‹ Physiologie v.3, 1895Chapitre 36 sur 151 · ACTION SUR LA CIRCULATION · texte numérisé non relu

ACTION SUR LA CIRCULATION

Ëxpérinices sur la yrenouille. — Cet animal nous permet^ par Tobservaiion (le sa circulation intergiditale, de nous rendre compte de Tiniluence d'un poison : 1" sur le calibre des artérioles, et 3" sur la rapidité du courant sanguin.

{"* Action sur les artêrioles. — 11 est facile de constater que rinjection de Parisette n'agit sur les musculaires des artériolesy ni directement, ni par action sur les contres vasomoteurs.. En effet, le calibre des petits vaisseaux ne change pas d'une façon appréciable, quel que soit le moment de Tin-* toxication.

2** Action sur la rapidité du courant, — On sait que, conformément aux lois de Thydraulique, plus le calibre des vaisseaux diminue, plus la pression intérieure augmente, et inversement. On serait donc tenté d'expliquer par des modifications de calibre des artêrioles les variations de vitesse observées; mais nous venons de constater directement que ce calibre ne varie pas; et d'ailleurs l'action observée sur le cœur suffit parfaitement k expliquer les phénomènes circulatoires.

Dans le premier stade de l'intoxication le co»ur est accéléré, etTaniplitudede ses contractions est légèrement accrue : il en résulte une augmentation do vitesse du courant sanguin, augmentation facile à suivre par Tobscrvalion des globules sanguins. Au deuxième stade de Tintoxicalion, le cœur est plutôt ralenti, et l'énergie de ses contractions diminue progressivement, bien qu'avec une extrême lenteur; cet affaissementdu cœur produit dans les artêrioles une diminution permanente de la vitesse du courant.

Action sur les cœurs Ifjmphatiques. — Ces cœurs jouissent,

ne

F. HEIM

comme rorgaoe central de la circulatioD, d'une indépendance relalîve, ©l leurs rontraelions sont gouvernées [^ar les cellules nerveuses propres que conlient leur paroL II est intéressant de voir si la Pariseîteagit sur ces cellules nerveuses, comme elle agît sur les ganglions inlra-cardiaques. L'expérience répond par raffirmative : le poison accélère d'abord légèrement les battements de ces cœurs, puiss il les ralentit, sans toutefois les arrêter totalement avant le moment de la mort.

ACTION SLR LE TUBE DKIKSTÎF

Action sur les contracfions. — Nous avons déjà parlé de Taction de la Parisette sm* la partie inférieure de Tîntestîn, par rintermédiaire du centre ano-spinaL

Le poison n'agissant [jus direrti'ment sur la fibre musculaire lisse, nous pouvons prévoir que son action directe sur les contractions péristal tiques de Tintestin sera nulle. Quant aux mouvements rétlexes de ce même organe dont les centres sont finalement dans la moelle, un peut dire également qu'ils seront légèrement accrus en fréquence et en intensité pendant le premier stade de l'intoxication, c'est-à-dire le stade d'excitation des centres médullaires^ puis diminués en fréquence et en amplitude lorsque à l'excitation a succédé la dépression.

Mais un phénomène mérite toute notre attention : c'est Faction de la Parisette sur le vomissement. Nous verrons que c'est surtout comme émétique que cette plante a été employée, et nous devons vérilier ces prétendues propriétés.

Action Hur Ir vomissement, — Un seul animal se prête aux expériences do ce genre : c'est le chien. On sait avec quelle facililé extrême il vomit; par suite, si une substance dite émétique est sans action vomitive sur le chien, on peut déclarer qu'elle n'est puî? vraiment émétique.

Expériences mr Ir chivti. — Nous avons constaté dans

ACTION PHYSIOLOOIQrt; DE LA l'ARlSETTE. «37

totUes nos expériences d'iojecUan quo la Pariselte ne produit jamais sur le chien de phéQomi^nes de vomissement, h qu**li|iie dûHe que l'on injerte le poison en extrait alcoolique. Cela suffit k nous prouver que la Pariselle n agit pas directement sur les centres réflexes du vomissement.

En elTet, le vomissement est un véritable acte réflexe proroquésoit par une action directe sur les centres, soit par une Mexeitation portant sur le& extrémités sensitives de divers nerfs: tels le pneumogastrique, et le glosso-pharyngien. Les substances qui agissent directement sur les centres, ou par rîntermédiaire du pneumogastrique, sont les vomitifs vrais» tandis que celles qui agissent par Tîntermédiaire du glossopliaryngien sont des nauséeux.

La Parisette, tout en n'agissant pas, à vrai dire, sur les centres, peut cependant appartenir soit à la classe des vomitifs, soil II celle des nauséeux, si elle agit sur les extrémités sensitives de ces nerfs dans lu muqueuse buccale et stomacale. Il faut donc avoir recours à ringestion stomacale.

