KM
Quotient respiratoire 0,70
Ventilation par kil. et par heure. • 14'^S00
Les résultats de cette expérience sont donc tout à fait conformes à ceux de Texpérience I.
Expérience III
Chien boule de 10 kilogr. reçoit Mi h. 20 2«\^ de chloral et 0,0125 de morphine. Sa tempéralure tombe de 37°, u à 32° (à i h. 10). Alors on loi donne de nouveau 1K'',5 de chloral et 0,0075 de morphine, ce qui fait une dose totale de Of^%40 de chloral par kilogramme et 0,002 de chlorhydrate de morphine K
AI h. 45 la température est de 29°, 75. Nul frisson, par suite de lu dose élevée de chloral qu'il a reçue.
1. Pour la lechiiiquc de ces injoctioas vuir Ch. Ueciikt. « Des iujectioos taira- péri toiiùales de chloral >', Trac, du Lab. y t. H, p. 115.
U CHARLES RICHET
Sa température est alors très basse :
Degrés.
4 h. oîi 20,2
La température reste alors très basse ; mais, malgré cetle hypothermie extrême, il n'y a pas de frisson.
Les échanges respiratoires sont réduits à un taux extrêmement faible, si faible que je n'en ai encore jamais vu de semblable.
CO* par kil. et par heure Op'.IS?
Quotient respiratoir»» 0,87
Ventilation par kil. et par heure . . 3^",07
Il est à noter que pendant cette période il n'a eu aucun frisson.
EXPÉRIRNCE IV
Chien de 12 kil. oOO reçoit à 3 heures 2'^',o dechloral et 0,062:i de morphine, soit 0,20 de chloral par kilof^ranime.
De 4 h. 10 à ;> h. 10 la température va do 38°,;) à 33°,0.
CO^ par kil. et par heure ()^'^288
Quotient respiratoire 0,87
Ventilation par kil. et par heure . . 9''S8
Alors il frissonne très léfçèrement de .*> h. 10 à 0 heures, et la température reste station n aire.
CO* par kil. et par heure O^^^OSS
Quotient respiratoire 0,84
Ventilation par kil. et par heure. . ll''S03
ExrÉRIEN'CE V
Chien de 7'',200 mis sous la cloche, chloralisé par 1R%8 de chloral et 0,009 de morphine.
Il tremble assez fort sous la cloche.
CO' par kil. et par heure 0^^,87;)
Quotient respiratoire 0,87
Expérience VI
Chien de 11^, 500, reçoit à il heures 3 grammes de chloral, puis
2 grammes à 1 heure; puis, à 2 h. 15, 0,02 de morphine et 1 gramme de chloral.
A 2 h. 5 il tremhle peu et sa température est de 37«, 8. De 2 h. 5 à
3 h. 4j sa température s'ahaisse de 37«,8 à 35«,5; vers 2 h. 30 il ne tremble plus ; à 3 heures, comme il recommence à trembler, il reçoit encore 1 gramme de chloral. A 3 h. 45 il recommence à trembler, el tremble de plus en plus fort jusqu'à 6 h. 15; à 6 h. 15 sa température est à 37«, 2.
Quoique les périodes de tremblement et de non-tremblement ne soient pas nettement séparées, on peut distinguer deux phases : une première phase de 2 h. 5 à 3 h. '45 et une deuxième de 3 h. 45 à 6 h. 15.
On a alors de 2 h. 5 à 3 h. 45 :
CO* parkil. el par heure 0«',600
Quotient respiratoire 0,74
Ventilation par kil. et par heure. . iO'",60
Température de 37<>,8 à 35<',5. Frisson faible ou nul.
De 3 h. 45 à 6 h. 15 :
CO* par kil. et par heure Op',645
Quotient respiratoire 0,69
Ventilation parkil. et par heure. . i5"S80 Température de 35^,5 à 37<*,2. Frisson modéré.
Expérience VII
Une autre expérience a donné un résultat très net. Un chien de il kilogr. est chloralisé (injection intrapéritonéale) par 4 grammes de chloral et 0,02 de morphine. Al h. 30 sa température est de 39», 1, Elle baisse rapidement, et, à 2 h. 15, elle est de 33°, 6.
Alors il n'y a aucun mouvement spontané et aucun frisson.
De 2 h. 15 à 3 h. 50 la température descend de 33», 6 à 31«, 7, et les échanges sont (par kil. et par heure) :
CO' par kil. et par heure 0,590
0* — — Or,595
Quotient respiratoire 0,75
Ventilation par kil. et par heure. . . 8"S90
A ce moment un peu de tremblement apparaît, qui devient rapide^
16 CHARLES RICHET
ment de plas en plus marqué, si bien que nous avons, de 3 h. 50 à 6 h. 15; une ascension thermique de 31«, 7 à 36<*, 5; et les échanges suivants* :
CO* par kil. et par heure 1^,244
0« — — ip^^ioa
Quotient respiratoire 0,81
Ventilation par kil. et par heure. . 15i*S<0
L'ensemble de nos expériences nous donne les résultats suivants : Soit 100 la quantité de CO^ produite par un chien normal'; nous aurons les données suivantes :
CO< du chien CO* Par rapport
chloralisiV du chion à l'état normal
et sans frisson. normal. p. 100.
grammes. grammes.
Expérience 1 0,234 1,250 20
Si nous prenons les chiens frissonnants, nous aurons tantôt un frisson léger, tantôt un frisson fort. Il n'y a guère de frisson très fort que dans la seconde partie de Texpérience II. Nous eûmes alors :
1»%95 de CO* contre l?%2o à Fétat normal, soit 156 p. 100.
