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une cause de Iroublo pour rorgaïiisme; 2" toole excitation forte produit imo sensation douloureuse ; 3" donc l'organisme,, pour éviter la rlouleur, tend k se préserver contre les excitations fortes qui pourraient leur nuire.
A côté de ces procédés généraux de défense, il y a des phénomènes locaux par lesquels l'organisme réagit contre les traumatisme^. Il existe en elTet certains réflexes spéciaux, localisés, qui ont pour mission d'écarter des corps étrangers dont la présence serait dangereuse. Ces corps étrangers ofTotisifs ne peuvent guère arriver dans les voies aériennes, dans les voies digeslives. et, accessoirement, à la surface de ToBiL r/ost là seulement qu'il y a des muqueuses accessibles aux traumatismes par des objets venus du dehors*
Voyons d*abord la défense des voies aériennes, M importe avant tout que le poumon, organe de l'hématose, ne soit pas soujHé, obstrué, par des corps étrangers, et cependant il faut en même temps qu'il soit largement ouvert à l'air extérieur ; double problème, que la Nature a admirablement résolu.
Si en elîet un corps étranger arrive aux fosses nasales, il provoque une sensation spéciale, un cliatouillement particulier qni esL suivi d'éternùment. C'est un réflexe dont le point de départ est dans la muqueuse nasale, sensible grâce aux terminaisons du nerf de la cinquième paire, dont le centre de réflexion est dans les régions respiratoires du bulbe, et dont le dernier terme est dans les muscles expirateurs. L'éternûment consiste en une grande inspiration, suivie d'nue expiration brusque pendant laqu*dle la bouche est complètement fermée. Alors lair, introduit dans la poitrine par une grande inspiration, est rejeté tout entier, avec force, par une brutale et involontaire expiration, et contraint de passer par les fosses nasales, de manière à débarrasser les voies aériennes supérieures des objets qui les obstruaient. C'est un réflexe 'expnlsif irrésistible.
Supposons que robjet ait franchi ce premier obstacle et
FONCTIONS DE DKFENSE.
ait pénétré plus loin dans le larynx; il trouve là une barrière presque inâurmontabic. Nous ne parlerons pas des dispositions anatomiques de Tépiglotte et de la gtotto, d'ailleurs très efficaces pour empèeher la pénétration des aliments et des corps étranger?^, solides ou liquides, mais seulement des propriétés physiologiques de ces appareils sensibles. Or qu'un objet quelconque arrive au contact de la glotte, il se produit un phénomène très remarquable : c'est Farrêt brusque et total de kl respiration. Le courant d*air, qui entraînait Fobjet dans Tintérieur du poumon, s'arrête aussitôt, car il ne faut pas faire pénétrer plus avant cet objet dangereux^ offensif. Or la muqueuse de la glotte est innervée par le nerf laryngé su|iérieyr» qui a cette propriété remarquable d'arrêter la respiration quand il est fortement excité.
Non seulement l'excitation de la muqueuse de la glotte arrête la respiration, mais encore elle provoque une expiration brusque, qui est la toux. Je puis vous montrer Texpérlence sur ce chien narcotisé par une assez forte dose de chloralose. On lui fait lu trachéotomie, et il respire par la canule mise dans la trachée. Mais cela n'empêche pas sa murjueuïse laryngée d'être aussi sensiljle que s'il respirait par le larynx. Nous faisons la section complète de la trachée, et nous attirons avec des pinces le bout supérieur de la trachée et du larynx. A chaque inspiration la glotte s entr'ouvre légèrement, quoique dans ce cas la dilatation glottique soit parfaitement inntilepourla respiration* Alors jlntroduis le manche d'un scalpel entre les lèvres de la glotte, et vous voyez que, chaque fois que le scalpel touche la glotte, il survient une expiration brusque, une toux provoquée par le contact de ce corps étranger- C'est encore eu Lirvngé supérieur (|u'est due cette toux réflexe. Bn excitant le bout centra! de ce nerf» si Ton procède avec des courants électriques de force modérée, on voit cliaque excitation suivie de deux ou trois mouvements de toux.