Nous avons injecté dans l'estomac» par une sonde et à diverses reprises, des extraits aqueux de baies et de rhizomes frais et secs, puis des solutions aqueuses de l'extrait alcoolique, et enlin des portionsd organes broyées en nature : nous n'avons jamais obtenu de vomissements. Seulement, avec le fruit, qui exhale une oileur nauséeuse, nous avons observé quelques efforts, assez faibles d'ailleurs, qui n*ont pas abouti au vomissement. Ces etîorts ne se produisent jamais à la suite d'injections hypodermiques ou veineuses : ils sont donc dus simplement à une action directe de la substance sur les extrémités sensitives du glosso-pharyngien, La Parisette est donc un nauséeux, et non un vomitif.

n esta remarquer que celte action ne se produit qu'aussitôt après le contactdu poison avec le pharynx: si on continue à instiller goutte à goutte dans la bouche de la solution nauséeuse, on voit bientôt que les elTorts des nausées cessent totalement. Il y a donc encore ici phase d'excitation primitive

F, HEIM

sur les corpuscules sensoriels du glosso-pharyngien, puis phase d'inertie lorsque le poison a agi, i'/est absolument le phét

i observé

înomeiie qoe nousai pu seul es tactiles. Il nous semble bien légilime d'atl mettre que Finertie sensitive complète de ces corpuscules succède à leur excitation primitive.

Ou sait, d'après les recherches de Schiff, que c est le pneumogastrique (jui préside à Fassociationdes mouvements dont la résultante est le vomissement, c'esl-à-dire h la contraction de la tunique musculaire de Festomac el Je la paroi abdominale.

La Ptïrisette ne semble pas agir sur ce nerf : portée directement dans l'estomac par la sonde, sans contact avec la muqoeuse pharyngienne, elle n'occasionne pas de nausées, elles phénomènes de vomissement sont nuls; ce n'est donc pas une substance vomitive comme Fémétine.

Absorption par la voie stomacale. — 11 est très important d'étudier F absorption d'une substance à laquelle on serait tenté de faire jouer un rôle thérapeutique. En effet, c'est par la voie slomacale qu'elle sera ingérée par les malades.

Nous avons vu que cette substance contient des glucosîdes ; ceux-ci seront dédoublés dans Feslomacon présence de Facide chlorhydrique du suc gaslrique, et, si on admet les résultats chimiques deWALZ, la paristyphninedu rhizome sera dédoublée en paridine, et en fj;lnciise ; cette paridine à son leur» jointe à la paridine normalement contenue dans les organes, passera h l'élat de glucose et de paridol : ce sera <lonc (inaiement du paridol que l'on absorbera par l'intestin. >ious disons absorber, et nous avons tort; car k; paridol est une substance inerte dans le tube digestif, au point de vue des mouvements qu'elle peut y provoquer, et cette substance ne pénétrera point dans le torrent circulatoire.

Par la voie stomacale, les ghicosides seront de nul elTet, et Faction, assez tardive, qui se manit'es^lc par Fingesiion de torlf^s doses, est uniquement due à l'alcaloïde de la platitc qui

ACTION PHYSIOLOGIQLE lïE LA PAHISETTE.

passe dans Festomac à Tétat de chlorhydrate et de chlorhydrate seulement.

On p*nil se demander si la lenteur de rintoxiealîon par la voie siomacale tient à \iîU2 leoteur assez grande de I absorplion. Il est facile de se convaincre qn'il n'en est rien : la lenteurdes ph^'^nom^nes ne tienlqu'à la petite quantité d*alcaloïde qne contient la planle, snrlout si on n'opère pas avec Texlrail alcoolique. Nous avons déjà dit que Tingestion de ce poison, à lies doses qui semblent, au [U'emier abord, hien au-dessous des doses toxiques^ amène cependant, si on attend un temps assez long, les phénomènes île Tîntoxication* L'ingestion 1. slomacale nous fiiil piirfailenient assister à ce phénomène, et rie» grenouilles ou les col^ayes ainsi intoxiqués sont pris iFao cidenis médullaires, après un assez long temps, si la dose ingérée n'est pas trop faible.

On sait que l'estomac jouît d'un pouvoir absorbant très faible, même pour l'eau, et des expériences précises ont montré que l'intoxication par voie stomacale, h Taide de la strychnine par exemple, était presque nulle, lorsque le pylore était lié (Expér. de BoiLt:Y). Nous avons répété Texpérience sur le cobaye, et elle réussit. Après ligature du pylore, les phénoinènes de dépression niéduUaire sont à peu près nuls, de même iiue l'action sur le cu'ur et la respiration.

