‹ Physiologie v.3, 1895Chapitre 15 sur 151 · P. LANGLOIS ET H. DE VAIUG^V · texte numérisé non relu

P. LANGLOIS ET H. DE VAIUG^V

pour un poids de 7.i grammes jusqu'à la dose maxima de 10 milligTamnies pour 50 grammes (soit 500 milligr. par kllogr,), détermine, quaud la quantité employée est suffisanle.cerlaius symptômeji particuliers du cùté des appeadices locomoteurs. Ce sont de petits spasmes isolés, siégeant le plus souvent dans l'un ou Fautre des dactylopodites : celui-ci exécute un mouvement rapide de llexion; ou bien le mouvement s opère par saccades brèves, entrecoupées, et parfois ces secousses musculaires se généralisent, en s*étendant à plusieurs des pattes.

La rinchonifine^ depuis la dose de S milligrammes pour un animal de S5 grammes, jusqu'à la dose maxima de 10 mil ligrammes pour un animal du poids de âo grammes (soit 400 milligr, pour 1 kilogr.), est un convulsivaut puissant, même à des doses plus faibles de trois quarts (95 ou 100 milligr. par ldlogr,):les pattes présentent des spasmes locaux qui se généralisent parfois en une série de convulsions cloniques d'une rapidité extrême. Et dans cet accès convulsif on distingue aisément une période de début, caractérisée par de petits spasmes isolés; une période d'ascension pendant laquelle s'observent les accès généraux à intervalles variables, et une période do déclin pendant laquelle les accès vont s*atténuant et s'esparant, étant faibles et ne se montrant que lors d'excitations extérieures assez vives. Les doses employées ne sont généralement pas mortelles (de 10 milligrammes pour un crabe de 25 grammes à S milligrammes pour un crabe de 55 grammes).

La cinchonine est également (entre les doses de 3,3 milligr. pour 47 grammes et 17,5 milligr. pour 80 grammes) un convulsivaut énergique. Les convulsions sont d^abonl locales, isolées : elles se généralisent bientôt et sont d'une grande vivacité. Il suffit de peu do temps pour voir se produire les symptômes dont il s'agit.

Nous voyons donc que la cinchonibine n'est pas convulsivante: que la cinchonidîne Test très faiblement; que la

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ciacliotligiiie exerce une influence convulsivante appréciable, et que les convulsions sont plus prononcées encore quand ou injecte de la ciuchoniline on de la cinohonînc.

Les spasmes el les convulsions que déLeruiinent ces deux dernières snbslances sont si rapides et intenses^ même com-, parés aux mouvements normaux relativement vifs du crabe, qu'il nous a p;iru t|u il y aurait quelque intérêt à les enregistrer par la méthode graphique, les n'cherches de ce genre étant d'une occurrence peu fréquente, et personne, à notre connaissance» n*ayant encore signalé et enregistré ces convulsions. Il est du reste aisé d'obtenir le graphique de celles-ci*

l. — Comm*aeonieiit dus nuiRitesLitionâ coiivulsîves cht»^ un Cam/i«j» mmnat empoi^oime par Jo chlorhydrutL' de ctnchonioL*. Coatractioa* sensiblemoal égales, ae produisant ;i iutervuUes presque régulipri. A Ure de droita à gauche. Ligne asceridityic correspoQdaoi k la Atï&ioQ.

L'animal est posé sur le doa librement : il oe cherche point à fuir, et la motililé volontaire est abolie — en pratique

II. — Phase jjhia îivancèc de» accès convul.'*!!!* dus au rhîorhydratc de cinckonine. Les contractions sont plus rr»pprrj<'becs el plu» fortes.

tout au moins ^ durant les accès cenvulsîfs. On peut, an besoin, caler le crabe au moyen de quelques épingles enfoncées dans le plateau de liège sur lequel il repose, et disposées

IS p. LANGLOIS ET TT. DE VARIGNY,'^^^^^

de manière à empéchor les déplacements latéraux, ou la rolalion, sans léser ranîmah La planchette est reliée à an myûgraphe à action ilirecte, et la plume de l'appareil est mise en communication avec l'une quelconque despatte.s du crabe au moyen d'un fil. Comme contrepoids, il suffit de 2 grammes,

in. — Gi îi|ihiqut.' lies cimvulMori» |ïi"oduhcs chez, k Carcinux ffWTnas piar le chiorhydrate de cinclioninr\ Ciiiivulsions séparées prir dr» intorvalies de cuJmc relatif.

Dans ces eondilions trfes simples nous avons obtenu un cerlain nombre de tracés d'une netteté parfaite, D*une façon gêné-

IV, — Orapiiique iie* cjm ulsiuiis produites chez le Caret nu^ marnas par le t^hlorhvdratc de cmchonino, Pcrinde des conTulsions cJoniqucs se produi» iaiit en succession rapide, sans intervalle. Tracé à lire de droite à gauche. Durée : 4j secondes. Les ligues aseeudanies correspondcQi à la flexion»

raie, tant avec la cinchonine qu*avec la cioclionifine, les

ACTION DE LA ClNCHOMxNE SUR LES CRUSTACÉS. 49

choses se passent de la façon que voici : Peu de temps (une minute ou deux) après Tinjection, Tune ou Tautre, ou plusieurs, des pattes commencent à présenter de brusques mouvements de flexion, ici du dactylopodite sur le carpopodite, ailleurs de la patte tout entière ou d'une partie de celle-ci. Plus ou moins espacés, semblant presque rythmés parfois au commencement, ces spasmes se rapprochent bientôt : ils deviennent plus intenses, et le plus souvent se généralisent, s'éteudant au moins à plusieurs pattes, si ce n'est à la totalité. La crise décroît, puis cesse, et Tanimal reste immobile. Les tentatives de motilité spontanée semblent favoriser le retour des accès, et la généralisation semble se faire d'arrière en avant, aller des membres postérieurs aux antérieurs, sans qu'il y ait cependant parallélisme évident dans la marche des phénomènes des deux côtés du corps.

