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CHAHLES aiCHET.
Qoant à la peur, elle est tantôt paralysante, tantôt slîmulanle, selon les cas. Tantôt elle empoche d'avancer et par conséquent de s'exposer au danger; tantôt, au contraire, elle stimule les forces au point fie donner des ailes, comme on dit proverbialement.
Vertige, dégoût ou peur, toutes ces manifestations inslinctîves nous avertissent du danger et nous forcent malgré nous à être prudents. Il semble que la Nature ait voulu nous mettre en -arde contre nous-raéme et nous inspirer pour notre salut des sentiments si forts que nous ne puissions pas les vaincre.
Mais ce sont des études plus psychologiques que physiologiques, et, à mon grand regret, je n'insisterai pas davantage.
La défense hmmhUate contre le traumatisme peut être divisée en deux chapitres, suivant qu'on étudiera les phénomènes généraux et les phénomènes locaux.
Étudions d'abord les phénomènes généraux, et prenons le cas le plus simple, celui d*un traumatisme quelconque, d'une plaie olfensant un point quelconque de la peau. A la suite de ce trauHKitisme surviendront immédiatement des phénomènes rétlexes et des phénomènes de conscience.
Tout se passera comme si Texcilation nerveuse transmise au centre allait provoquer, d'une part la vibration de la moelle avec ses conséquences, c'est-a-dire Texcilalion de divers nerfs moteurs; d'autre part, une vibration du cerveau avec ses conséquences, c'est-à-dire la conscience de Texcitation forte, autrement dit une douleur.
Envisageons séparément ces deux phénomènes, etd'abord, pour simplifier, les phénomènes réflexes.
On peut considérer la moelle épiniére et le bulbe, qui est sa région supérieure, comme constitués par une série de centres ganglionnaires, superposés, centres moteurs du cœur, de l'iris, des vaso-constricteurs, de la respiration, de l'intestin^
FONCTIONS DE DÉFENSE. .iOl
de Testomac, etc. — Nous laissons bien entendu de côté les centres qui président au mouvement des muscles de la vie animale. — Il s'ensuit que toute excitation de la moelle est capable de mettre enjeu ces différents centres, et par conséquent capable d'exercer une action sur les mouvements de nos viscères, rythme cardiaque, rythme respiratoire, tonicité des vaisseaux, sécrétion biliaire, mouvement de l'iris, de l'estomac, de Tinlestin, etc.
La complication est môme très grande, car il n'y a pas seulement des phénomènes de stimulation, il y a encore des phénomènes de paralysie ou d'inhibition. Et ce qui complique encore la réaction finale, c'est que généralement chacun de ces appareils peut être innervé par des muscles ayant une action opposée. Ainsi, il y a des centres inspirateurs et des centres expirateurs, des centres vaso-constricteurs et des centres vaso-dilatateurs; un centre qui agrandit la pupille, et un centre qui la rétrécit, des nerfs qui arrêtent le cœur et des nerfs qui l'excitent ; des nerfs excito-sécréteurs et des nerfs fréno-sécréteurs. Chacun de ces centres antagonistes peut entrer en jeu dans un double sens, tantôt en étant stimulé, tantôt en étant inhibé. Par conséquent, pour le cœur par exemple, nous concevons bien qu'il y a quatre modalités possibles : excitation du centre accélérateur'; inhibition du centre accélérateur; excitation du centre modérateur; inhibition du centre modérateur.
De là une diversité presque infinie dans les réponses, suivant la qualité et la quantité de l'excitation.
Or il est facile de prouver que toute excitation, non seulement est capable do provoquer des réflexes sur tous ces organes, mais encore les provoque effectivement; car il est impossible d'admettre qu'une excitation forte, agissant sur les centres médullaires, ne va pas les stimuler. Aussi, si l'on se place dans de bonnes conditions expérimentales, peut-on constater que chaque traumatisme retentit sur la respiration, sur le cœur, sur les vaisseaux^ sur les intestins.