Or qu*est-ce que la toux, sinon un courant d air, qui.
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CHARLES BlCllET
brusquemoDl expiré, balaye tout sur son passage, et projette au loin les corps étrangers liquides ou solides qu'il a ren€onlrés. Que» par suit*» iVatut d^'^glutîLion d/^feclueuse, quelques parcelles alinn^iiiaires vicnuenL à tomber dans la glolle, elles détermineront de violents accès de toux, une véritable suiïocalion, et Unspiralion pourra se faire à peine, iioa parce qu'il y a un obstacle matériel au passage de Tair» mais parce que Texcilation de la muqueuse inbibe puissamment les eenlres moteurs de rinspinilion.
Dr là cette conséqueuco, que, quand las nerfs sensibles du larynx sont coupés, il n'y a plus de protection contre la pénétration des matières étrangères. Elles arrivent dans la g lutte» et ne sont plus rejeté es par cette toux salutaire qui protège l'entrée des voies aériennes et en interdit l'abord à toutes substances solides ou liquides. — Si les chiens meurent au bout de quelques jours après qu'on leur a coupé les deux nerfs pneun'Hïgaslriqurs, c*esi en grande partie parce que leurs aliments ont pénétré dans le larynx, la trachée et les bronches, La sensibilité dn larynx est abolie, et il n'y a plus de protection coutre ce péril des corps étrangers.
Ajoutons aussi que ta sensibilité de la trachée et des bronches s'exerce non seulement contre les objets venus du dehors, mais aussi contre les objets venus du dedans. Les mucosités sécrétées par les glandes bronchiques sont rejetées par la toux. En un mot tes voies aériennes sont dotées do nerfs sensitifs très délicats, dont rexcitatiou amène la tous expulsive.
C'est ainsi quïi Tappareil fondamental de la vie, Tappareil de rhématose, se trouve annexé un appareil de défense admirablement efficace, sans lequel probablement la vie eût été impossible.
D ailleurs ce ne sont pas seulement les corps étrangers, liquides ou solides, qui agissent de cette manière ; les gaz caustiques provoquent les mêmes effets, par le même mécanisme sans doute, et cela non soulemenl dans la splière du
laryngé supérieur, mais encore dans la sphère du trijumeau qui innerve les fosses nasales.
Voici un lapin qui respire régulièrement, et vous pouvez observer sa respiration, moins bien par Tinspection du mouvement de son thorax qu'en regardant les mouvements de ses narines.
Vous voyez régulièrement ses narines s'ouvrir et se fermer à chaque effort respiratoire. Approchons de son museau celte éponge imbibée de chloroforme; aussitôt la respiration s'arrête; et elle s'arrête pendant longtemps, quelquefois une minute, pour reprendre ensuite, avec un rythme d'abord ralenti, puis semblable au rythme antérieur.
L'excitation du trijumeau a eu cet effet de suspendre toute inspiration, comme si lorganisme avait compris qu'il ne faut pas continuer à aspirer un air chargé d'une vapeur toxique.
En faisant passer un courant d'acide carbonique dans le larynx, quoique l'acide carbonique soit très caustique, Brown-Séquard a vu la respiration s'arrêter : il admet même qu'une excitation forte ^du larynx peut produire l'arrêt, non seulement de la respiration, mais aussi du cœur et des combustions chimiques. — C'est encore un appareil de défense, car il importe que les opérations de la vie cessent, lorsqu'un danger aussi redoutable que la pénétration d'un gaz délétère vient menacer l'organisme.
Les animaux ne sont pas moins bien armés pour se défendre contre les corps étrangers qui peuvent pénétrer dans les voies digestives. Mais là, le problème à résoudre présentait des diflicultés spéciales. En effet les aliments constituent, par leur masse et leur forme irrégulière, de véritables corps étrangers : cependant ils sont nécessaires à Texistence, et alors il fallait que la distinction fût faite entre les corps alimentaires et les corps offensifs.
