ET ACTION PHYSIOLOGIQUE
DES DIFFÉRENTS SELS DE SOUDE Par M. Charles Richet.
J'ai cherché à savoir comment les poissoDS supportent Faction des milieux artificiels dans lesquels on les fait vivre pendant un certain temps.
Comme précédemment, j'ai pris un critérium arbitraire, qui a été la vie de Tanimal pendant vingt-quatre heures. Toutes les fois que je constatais que le poisson pouvait vivre pendant vingt-quatre heures, je considérais le milieu dans lequel il était plongé comme inoffensif pour lui. De fait, Texpérience m'a appris que, sauf de rares exceptions, quand un poisson a vécu vingt-quatre heures dans un certain milieu, sa vie peut se prolonger indéfiniment dans ce même milieu.
Quand dans un cristallisoir, contenant au moins deux litres de liquide, on place un petit poisson ne pesant pas plus de 100 grammes, la dissolution de Toxygène de lair dans le liquide, exposé suivant une large surface, est suffisante pour entretenir la vie de Tanimal.
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y m don*' procédé en faisant Jissoiirln* divers sels de soude dans de l'eau de mer et en dé terminant la limite de leur loxicilé. Les ehiiïres que je donne se rapporleui lonjoun* au poids de sel contenu dans un litre d*eau.
La plupart de ces expériences ont été fûtes sur le poisson le plus «Tjmmun dans le golfe de Toulon, le Jtdis vftifjaris, communément Girelle, dont le poids dépasse rarement 200 grammes. Quelques autres expériences ont été faites sur d'autres paissons: mais j^aurai soin de donner Undication des espèces expérimentées, toutes les Ibis qu'il ne s'agira pas de Girelles.
Il y a doux causes d^incertitude, qu'il est d*aitleurs facile de dissiper. La première, c'est Finlluence que la lempérature exerce sur la toxicité des poisons. J'ai montré antérieuremenl que tel poison, à telle dose, pour un poisson (animal à sang froid, qui suit les oscillations thermiques du milieu ambiant), est ou n'est pas toxique selon que la température est élevée on basse. (Tmw f/u Lad,, i, IL p. 2(>3.)
.Fai pu constater de nouveau le même fait ; aussi les expériences dont il s'agit ont-elles été faites à une même température,
La seconde cause d'erreur, c'est la mortalité inévitable qui survient chez les poissons qui, sortant de la mer, sont mis dans mon aquarium. Les ditlerences des conditions de pression, d'oxygénation et de température font que, dans les premières vingt-quatre heures, ta modalité des poissons est d'environ 23 p, 100. Dès le second jour la mortalilé est devenue très faible, de 3 à 4 p. tOO environ : et enfin, quand ils ont vécu deux ou trois jours dans l'aquarium, ils vivent pour ainsidire indéfiniment, et semblent très bien se porter. Ce n'esl donc que sur ceux-là qu'il convient de faire des expériences.
Je rappellerai pour mémoire que la teneur en chlorure de sodium des eaux de mer est extrêmement variable, suivant les lieux, et que, par exemple, à Marseille, il y a environ
CHARLES RICHET
31 grammes de chlorure de sodium par litre. Or, dans des expériences antérieures, j*ai trouvé que la dose toxique du chlorure de sodium est d*environ 40 grammes ; laquelle, ajoutée aux 31 grammes contenus normalement dans Teau de mer, donne comme limite de toxicité 71 grammes par litre. Voici maintenant les nouvelles expériences :