‹ Physiologie v.3, 1895Chapitre 34 sur 151 · EXPÉRIENCE SIÎR LE CHIEN · texte numérisé non relu

EXPÉRIENCE SIÎR LE CHIEN

Poids de l'animal, 2''",600. Extrait aqueux : 2H grammes dans 50 ce. de sérum artificiel. Injection de 10 ce. dans le péritoine. Puis, douleur vive : immédiatement l'animal se contracte violemment; il accomplit deux ou trois mictions et évacue coup sur coup des matières fécales.

l\ Il El M.

Le cœur est Itr^tnement ac<*èlérts la pupille dilatée. Les t'euti*»s psychiques ne mul pas touchés; l'unimal répond â sou nom, et se rend paifaîleiuenL compte des mananivres auxfpjelles on se IJTre sur lui; il se défend d'ailleurs avec des mouvcmeiits assoz faciles. Injection de 10 ec, dans le péritoine. Au bout de quelques minutes, la rontracture des membres cesse. Eucor*:» den% mictions, puis Tanimal reste immobile; la sensibiltié est très diminuée, les rélb'xes sont peu accusés, et une paralysie du train postérieur se déclare ; fanimal traîne en rnarrhanl sur ses cuisses; hientrtt la niarcbe est impossible : il tombe sur le flanc,^ tout en cbercbanl à se soustraire aux excitations douloureuses. Son activité psyelnque sembîe intacte, mais toute sensibilité a disparti» sauf à la cornée. r.et état se prolongeant sans moditîcation,on injecte:^ nou«i veaux PC. : la dose toxique est aUeinle, la paralysie atteint les muscles inspirateurs, et le coîur cesse de battre.

Ici un poids doimè d*extrait aqueux a tué un jieu plus de 20O fois son poids d'animal,

L'aulopsie ne révèle qu'une légère injection des méninges et de la moelle.

Conctusîoris. — Nous pouvons déduire de ces expériences préliminaires que la parîsette agit sur la sensibilité et la motilité, sur la respiration et sur le cœur : nous devons donc expérimenter successivement son action sur le système nerveux, sur le système musculaire, sur le rythme respiratoire et sur le cœur. Nous chercherons ensuite si elle agit sur le sang et sur la nutrition en général.

ACTIOiN SUR LE SYSTÈME NERVEUX

Expériences. — Dès les premiers symptAmes de l'intoxication » on recherche sur la f^renouille si la sensibilité estj diminuée. On arrive à un résullat affirmatîf, quant k la sensibilité à la pression, dès le début de l'intoxication, La diminution de la sensibilité, appréciée par l'intensité des réflexes, commence par les membres postérieurs et s^étend peu à peu au reste du corps. Il arrive un moment où la sensibilité cutanée a totalement disparu, quelle que soit la région du corps que Ton excite mécaniquement. 11 existe une région du corps, à rexcitation de laquelle Fanimal réagit énergiquement : c'est celle de Tanus ; ici elle est parfaitement inexcîtable.

Il y a lieu de se demander à quoi tient ce manque de réactions de la part de Tanimal. Le réflexe ne se produit plus; le phénomène peut tenir à ce que l'excitation ne peut plus cheminer vers le centre réflexe médullaire, à ce que la réaction de ce centre ne se produit plus, ou à ce que Texcilation centrifuge partie de ce centre ne peut plus cheminer vers les muscles. Enfin deux hypothèses restent encore : il y a inhibition des centres réflexes inférieurs parles centres encéphaliques, ou bien le poison est un agent curarisant : il agit sur la plaque motrice, et les conducteurs nerveux ainsi que le centre peuvent rester intacts, bien que le mouvement de réaction ne puisse se produire.

L*animal ne réagit plus aux excitations cutanées mécacaniques les plus douloureuses, telles que la section d'un large lambeau de peau. Opérons cette section aussitôt que la sensibilité cutanée vient de disparaître : nous mettons ainsi à nu des muscles et des tendons, et, phénomène remarquable, l'excitation mécanique de ces organes provoque les réflexes, que l'excitation cutanée était incapable de produire.

Nous pouvons donc dire, dès maintenant, que ni les conducteurs ni les centres réflexes ne sont touchés à ce stade de rintoxication. Ce sont les corpuscules tactiles cutanés qui sont anesthésiés : notre poison est donc en ce sens analogue à la cocaïne ; c'est, suivant l'expression employée par M. LafiORDE pour ce dernier agent, un « curare sensitif ».

Et cependant il existe entre les deux agents une grande différence : la cocaïne anesthésie la cornée lorsqu'on l'instille dans l'œil; on peut ici reprendre l'extrait sur la cornée, sa sensibilité persiste jusqu'à la mort.

Lorsque la sensibilité cutanée à la pression a disparu, la sensibilité à la chaleur persiste encore; lorsque cette dernière a disparu à son tour, l'excitation électrique donne encore des résultats.

Ces résultats n'ont pas lieu de nous étonner. Nous ne sommes pas encore bien fixé sur la question des corpuscules

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