Les graphiques que nous donnons ici représentent les principaux traits de ces accès convulsifs ou épileptiques très prononcés.

Les figures I, II et III en représentent les différentes phases.

Dans la figure I, nous voyons des contractions assez faibles, égales, se produisant à intervalles à peu près réguliers. Ces contractions vont bientôt se rapprochant et acquérant plus d'amplitude : la régularité, le rythme en sont moins prononcés (fig. II). Enfin ces contractions deviennent très rapprochées, et acquièrent en mOme temps une irrégularité très marquée : c'est une crise continue de contractions d'amplitude variable ; l'accès convulsif est à son apogée (fig. III).

La figure IV représente le graphique d'un accès convulsif dû au chlorhydrate de cinchonifme.

Dans un autre travail l'un de nous* a étudié l'influence des poisons dont nous venons de parler sur les mammifères (chien et cobaye), et a vu que chacun d'eux est»

1. Voyez plus loin (p. 52). Paul Lanqlois, u Sur la toxicité dos Lsomères de la cinchoninc. »

p. i.a>(;lois kt h. de vARn;NY.

à dos degrés variables, neltemeal coavutsivant pour ces animaux. Si la cînchonino ost prise pour unité, dans le rapport de la toxîcilé de ces substances, it convient d'atlribuer aux autres les vaJeurs suivantes :

Cincbonine i

Cindionigine, . . . , \'ù

Ciiichonidine <>J5

Cinchotiibme J^tO

CincUoinUne l.riO

II en résulte que, pour les mammifères, Tordre de toxicité est le suivant, en commemranL par la substance la plus toxique : cinchoniginc^ einchonibine et cinchonifîne, cinchonine et cincbonidine, la première Jouissant d'un degré très élevé de toxicité. Pour obtenir des accès épileptiques chez le chien {en injections intra -veineuses), il faut, en eenligramnies, par kilogramme d'animal

Cinclioni^'îiic.

Ciaclioiiibiiie.

Cincdonirme, Ctiichciniric. , Cinchouidine.

Or, sur [GCarcinus nt^-eum, nous avons obtenu les résultats suivants :

Cinrhonitftne : 16 centigrammes (pour 1 000 de poids), dose nuixima employée : action trl*s faible.

Cinvhonihine : V^ centigrammes (dose maxima employée), pas d'action (pas d action non plus avec 7,5 centigr,).

Cinchotnfinp : 9 centigrammes (dose maxima employée), action très forte,

Cinchouine : 6 centigrammes (dose maxima employée), action très forte aussi,

Cinchonidine : 7 centigrammes (dose maxima employée)^ action très faible, si ce n'est nulle.

En somme, la cinchouigine^ si active chez les mammifères, est sans action sur le crabe, même à des doses de beaucoup

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supérieures à celles qui agissent sur celui-ci, et ne délermine ni mort oi convulsions.

La cinehonihinB et la cinchoniliue , éf;alemciil toxiques pour le* mammifère. n«^ le sont pan pour le crabe : la première demeure inefficace même à tles doses beaucoup plus fortes i|u'il n'est nécessaire pour le mammiRîre; la deuxième est très active a des doses inférieures à celle où la cinchonibine demeure inactive pour le crabe. Mais nous ne pouvons dire quelle est la dose minima de cincbonigine requiï^e pour agir : nous ne savons si elle est supérieure ou inférieure à celle qui agit sur le mammifère*

La cinchonine agît sur le crabe à la dose où elle agit sur le chien ; peut-être agit-elle ii dose moindre, et son actîoa semble être flensiblemenl égale à celle de la cinchonifine.

La cincbonidine enfin agit très peu sur le crabe à la dose où elle agit sur le chien.

Il résulte de ceci que les deux substances les plus toxiques, les plus convulsi vantes pour le crabe, ne sont pas du tout celles qui agissent le plus sur le mammifère. La substance la plus toxique pour le chien (cincbonigine ) est pour ainsi dire sans ellet sur le crabe, i*l celles qui agissent le plus fortement sur le crabe sont moins toxiques pour le chien.

11 y aurait évidemment à déterminer exactement pour ces dernières la dose minima nécessaire a la production des convulsions, pour les comparer avec celle qui esl nécessaire chez le r.liien, surtout en ce qui concerne la cinchonifine, car pour la cinchonine il lïaraît certain que le crabe succomberait à des doses qui n^figissent pas sui* le chien. Toutefois il demeure acquis que la cincbonigine, la cinchonibine et la cincbonidine n'agissent pas sur le crabe à des doses égales ou supérieures à celles où elles agissent sur le chien ; et que la cinchonifîne et la cinchonine jouissent au contraire d'une activité considérable, (yesl \à le point que nous tenions surtout à mettre en lumière» et il nous suflit de montrer une fois de plus combien la toxicité des mêmes substances vaiûe, absolu-

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