L'absorption de Talcaloïde s'effectue donc dans Fîntestin; mais s'il a pas^é parla voie stomacale, les {jlucosides t[ui raccompagnent sont dédoublés, et les phénomènes dus ;i laclion de ceux-ci n'apparaissent plus. Il nous a semblé, dans ce cas, que les pliénomènes médullaires étaient très peu accusés, et (lue c élaienl les modifications cardiafiues qui dominaient lascèni\

Serait-ce donc que l'action toxi<|ue sur le système nerveux serait due aux glucosides, et l'action cardiaque à l'alcaloïde? D'après les expériences ci-dessus, la chose n'est pas improbable; mais il serait prématuré de raflirmer, car rjii n'a pas la certitude que tous les glucosidrs soient entièrement déduu-

blés daDs restomac; ime pnrjntti [XHitTait ainsi passer dans la

cireiilatioli.

li rtait intéressaiil »le tenter une eontre-épreuvc, c'est-àdire (Finjecter la solution toxique par le recttioi. Dans ce cas, l'absorption est plus rapide que par la voie stomacabN mmB il Faut se i"és<iudreà ninjeolerà la fois que de très petites qiiantilésd'cau, à opérer avec des extraits concentrés au maximum, et à revenir h ririjeetion plusieurs fois successivement; de la sorte, la tolérance pour le véhicule aqiieux s'établît^ et Tabsorption s'effectue, Duns cette portion du tube digestif, Fabsorption porte à la fois sur les glueosides et sur Tacaloïde ; par suite, les effets sont les mi^mes à peu près que ceux d'une injection hypodermique, et rintoxicalion se déroule, presque avec la même vitesse, pur les pht^nomènes médullaires, cardiaques vl rei^fiiratoires.

Action sur irs phénomènes de digestion. — Nous avon» recherché cette action sur la diastase, la pepsine et l'extrait glycérique du pancréas.

Pour la diîislase, rien de plus simple» On place dans des^ tubes, S4>umis à des conditions identiques, la même quantitéd*empois d*amidon : Tun dos tubes renferme l'extrait de Parisette (dont on a eu soin d'éliminer toute trace d'alrool pouvant précipiter les ferments), Tautre sert de témoin. On observe^ comparativement, la rapidité de la lluidification dans tes deux tubes.

Pour la digestion des albumînoïdes, soit en milieu acideavec la pepsine, soit en milieu alcalin avec la trypsine, or> opère sur de l.i tibrine, colorée en rouge par immersion dans de la fuchsine; puis on place le tout, avec le ferment, dans nn tube rétréci en son milieu, La lluidilicalion ou ta porphyrisation de la fibrine met en liberté la matière colorante retenue mécaniquement, et celle-ci se dissout dans la i^olulion. On avait donc auparavant, dans fàmpoule inférieure du tuhe^ un liquide incolore : on a, après digestion, un liquide coloré^ et la rapidité avec laquelle se manifeste la coloration indique

ACTION PB\S10LCM.IvrE !•£ LA PARISETTE, 141

rartiviLë du ffrxneiit- On vcît Ainsi, en opérant A\t< an tube témoin, qjiir le» ferments des a]bnminoide> ne f^ont j*ës entnT«s d&Qç lear action par TeTtraît de Pari^ette.

lien est de mfmepoor i'&cLion sac/'harîfianteda paoTéas. ce dont L«n «assure fiar un dvsa^e on glucose, dans le tube renfennant l'extrait et -ians le tobe lémoin.

â.-7»!E Srr LE «T>T£¥E Mr<^:rL41RE

Ejjf^rtfti/^*^ -ur ïmj fjt^u *uuit. — Nous avons \Ti que, jusqu'au dernier moment, i'auimal }*eut tEt^iuvr des ébauches àt mouvemt'rjts voi>>xit«drer> : &> 'US en a%'ons concJu à l'intéCTité des centres psychiques et d ja déj»ressîoa «les centres gris de la m<»elie. Mais ir mus^ie n'entre-t-il pas (Ktur une part dans ces pheDom^ne^ à*- dépressi'.»D motrice :'

Toui dai^ord dou* ^■•.•n'^Ut'jns que. même après la mort par la Par-ï^îie- i\ '.oûtra/^ru.il^r électrique du muscle fiersiste.

De piOï. f:zi separaii: endrruxie sciatique. et l'excitant par sui i*out p^éijpii^rrjque. W y a c^ntraotion. même quelque temps ap^e^ i aj^i-nie. bon*: ia couduclibjiiié du nerf n'est pas M'uch^e au mi-ias jaii- sjh t'iit:vr. et il n'y a j»as de phénomeîjr-s iuli^rûse? '3u : .i^r de* pj-iquês motrices, cesl-a-dire ^u'ii n'y <i pa* ôr ^ri-riiomeiies -lurciriques.

• •il ;^-j: -^4 .:rurs f2i;.--m-rijî icîiî^r les •rxj-jr.enoes suivaalers :

Mn ûrrSAr.'.a.r ^a Poisse ù uue jr^noiii^e. »rî on isole ie sciatique. *: jr /■.o iiDriierje «ijLr un v^rre «ie moiitre conlenanl du r-iym «jriiàc.rri. Lduirrr cuisse. T.tr*r:»arée de mZ-me. est p'n/j^e iari* -.îii %ene coLtenaiit la •iissoluuon de Pàriselte dans .^ r^rtiin. •.•:* vbservr !e* pLfrnoojeii-s je i^kkU'ju^ e.ectri'jue^. en iinmeiifiiii seuiemeiit ie s-riaiîoue. Un coLSLâle aJn^i q'-.e .i f:-r-juerj7e -rt 1 amplitude «-es C'-^nira. lion? restent les m-' mer dan.*'^e* Jeux -.u-irse* : «le cette expénence. nous pou-

p. HIUNL

VOUS ïléduire qiip la Piinsolle u'a^îl pas sur le oerf luimême,

Un place de mAme dans deux verres do montre, l'un avec du sérum pui% Tautre avec du sérum empoisonné, les pattes entières d*une grooouille. On constale alors, par Texcilation des scialiques, une légère diminulion de Famplilude des cantraelions : îl en résulte que leii fibres uiusculaires ou les plaques motrices sont inlluencées légèrement.