Il est assez difficile de comprendre par quel procédé l'organisme fait sans se tromper la différence entre un aliment
CHAHLES rUCHKT/
et un corps étranger. Comment se fait-il en effet qu'un aliment
introduit dans rarrière-gorge provoque un mouvement de déglutiliorij tandis qu'un Qorps étranger, comme le doigt par exemple, provoque la nausée?
Toutefois, en analysant ce phénomène, nous voyons qu* une substance alimentaire introduite dans le pharynx provoque un premier mouvomeulde dé^lulitiouquî entraîne raliment dans raî3opha|4;e et Festomac. C'est la déglutition normale. Mais, si cet eiïort de déglutition n'aboutit pas à la pénétration de l'aliment dans l'œsophage, elle s'exagère, et en quelques secondes devient un véritable spasme du pharynx, qui, de plus en plus énergique» se propage à restomac et détermine un commencement de vomissement* Autrement dit, si un objet ne peut pas être dégluti, la continuation de reffort de déglutition amène le vomissement. Cela revient en somme à dire qu'une excitation prolongée et forte, celle qui suit une déglutition impuissante, amène la nausée, tandis qu'une excitation modérée, et efficace, ne dépasse pas le simple effort de déglutition. 11 semble que Torganisrae, après avoir fait un effort pour avaler, reconnaisse son impuissance, et alors cherche à expulser rubjet qu'il ne peut pas faire pénétrer dans l'estomac*
MaiSj quoi qu'il en soit, la préparation psychique joue dans ce phénomène un vMe très important. On sait que certaines personnes ne peuvent pas avaler les cachets médicamenteux, qui provoquent aussilùt chez elles un spasme du pharynx suivi de nausées.
Toute blessure, tout traumatisme du pharynx et de To?sophage entraînent des spasmes violents et des efforts prolongés et intenses de vomissemenL II suffit de voir ce qui se passe chez les individus, hommes ou animaux, chez lesquels on pratique le cathétérisme œsophagien.
Ainsi les voies digestives se Irouvent protégées contre toute introduction d'un corps étranger, et leur sensibilité
FONCTIOiNS DE DEFENSE. r»ll
provoque aussitôt un réflexe expulsif qui porte sur le pharynx, Tœsophage et Testomac.
Quoique ce soient surtout les parties supérieures du tube digestif auxquelles est dévolue cette défense, Testomac est, lui aussi, susceptible de répondre par l'expulsion des corps étrangers qui, ayant pu franchir les premières voies, ont pénétré enfin dans sa cavité. Les caustiques, les brûlures ou les blessures de Testomac déterminent, comme on sait, le vomissement.
De même que le pharynx, après avoir fait un effort de déglutition. Ta reconnu inutile, et répond alors par un spasme expulsif, de même l'estomac, — si des matières alimentaires indigestes (par leur qualité ou leur quantité, ou le défaut de sucs digestifs) s'y accumulent et sont pendant longtemps brassées par des contractions péristaltiques et anti-péristaltiques sans pouvoir se ramollir et franchir le détroit pylorique, — finalement se révolte et répond par une contraction énergique qui expulse son contenu. C'est le cas du vomissement par indigestion, consécutif à une digestion laborieuse et inefficace.
Ainsi se trouve garanti le tube digestif contre les corps étrangers non alimentaires; d'autant plus que, pour franchir le détroit pylorique, il faut que les aliments aient été au préalable réduits en pulpe et chymifiés, de telle sorte que les aliments liquides ou demi-liquides peuvent seuls pénétrer dans l'intestin.
Un autre appareil exige encore une défense spéciale contre le traumatisme et l'envahissement par des corps étrangers: c'est l'appareil oculaire, dont l'intégrité est absolument nécessaire à la vie de l'individu au point de vue de ses relations avec le monde extérieur. Aussi, indépendamment de ses protections d'ordre anatomique, l'œil a-t-il été protégé par un système délicat de nerfs sensitifs.
