La lecture de divers passages des nombreux travaux de M. Scnn-'F et A. Hekzen sur les rapports de la rate avec la fonction digestive du pancréas^ nous avait laissé penser que ces physiologistes considéraient les infusions de pancréas d'animaux à jeun ou dératés comme absolument dénuées de tout pouvoir digestif vis-à-vis des albuminoïdes. La relation par M. IIefizen, dans deux mémoires ditïérents [Cenfralblali far dfr med. \Vissensch.,iSll. L XV, pJ*'do[~ P//û*jer s Arckiv, inm, L XXX, p. 293-296J, d'un fait d'inactivité complète d'une in-