Sur une grenouille, on isole les deux sciatiques et on comprend le reste des membres dans une ligature. Puis dans l'un des membres ainsi isolé, on injecte de l'extrait : il y a diminution de Tamplitude des contractions du ctHé injecté; c'est absolument Texpérience ci-dessus du verre de montre, mais sans mutiler ranimai.

Pour savoir si ce sont les plaques motrices qui sont légèrement toufhées, on fait rexpénenee suivante : on coupe les sciatiques d'une grenouille de chaque côté, on lie les membres à leur racine, on se prépart^ à prendre comparativement le tracé myographique de chaque côté, par excitation directe du muscle, et on injecte alors dans un des membres de l'extrait. Les contractions musculaires de ce membre sont égales, en amplitude, à celles du membre sain, excilé avec la même intensité : il y a doue une action curarique, extrêmement faible, semblè-t-il. D'ailleurs ce phénomène curarique tardif s'observe dans beaucoup d'intoxications, et il ne faut pas s'en exagérer la portée.

Il est intéressant de voir l'influence de notre poison sur la contraction musculaire, c'est-à-dire de prendre des tracés myographiques en opérant par une série de secousses électriques. Une condition indispensable est de se contenter d'un petit nombre d'essais sur chaque nerf, afin d'éviter la fatigue consécutive à des excitations répétées.

Voici les résultats : on opère en se plai;ant dans des conditions d'intensité faible de courant. On constate alors une diminulion d^abord légère, puis un peu plus marquée de la

ACTION PHVSIÛLOGinUE DE LA P A RISETTE, fU

contraction musculaire. Au bout dt^ vingt minutes ti'îutoxicatioo, avec une dose assez faible, Tampliation de la contraction est |jresqup diminui^e d'un tiers.

H est d'ailltnirs facile de voir que la transmission des excitations aux muscles se fait pins diflicilemcnt qu*k Télat normal* En effet, à chaque fois que l'on ouvre et qne Ton ferme le circuit inducteur, il se produit dans le circuit induit un courant de fermeture moins intense que le courant de rupture.

Si on opère avec une intensité faible, le courant de rupture seul provoque une contraction. Dans l'intoxication par la Parisetto, en opérant avec un courant suffisamment intense pour doriïier deux secousses, l'une à lu fermeture, Tautreàla rupture (sur l'animal normal), on n'obtient plus rien avec le courant de fermeture; seul le courant de rupture açit.

On peut encore faire rexpérience suivante, qui ne laisse pas que d'être instructive : On prend en mt^me temps le tracé myo^raphi<[uc des deux pattes, dont Tune est saine et Tautre intoxiquée, et on augmente progressivement Fintensité du courant. Sur la patte saine dans d'assez étroites limites (cinq divisions du chariot par exemple), rau^iiientation d'intensité du courant amené une augmentation d'amplitude de la contraction.

Le phénomène varie dans le même sens sur la patte înlotoxiquéê, mais ici les contractions pour une intensité donnée, comparées à celles produites par le même courant sur la patte saine, se montrent d'environ un tiers plus faibles que ces dernières,

Conrlusions. — La Parisetfe agit faiblement sur les muscles. Son action lente et progressive liarrive jamais, même au moment de Fagonie» à supprimer totalement la contraction : elle ne fait que TafTaiblir. Cette action semble bien due à une localisation, non sur la fibre musculaire, mais sur la plaque motrice, d'où phénomène curarique, peu intense d'ailleurs, et assez fréquent dans les intoxications.

HEÏM.

PtJÉNOMtNES OCULAIRES

Action sur ta cornée. — Nous avons déjà dit que dans Tîntoxicatîon par la ParîselLe, la sensibilité de la cornée était conservée jysqu*k la mort.

D'ailleurs, si on instille goutte à goutte de Textraît dans Toeil, la sensibilité ne disparait pas. Par suite, les terminaisons sensitives de la cornée ne sont pas aileinles par le poison.

Ce phénomène semble en désaccord avec ce que nous avons dit de Faction, dès le début» du poison sur les terminaisons seusitives; caries poisons qui, comme la cocaïne, se localisent d'emblée sur les corpuscules senaitifs agissent aussi sur les lerminaisons nerveuses de la cornée.