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CHARLES RÏCHET,
Dt>s qu'un objet, si minime qu'il soit, arrive au contact de FcBil^ Il produit aussiUM des phénomènes de douleur, de photophobie, de larmoiement, de congestion oculaire et de clignement.
Analysons séparément, et en |)eu de mots, ces divers symptômes. D'abord la douleur est 1res intense et intolérable^ alors que souvent Texcilation est minuscule. Un grain de charbon sur la conjonctive provoque une douleur très violente qui semble hors de proportion avec la quantité et la qualité de l'excitation. Quel contraste remarquable entre cette sensibilité exquise des terminaisons nerveuses p<l*riphériques et la résistance des troncs nerveux conducteurs à rexcitation ! Un grain de poussière sur le nerf sciatique serait bien plus facilement toléré que sur les terminaisons des nerfs de la conjonctive. Tout se passe comme si les expansions nerveuses de la périphérie étaient dotées d'une sensibilité infiniment délicate, ayant pour eiïet de rendre intolérable le séjour d'un corps étranger, si petit qu*il soit.
La plïotophobie, dont le mécanisme est encore des plus obscurs, est une des formes de la douleur; et, si je ne craignais d'exagérer toute cette partie téléologiqne delà question, je dirais qu elle a pour effet de forcer Tindividu à ne pas négliger le traumatisme oculaire. Il ne doit pas lui être permis de continuer la vie normale en plein soleil, en pleine lumière, alors qu'est menacée l'intégrité de Tœ!!» cet appareil fondamental de la vie de relalion.
Pour déterminer l'expulsion du corps offensif, il se fait une sécrétion lacrymale Irï^s abondante ; c'est en quelque sorte le lavage de l'œil blessé par les larmes sécrétées en excès.
Le clignement est encore un procédé d'expulsion, un réflexe impérieux et irrésistible de défense, qui, d'une part, soustrait TobiI à une cause d'irritation qui pourrait se renouveler, d*autro part contribue à rejeter au dehors rirritation qui Ta déjci offensé.
Aussi, grâce à tous ces moyens de défense, malgré la délica-
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tesse extrême de ses membranes, l'œil reste-t-il intact, conservant sa limpidité, sa mobilité, son admirable précision ; et, cependant, il est placé superficiellement, en vedette pour ainsi dire, exposé plus que tout autre organe aux traumatismes les plus divers.
Telles sont, résumées aussi brièvement que possible, les défenses immédiates de l'organisme contre les corps étrangers et les blessures. — Voyons maintenant les défenses consécutives.
D'abord, comme vous le savez, les admirables travaux de Pasteur — et je ne puis trop y insister, car c'est vraiment aujourd'hui la base de toutes les sciences médicales — ont montré que les plaies, si aucun microbe n'intervient, ont une tendance à la guérison et guérissent. Sauf certains cas exceptionnels sur lesquels nous reviendrons, car ils ont un grand intérêt théorique, les plaies ne suppurent que s'il y a contamination par des microbes. Une blessure, sans microbes, abandonnée à elle-même, guérit par réparation immédiate, en supposant bien entendu qu'aucun organe essentiel à la vie n'a été atteint.
Par conséquent nous n'avons pas à étudier la suppuration et l'inflammation, tous phénomènes microbiens, mais seulement la cicatrisation d'une plaie aseptique \
On distingue trois périodes dans cette réparation.
D'abord entre les lèvres de la plaie, suintement de sang et production de filaments iîbrineux qui constituent une première charpente provisoire. Puis, dans une seconde phase, les cellules connectives traumatisées forment une charpente plus résistante, qui s'appuie sur les filaments fibrineux, de manière à les renforcer; enfin, à la troisième phase, ces cellules connectives prolifèrent , se multiplient par karyoki-