Quant au frisson léger, nous avons :
C0« du chien C0« Par rapport
chloralisé du chien à l'état normal
et frissonnant. normal. p. 100.
grammes. grammes.
Expérience 1 0,630 l,2o0 '60
— 4 0,688 l,2o0 îi6
1. Le résultat aurait été assurément plus net si nous avions donné les chiffres tels qu'ils résultent de rexpérience de dix minutes on dix minutes; mais mieux vaut donner moins de chiffres, avec des résultats incontestables et indiscutables, tels que ceux qui résument une longue expérience.
2. Voir mon mémoire à ce sujet {Trav, du Lab., t. 1, p. 592). La production de CO^ chez les chiens normaux est fonction de leur taille, et d'autant jjIus considérable par unité de poids qu*ils sont plus ])ctits.
CHARLES RICHET
Ainsi, comme cela était à présumer, par le fait du frisson la production de CO* augmente ; mais, même avec un frisson léger, elle n atteint pas la production normale. Il faut donc — conséquence assez imporlanlo — pour qu'un chien chloralisé puisse se réchanfler, qu'il frissonne avec une très grande force.
fV. — Des former du frisson thermiqw.
Il est un dernier point qu'il fallait examiner, car, à ce que je crois, la question n^avaitpas élé agitée encore, (Juel est le nombre des secousses musculaires pendant le frisson?
Par une simple constatation, à Taide de la méttiode gra* phique, en enregistrant les contractions musculaires sur un cylindre tournant rapidement, j'ai pu faire sur le lapin et sur le chien cette expérience très simple*
J*ai trouvé ainsi que le nombre de secousses par seconde ne dépasse pas 12 ou 13, étant on général de 10 et IL
Cela prouve en toute évidence que le frisson est sous la dépendance du systi^me nerveux central. En ellet, le nombre des secousses musculaires dont est capable un muscle de chien ou de lapin excité par des interruptions électriques est de 30 ou 35 par seconde* taudis que le système nerveux ne vibre qu'avec une plus grande lenteur, et n'est pas capable de plus de 10 ou 14 secousses isolées par seconde.
Une autre expérience vient encore donner la preuve que c'est au système nerveux qu est dû le frisson. Sur un chien chhiralisé et frissonnant, j'ai coupé la moelle épiniërc au niveau de la première vertèbre dorsale. La respiration a continué, mais le frisson a cessé subitement, et, au bout de quelques minutes, on a pu constater dans les muscles du cou, animés par des nerfs dont lori^^ine est supérieure à la septième cervicale que le frémissement u y avait pas disparu^ et qu'il continuait à s'y faire d'une manière rythmique.
trachéolomisé. Quand sa température alteigniL Si^^S, il fat pris d'un frisson assez fort, insuffisant cependant pour relever sa température, qui resta aux environs de 34**. Aloi-s je le fia
Kiu. 138» — liifîueQcc de l'asphyuio sur k' frisson.
SIéEDO chiea; méma e^Lpérittuce qa'4 U %uro 10. ViCosao uiiuimum. — A la ligHA 3 <*N A, an rouvro la trachée et riinuiuil pout reipiror libroment'. Atamitût. 1a respiration dpvicot plus frt^quonto. ta frîason ne roviejit pa.% tout tle< siikt% mai» foulemeat au tour saivaot du cylindro (udo iiiiautej. Ugao 1. Eacore esvil là irè^ laiblc, et il ue repr«ad lottto son ioiiïaaité qu'A la li(fiie S, soU doui; miaateJi après (.ju'on a ronvtïrt la tracJid0«
respirer par un long tube, tube que j'ai appelé tube asphf/xique^ ce qui équivaut à la respiration dans un milieu confiné. Malgré la viciation de Tair ainsi respiré, le frisson continua sans changement bien notable. U est vrai que, chez cet animal, par suite de l'intoxication par la morphine cl le ehloral, et de
CHARLES RÎCHE1
rabaissement de lempérature» les échanges chimiques étaient assez faibles, et que la langue restait ros*ïe.
Ne pouvant faire ainsi diminuer le frisson, je supprimai rabord de Fair dans la tiaeliée, et bientôt la respiration devint plus profonde : la langue bleuit, et le rythme respiratoire s'accéléra* En même temps, le frisson cessa tout à fait, et, quand je rétablis la cireulalion de Tair dans le tube trachéal, pendant deux ou trois minutes encore, tant que la langue resta colorée eu bleu, le frisson ne reparut pas. Peu à peu cependant le sang redevint rouge, la respiration régulière, et simullanémcnt le frisson se reproduisit comme précédem* ment.
Ainsi il faut admettre qu'un certain degré d'oxygénation du sang est nécessaire pour que le frisson thermique puisse se (iroduire. Les centres bulbaires qui servent à la régularisation de ht chaleur ne peuvent entrer en jeu que quand la condition primordiale de leur existence est satisfaite, à savoir riiématose* Tout changement grave dans la qualité du sang irrigateur modifie l'innervation centrale, et entrave la régulation tbermiquo.
Le frisson de la fièvre, diV sans nul doute, h une intoxication du sang, est probablement une perversion de cette régulation thermique, et, selon toute apparence, c'est la conséquence d'une excitation bulbaire, d'origine toxique.
Kn elTet, ce qui semble caractériser rintoxication par les poisons de la libvre, cVst le trouble qu'ils apportent à la régulation thermique.