Le phénomène est réel ; quant à son explication, il faudra peut iVtre la cherclier dans des raisons d'ordre hisLologique. CoHNiiEiM a décrit, dans la cornée, de fins réseaux de cylindresaxes ramifiés entre les cellules épîthéliales : ce sont probablement les points de départ du réJlexe cornéen, et leur structure n*est pas la rai'^me que celle des corpuscules tactiles. Les agents toxiques jouissent de localisations anatomiques si délicates, que la divergence actuelle n'est peut-être qu'apparente; il n'y a pas lieu do nous en étooner, car telle substance se localise sur un centre médullaire et non sur un autre, et cependant la constitution anatomique de ces c<*o très offre plus de ressemblance que la constilution des corpuscules tac* tiles et des filaments terminaux de la cornée par exemple :

Action sur In conjoficiire, — Ce qui semblerail donner raison à cette hypothèse, c*ost que la conjonctive cesse bientôt, chez les animaux intoxiqués par notre poison, de servir de point de départ à un rétlexe. Mais ici Tintoxication des corpuscules tactiles se complique d'une intoxication possible des centres nerveux. C'est ce qui se passe dans beaucoup d'intoxications, où on observe la décomposition des sensibilités de Tœil en deux sensibilités distinctes.

ACTION PHYSIOLOGIQUE DE LA PARTSETTE. Uo

Ainsi, dans la mort par la strychnine, la cornée devient d'abord insensible, tandis que la conjonctive, surtout vers l'angle interne de Tœil, a conservé sa sensibilité. Sous Tinlluence de Tanesthésie par Téther, la sensibilité de la cornée survit à celle de la conjonctive; il en est de même dans Tintoxication curarique (Cl. Bernard). Cela tient à ce que les deux sensibilités de l'œil ne sont pas sous la dépendance des mêmes nerfs, et il semble que les centres de ces nerfs ne meurent pas en même temps.

Chez le chien, la sensibilité de la ceiijonclive est sous la dépendance des nerfs ciliaires directs de la cinquième paire, tandis que ce sont les rameaux ciliaires émanant du ganglion ophtalmique qui donnent la sensibilité à la cornée. En arrachant le ganglion ophtalmique, la cornée perd sa sensibilité et la conjonctive la conserve. D'ailleurs, chez l'homme, on a observé des hémiplégies oii la cornée seule était encore sensible, les centres encéphaliques étaient seuls atteints. Il semble en être de même pour ce poison : il n'agirait que sur les centres de la cinquième paire, et non sur le ganglion ophtalmique; peut-être même son action sur les extrémités sensitives de la conjonctive est-elle nulle comme pour la cornée.

Action sur la pupille. — La Parlsette agit sur la pupille en la dilatant tout d'abord à la période d'excitation générale, puis en la contractant à la période de dépression. Quelle est l'explication physiologique de ces faits ?

On sait que, si Ton applique un courant galvanique énergique sur la portion supérieure de la moelle dorsale, la pupille se dilate. Ceci prouve que les filets sympathiques qui amènent la dilatation pupillaire (c'est-à-dire la contraction des fibres radiantes de l'iris) puisent leur influence motrice dans Taxe cérébro-spinal. On a supposé d'abord que les filets nerveux sympathiques amenant la dilatation pupillaire entraient dans l'œil avec les filets de la cinquième paire, par Tintermédiaire du ganglion de Casser (qui reçoit un rameau anastomotique

H El M.

du grand sympathique)* Mais les expériences de Schiff ont montré que, si ce ganglion iransmet a IVeil des filets sympathiques, ce ne sont pas les seuls qui président aux mouvemenls pupiliaires. Quoi qu'il en soit, il est bien certain qu*il existe dans la moelle un centre où le sympathique puise son action excito-motrieo sur la pupille. Diaprés Bihge, ce point précis serait placé enlre la région cervicale et la région dorsale; suivant Salkow^ski, ce serait dans la partie supérieure du bulbe rachidien. Des recherches plus récentes, et particulièrement celles de Vuu*ian\ tendent k prouver que les nerfs dilatateurs de Tiris viennent de deux sources : la moelle et le bulbe. Les filets médullaires viendraient de la moelle cervicale et dorsale et gagneraient le grand sympathique par l'intermédiaire du plexus cervical profond; arrivés au gauglion cervical sympathique supérieur, ils chcmineraieut vers Tœil avec les branches delà cinquième paire. Quant aux filets bulbaires, ils semblent arriver directement au ganglion de Casser^ par rinlermédiaire des racines de la cinquième paire. Quoi qu'il en soit, raction toxique semble se passer de la manière suivante : Lors de la phase initiale d'excitation, les lilels, tant médullaires que bulbaires, transmettcnL à l'iris une excitation partie des centres; d'où dilatation de la pupille, temporaire comme la phase d'excitation médullaire. Puis ces centres seraient déprimés lorsque l'intoxication s'affirme : ceci reviendrait k rexpérience de la section intra-cranienne du nerf de la cinquième paire, en arrière du ganglion de Gasser; après une section semblable, la paralysie du dilatateur irien est complète, car on coupe les deux sources nerveuses auxquelles il se rattache : la pupille est alors contractée d'une manière définitive, et c'est ce que nous observons à la période d'état de Fintoxication,

A ce point de vue, la Parisette semblerait être une antagoniste de la belladone. On admet aujourd'hui, avec les expérimentateurs récents : Bezolu, Ulùbau:^i, GrOniiage^, Berns- TEiN% que la mydriase duc k Tatropine se produit bien moins

PHYSIOLOr.lQUE DE LA PARISETTE.

par Inaction excilanle qu'elle exercerait sur le grand sympathique, c|ue parla paralysie des filels nerveux qui animent le sphincter irien» c'est-à-dire du moteur oculaire comnaun. D'ailleurs l'excitation intra-cranienoe du moteur oculaire commun ne détermine plus la contraction de la pupille dans un œil préalablement alropinîsé.

La fève de Calaharau contraire» d après les expériences de RoGOW, de DoNDERs, agit, non pas en paralysant les lilets sympathiques dilatateurs de riris, mais en exerçant une action excitante directe sur le moteur oculaire commun, c'est-à-dire en provoquant la contraction du sphincter irien.

Nous croyons que la Parisetle a pour résultat d*amener une contraction de la pupille, tout comme l'ésérine, mais par un processus inverse : la paralysie des filets sympathiques dilatateurs, et, par suite, la prédominance d'action du sphincter. La belladone paralyserait tes filets nerveux venus du centre du moteur oculaire commun; la Parisette» elle, paralyserait les filets sympathiques dilatateurs de Tiris,

L*expérience suivante le prouve : on met à nu la moelle cervicale chez un cobaye intoxiqué par la Parisette» et on Texcite faiblement par rélectricité; à Fétat normah il devrait se produire une dilatation intense de la pupille : or cette dilatation esta peine perce[ilîble si riutoxiratioa est avancée; donc les centrer: médullaires dilatateurs sont tués par le poison, et les centres constricteurs, c'est-à-dire ceux du moteur oculaire commun, sont indemnes, du moins à cette période de Tintoxication. Ce qui le prouve encore bien, c'est que, à celte période, les mouvements réllexes de Topil sont conservés. Plus liird, le moteur uculaire commun semble lui-même pris, alors que la sensibilité conjonctivalo a disparu, et, à cette période, les libres de la pupille sont toutes paralysées; elle

Lrevieut, en etîet, à son ouverture normale, un peu avant

'ragonie.

Conclusiom. — L'action sur la pupille semble donc encore ici s'exercer successivement sur les centres nerveux moteurs

F. UEIM.

rie rirîs, absolument comme elle s'exerce sur les autres centres

moteurs médullaires.

ACTIO?ï SUB LE SANG

Nous avonsjusquici constaté raffiui té de notre poison pour les éléments nerveux cellulaires, et quelque peu pour les plaques motrices; les fibres musculaires semblent indemnes: Faction ne porte-l-elle pas sur d'autres éléments anatomiques et en particulier sur les éléments figurés du sang: f

Action sur If's hématies. — Si on observe, dans une chambre humide, raetionde Textrait aqueux ou alcoolique de Parisette dans du sérum artificiel, on ne peut pas constater une modification histologique appréciable des hématies, (^e n*est guère qu'au bout d'un temps relativement long qu*on les voit s*altérer eu présentant des crénelures; mais l'action du poison n'est, en somme, pas appréciable.

Aeiio/i sur les leutoef/te^, — On peut expérimenter sur des globules blancs de la lymphe ou surdes globules d'invertébrés, en particulier les globules des crustacés, qui, nous Tavons démontré dans un travail sur le sang de ces animaux^ sont tout à fait identiques à ceux des vertébrés.

Si on opt*re à une douce chaleur, les mouvements ama.»boïdes continuent encore quelque temps; puis ils deviennent moins sensibles, et les globules rétractent leurs pseudopodes en prenant la forme suh-sphérique; mais en particulier ceux des crustacés, qui jouissent de la propriété, en s'aggloméraut, de donner naissance h un plasmodium, ne s agglutinent pas jdus vite, c'est-à-dire ne meurent pas plus vile dans une solution de F*arisette que dans Tean pore.

fn/Inena' sttr fe ttombr*' dca tjlofmles, — Les substances qui font varier très rapidement le nombre des globules sont en somme des substances qui les dissolvent : il était à supposer que la Parisette n'agirait pasaîns», EneiTet, si on fait la nn-

Ar.TÏUN PHYSIOLOGIQUE UE LX PARISETTE.

méraliuu des globules àraide du compte-globules de MalassEz et du mélangeur Potalv, on n'obtient pas de résultat dans le eours d'une expérience, c^est-à-dire d'une intoxication rapide* H était suiiuut intéressant de voir si, en soumettant un chien à une intoxication chronique, c'est-à-dire en lui faisant prendre des doses non toxiques pendant plusieurs jours, l'agent diminuerait ou augmenterait le nombre des globules, tie résultat intéresserait vivement les cliniciens, qui pourraient employer la l'arisetle sur l'homme.

On administra, pendant troisjours, deux baies de Parisette par jour à un chien de taiUe moyenne : sa santé ne parait pas ébranlée, et lanalyse quantitative des globules, pratiquée deux fois par Jour, n'a amené i|u'une diminution insiguitiante de leur nombre au bout de trois jours. Les dilïérenccs numériques sont si faibles qu'elles ne méritent pas la peine d^ôtre rapportées. On recommença cette expérience, ainsi fjue les suivantes, avec des injections rectales, même résultat.

In/laenc*' sur théniofjloùim*. — Mais si le nombre des hématies ne change pas, leur richesse en matière colorante peut varier, at c'est encore une cause importante d'anémie. Pour reckercher cette variation, nous n'avions besoin que d'un procédé rapide» presque clinique, car des variations extrêmement faibles sont sans intérêt. Nous avons employé l'hémalûscopede M. Hénocque, avec son procédé diaphanométrique: ce procédé est trop connu depuis quelques années poitr qu'il soit nécessaire de le rappeler. Sur le mémo chien, nous avons fait, pendant trois jours, des prises de sang, deux fois par jour, sans constater une diminution notable de Topacité. La Parisette, à doses modérées, n'agit pas sur la teneur du sang en hémoglobine.

Il existe aujourd'hui toute une classe d'agents qui, sans détruire rhémoglobine, rendent sa combinaison à Foxygène difficilement dissociable, on la transformant en méthémoglobine (hioxyde d'hémoglobine ?). Ces agents sont métliémoglobinisants : la l*arisette est-elle de ce nombre ? Xous pou-

h\ Il FA M.

vons répondre par la négative, car Texamen du sang de Fanimal intoxiqué ne donne, au microspectroscope, aucune bande caractéristique des altérations melhémogtobînîques el actions voisines, que Ton peut déceler, comme l'on sait, à Taidc des bandes d'absorption des corps produits.

In/luefice stir la teneur en oxijgèîie. — Tout Toxygène du sang ne semble pas se trouver, d'après les recherches les plus récentes, en combinaison avec Fhémoglobine. Il y avait donc inlérêt à recherclier les variations possibles de cet oxygène, aux diverses phases de Tintoxication. Pour cela, nous avons pris du sang, en petites quantités (2 ou 3 cc.)t dans la carotide d'un lapin intoxiqué, et nous l'avons dosé par la méthode de rhydrosulfite do soude, de M, SrnrTZi:>'HERGER.

Nous n'avons pas observé les moindres variations durant toute la durée de Tintoxication.

Influence sur la nuiritiou et sur la chaleur. — Noos n'avons fait, dans celte voie, que deux ou trois dosages d*urée en opé- ^nt surPurine du lapin, extraite de la vessie par compression abdominale, de façon à éviter son mélange avec les matièœs fécales. Nous n'avons pas observé de variations sensibles sur un animal, soumis à une intoxication chronique de trois jours, u doses modérées.

Les phénomènes de calorification sont corrélatifs de ceux de destruction de la mati^re organique : il était donc à supposer que les variations observées seraient à peu près nulles. C'est ce qui arrive, quatid on prend la temfiérature rectale dans riotoxicalion chronique.

Dans rintoxication aiguë, par injection, la températiire monte réguli^rémenl do I" pendant hi période initiale d'excitation, puis ello refnuilïo k Him taux normal, et diminue de i/2 à i^^ jusqu'à la période (l'agouio.

Nous avons égabnuenl recherché dans les urines des animaux, chroniquemeiit inti^xiqtiés, l'albumine et la glycose : les résultats se stint nnuilré» ioiijours négatifs.

ACTION PHYSÎDLOGIQLE DE LA PARISETTE. 151

EXPÉRIENCES DE TOXICOLOGIE amVAWt.E

Il était intéressant de rechercher TacLion de la Parisette, sur divers êtres plus ou moins éh^vés en organisation : les résultats obtenus pourraient ^tro do naUire h échurer le mode d'action de la Hubstance sur les éh-^nents aiiatomiqiies des animaux supérieurs.

Poissom, — L'injection d'extrait aux poissons produit des phénomènes de torpeur; Fanimal réagit mal, so laisse llottcr, plus ou moins inerte. Après une phase d*excitalion où le poisson est agité, il se trouve envahi par une paralysie généralisée, et la mort arrive insensiblement.

L'extrait est-îl capable de pénélrer dans les branchies et, de là, dans le torronl circulatoire ? l*our le voir, nous avons placé dans un hocal plein d'une dissolution, chargée d'extrait, des petits poissons, et au bout d*un temps plus long que par Finjection, on a obtenu les mêmes phénomènes d'intoxication.

Bairaciem\ — Nous avons répété assez d'expériences sur la grenouille pour qu'il no soit pas nécessaire d*y revenir. Ajoutons seulement que Fîmmersîon dans l'extrait des grenouilles ne produit rien ; leur peau n'absorbe pas la substance toxique.

Par contre, des télards jeunes, des larves de salamandres encore pourvues de leurs branchies meurent dans une solution avec les mêmes phénomènes et à peu près la même rapidité que les poissons.

Un point des plus intéressants que Fétude des animaux à sang froid nous permet d'élucider est le suivant : Quelle est la rapidité d'action d'une même dose de poison avec la température? La localisation des poisons sur les éléments anatomiques esl, en somme, un phénomène d'ordre chimique, et la

température, à mesure qu'elle s'élëve, aide aux combinaisons chimiques*

Nous avons fait rexpérîence suivante : Deux grenouilles sensiblement de m*'^me poids sont injectées avec une mémo dose d'extrait, puis placées l'une à I0'\ rautre à 25"; la grenouille placée k \\Y^ meurt en un temps à peu près deux fois plus long que la grenouillo placée à 25'\ On sait qu*une élévation de quelques degrés de plus, serait déjà funeste à des grenouilles non intoxiquées, il n'est doue pas possible de poursuivre rexpérience au-dessus do 30"*; mais il est possible de faire de nouvelles expériences comparatives, entre grenouilles placées les unes à 25'', les autres à iV, et enfin d'autres k ^S"". De ces essais, on peut conclure que Taclion toxique de la Parisette augmente d*une façon 1res nolable avec la température; c'est là un fait toxicologique général, et, si la plante était appelée un jour à figurer dans Tarsenal tbérapeulique, il faudrait tenir compte do ces données. Dans les cas d'alTections fébriles, la dose thérapeutique devrait être moindre qu'à Tétat normal, cest encore une loi générale.

Crustarés. — Ij*injection de Textrait à des écrevisses et à des crabes, produit d'abord une phase d'excitation généralisée ; les tremblements convulsifs des pattes en sont la preuve; le pouvoir réflexe des centres ganglionnaires est nettement accru, et les phénomènes d'autotomie ne sont pas rares. Ces phénnmî^nes en eiïet sont, on le sait, des jdiénomcnes purement réflexe» et peuvent se produire sous Finllueuce d'une excitation directe des centres qui les gouvernent.

Ces derniers ]diéiiomenf»a ont élé observés lr^s nettement par nous, au cnurn desnudvtvrclH'H que nous eflectuionssur les crustacés. A la période d'excitation succède celle de dépression, pendant laquelle le» réiUxm disparaissent progressivemeni, et, l'autotomie élaiil impuisMunle à être provoquée^

ACTION PHYSIOLOGIQUE DK LA PARISETTE. !o3

ranimai passe insciisiblemeat à Tétat de morl. L'inloxicalioii se produit également par immersion des animaux dans une solution d'extrait : la branchie est donc perméable au poison, comme elle Test aux solutions salines, ainsi que les recherches de M. Frkdéricq Font bien prouvé.

hisf'clrs, — Nous n'avons rien de particulier à dire de ces animaux : ils se comportent, à Tégard du poison, comme les crustacés.

Mollusques. — L'injection d'extrait aux escargots provoque la mort de l'animal, mais il est impossible de se rendre compte de la marche des phénomènes. L'immersion de limnées, de planorbes et de physes dans une solution d'extrait, provoque la mort de ces animaux.

Protozoaires, — Nous avons expérimenté les solutions d'extrait sur des amibes et divers infusoires. En particulier, la contraction du pédoncule spiral des vorticelles cesse bientôt : l'animal est donc quelque peu sensible au poison; mais cette action est peu énergique, et la plupart des infusoires vivent fort longtemps dans les infusions de Parisette.

Ch(imj)i(jiwus, — Les solutions et les extraits de cette plante étant riches en sucre, surtout les fruits, se prêtent admirablement au développement des moisissures; les Pénicillium et les Asprrgillus se développent en (juantité sur les extraits et sur les solutions : c'est une des raisons de la nécessité de préparer la solution d'extrait sec, au moment de s'en servir. L'action sur les levures est également nulle, et en particulier sur la levure de bière.

Bartérirs. — Nous avons recherché si la Parisette jouait le rôle d'agent antiseptique : nos expériences ont porté sur le Strepfococcus pi/oyenes aureus et le bacille de la tuberculose;

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les résultats ont été absolument négatifs, même à la température de 35*". En particulier, le bacille de Kogh, qui se développe, on le sait fort bien, dans les solutions sucrées, croit rapidement dans les milieux imprégnés d'extrait de Parîsette.

Conclusions.

La Parisette n'est pas un poison général, tuant tous les éléments anatomiques : les êlres unicellulaires et, en général, les êtres dépourvus de système nerveux, sont insensibles à son action. D*ailleurs, à l'inverse des poisons minéraux, et comme les poisons végétaux, la Parisette se localise nettement sur un élément anatomique, et cet élément c'est la cellule nerveuse.

C'est la constatation ultime que nous pouvons faire, en fait de toxicologie expérimentale, car le mode d'action d'une substance sur un élément anatomique est incapable d'être élucidé dans Tétat actuel de nos connaissances.

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